[Football]
Walferdange craint le «syndrome Canach»
[BGL LIGUE, 8e JOURNÉE] Canach, promu la saison passée, avait extraordinairement bien commencé, avant de s’écrouler lors de la phase retour. C’est, aujourd’hui, ce qui fait peur au tout aussi surprenant Walferdange.
Canach, à la fin de l’été 2025, c’était quatre victoires sur les huit premiers matches de la saison. Cinq sur les dix premiers, même. Canach, c’était 19 pts à l’issue de la phase aller, mais comme le rappelle son coach de l’époque, Nelson Godinho, «c’est à la fin du bal qu’on paye les musiciens».
Une fois retombée «l’euphorie de la montée», passé cet avantage «de ce que certains nous regardaient de haut», Canach, que tout le monde imaginait se sauver facilement après les fêtes, a fini par basculer. Et il l’a fait à l’issue d’un match de barrage perdu contre… Walferdange, la nouvelle coqueluche du pays, en forme de petit Poucet qui prend beaucoup de points en ce début d’exercice. Une sorte de «copier-coller» de ce qu’était Canach un an plus tôt.
«Mais la DN, c’est une saison longue et énergivore, reprend Godinho. Il y a plein de choses qui peuvent tout faire dérailler». Déçu de ne pas avoir pu tout maîtriser sur ces exténuants dix mois en apnée, y compris durant la trêve hivernale, le technicien, aujourd’hui dans l’attente d’un projet, a une liste toute prête à l’attention de son homologue, Patrick Carvalho.
Mais le premier de ses conseils n’est applicable par aucun coach au monde : avoir de la chance! «Ils ont un effectif à peu près comme nous on l’avait. Et s’il leur manque quelques cadres sur des matches clefs… Par exemple, on a perdu Roulez (NDLR : le gardien de la Jeunesse) au printemps et après ça, on n’a gagné qu’un seul match.»
C’est déjà pour ça que Carvalho veut aussi travailler son équipe au corps afin qu’elle comprenne le risque d’une dépendance au rendement de Patrick Macedo, 8 buts depuis le début de saison : «Si on ne dépend que de lui, à la fin, ça va mal tourner! Regardez Mersch (NDLR : en 2023-2024), ils avaient Benny Bresch qui a fait une saison incroyable et ça n’a pas suffi». Mersch, en effet, avait lui aussi fini par s’écrouler. «Pourtant, ce n’est pas un désavantage d’avoir un mec à 15-20 buts», tempère Godinho, qui n’avait pas cette «facilité», lui.
Même le mercato hivernal est dangereux
L’autre levier avec lequel il faut agir avec beaucoup de modération pour contrecarrer la désagréable expérience Canach, c’est le mercato hivernal. «Qui peut perturber une dynamique ou plomber un vestiaire», prévient Godinho. Il a d’ailleurs eu l’impression qu’il y a eu un avant et un après période des transferts de janvier.
Mais hors de question de faire une croix sur cette opportunité de se renforcer «en attaque et/ou sur les côtés», pour Carvalho : «J’ai vu Hostert contre le F91 et c’est déjà une équipe totalement différente de celle qu’on a affrontée en ouverture de la saison! Chez les autres, ça évolue. On ne doit pas rester sur nos acquis!»
En attendant, avec ce groupe, Walferdange aimerait bien finir la phase aller avec plus que les 19 pts récoltés par Canach la saison passée. Ceux qui n’avaient pas suffi à la Jeunesse. «Ce syndrome Canach, on l’a bien en tête, assure Patrick Carvalho. J’ai beaucoup suivi leur saison, l’an passé. Et même contre Mondorf, on veut prendre des points». Une garantie que ça ne se reproduira pas?