Formation
Entre l'école et l'entreprise
Accessible dès l’âge de 15 ans, la formation en apprentissage séduit chaque année des milliers de jeunes. La Chambre des Métiers rappelle l’importance de cette filière.
D’aucuns diront que l’on apprend mieux sur le terrain que sur les bancs de l’école. Ceux-là seraient probablement séduits par les contrats d’apprentissage. Le principe : alterner des journées théoriques au sein d’un établissement scolaire et des périodes de pratique en entreprise, où l’apprenti est évalué par son patron.
Lisa Arendt, cheffe du service formation initiale à la Chambre des Métiers, explique que la formation en apprentissage au luxembourgeois débouche sur trois diplômes : le CCP (certificat de capacité professionnelle), axé sur les compétences professionnelles de base, le DAP (diplôme d’aptitude professionnelle), qui valide une qualification professionnelle, et le DT (diplôme de technicien), davantage orienté vers les compétences techniques. Ces diplômes ne correspondent toutefois pas à des niveaux successifs que les apprentis devraient obligatoirement franchir.
Côté durée, la formation s’étend généralement sur trois ans et s’adresse aux personnes âgées d’au moins 15 ans. « Il n’y a pas de limite d’âge maximum », précise Lisa Arendt.
L’apprenti est évalué deux fois par an par son entreprise. En cas de non-réussite d’un module, une année de formation supplémentaire est accordée automatiquement. Une seconde année supplémentaire peut également être autorisée, explique la cheffe de service.
Dans l’artisanat, l’apprentissage constitue une voie majeure pour se former à un métier. « 90 % des personnes formées dans l’artisanat passent par l’apprentissage », souligne Lisa Arendt. « Dans les métiers de l’artisanat, nous observons une moyenne de 1 700 contrats d’apprentissage actifs. » La construction reste le secteur qui forme le plus d’apprentis.
Comment devenir apprenti ?
Le parcours commence à l’ADEM, l’Agence pour le développement de l’emploi, qui assure la mise en relation entre les candidats et les entreprises. « Chaque aspirant apprenti doit fournir ses bulletins et diplômes à l’ADEM. Elle lui indique alors vers quel métier se tourner. Tout le monde doit passer par là, y compris les adultes et les frontaliers. »
Pour les candidats venant de l’étranger, une étape supplémentaire est nécessaire : ils doivent demander une équivalence de leurs bulletins auprès du ministère de l’Éducation nationale. « Cela peut prendre entre deux et trois semaines si la personne remet un dossier complet », précise Lisa Arendt. Cette procédure est distincte de la reconnaissance des diplômes académiques.
Les employeurs doivent eux aussi passer par l'agence. Toute entreprise souhaitant accueillir des apprentis doit y déclarer les postes qu’elle propose à la formation.
Tous les métiers ne sont pas accessibles à l’apprentissage au Luxembourg. Des partenariats avec des écoles de la Grande Région permettent donc de compléter l’offre. « Par exemple, une école de Trèves donne aux apprentis la possibilité de trouver une entreprise soit au Luxembourg, soit en Allemagne, pour le métier de vitrier-miroitier. »
Un investissement de temps
La rémunération de l’apprenti varie en fonction du métier et du type de formation. Mais, selon Lisa Arendt, ce n’est pas nécessairement l’aspect financier qui freine les employeurs. « Un apprenti dans l’entreprise, ça coûte du temps. Il en faut beaucoup pour lui apprendre les différentes compétences. Cela peut dissuader certains employeurs, parce qu’il n’y a pas toujours de tuteur disponible. Dans la pratique, cela dit, beaucoup d’entreprises se disent satisfaites malgré cet investissement. »
Autre difficulté évoquée par la cheffe de service : les connaissances de base des apprentis. « Nous entendons régulièrement les patrons dire qu’elles ont diminué ces dernières années. » D'après Lisa Arendt, les employeurs estiment également que la motivation des jeunes serait moins importante qu’auparavant. Des difficultés qui peuvent peser sur les entreprises, notamment les plus petites, pour lesquelles l’encadrement représente une charge supplémentaire.
Car un apprenti bien formé peut ensuite devenir un salarié qualifié. Pour les entreprises artisanales, l’enjeu est donc de parvenir à consacrer suffisamment de temps à la formation de la relève, tout en poursuivant leurs activités.