[Cyclisme]
Van der Poel, tête d’affiche et favori pour le Skoda Tour de Luxembourg
Comme en 2024, le champion néerlandais vient au Luxembourg pour préparer les Mondiaux. Et sans doute viser le classement général final d’une édition forcément alléchante en l’absence de grands noms et de beaucoup de professionnels luxembourgeois.
Inutile de tourner autour du pot. À la vue des engagés de cette édition 2026 du Skoda Tour de Luxembourg, le nom de Mathieu Van der Poel saute aux yeux.
Certes, dans ce peloton qui s’élancera ce mercredi après-midi avec un horaire décalé pour satisfaire la programmation des grandes chaînes sportives, on retrouve un ancien vainqueur du Giro (Tao Geoghegan Hart), un ancien vainqueur de Milan-San Remo (Jasper Stuyven), un ancien vainqueur du Tour de Lombardie (Bauke Mollema), un ancien vainqueur du Tour des Flandres et de Paris-Roubaix (Dylan van Baarle).
Mais la stature de Mathieu Van der Poel est telle qu’il se démarque naturellement. De par son immense palmarès alors qu’il n’a «que» 31 ans. Trois Paris-Roubaix. Trois Tour des Flandres. Deux Milan-San Remo, un championnat du monde, une Amstel Gold Race, 3 Grand Prix E3, deux À travers la Flandre et une Strade Bianche. Excusez du peu! Sinon, on pourrait ajouter quatre étapes du Tour, etc.
Pour un coureur huit fois titré en cyclo-cross et qui continue régulièrement de chasser un titre mondial en VTT qui le fuit désespérément, et doit surtout aménager ses saisons au millimètre pour bien se garder de se noyer, c’est évidemment impressionnant. Avant de mettre les pieds sur le Tour de Luxembourg pour la deuxième fois de sa carrière, «MVDP» n’a que 39 jours de course, ce qui n’est pas énorme, chacun en conviendra.
«Je garde de bons souvenirs»
«Je garde de bons souvenirs d’il y a deux ans. J’ai remporté une étape, j’ai frôlé la victoire à plusieurs reprises et j’ai terminé deuxième au classement général. Plus important encore, j’ai réalisé de bons championnats du monde à Zurich par la suite, ce qui a démontré que cette course constituait une excellente préparation finale. Je pense que cela peut servir le même objectif cette année, avant les championnats du monde au Canada. Après ma période VTT, j’ai vraiment besoin de retrouver le rythme de la compétition et d’accumuler les kilomètres sur route. C’est mon principal objectif ici. Si l’occasion de remporter une étape se présente, je la saisirai. Une victoire serait un joli bonus et me donnerait aussi un peu plus de confiance avant de me rendre au Canada», explique Van der Poel.
Au départ d’une course par étapes, il y a les grands noms et ceux qui se révèlent aptes à faire la course. On peut faire confiance à Mathieu Van der Poel, il coche toutes les cases.
Andy Schleck, qui a défait, le temps d’une semaine, son habit de patron de l’équipe Lidl-Trek pour endosser le costume de patron du Skoda Tour de Luxembourg, est forcément ravi de la présence de l’ancien champion du monde néerlandais.
«On connaît le caractère de Mathieu, il viendra pour jouer la gagne. On peut avoir un scénario comme il y a deux ans, où tout se joue dans la dernière étape.», explique l’ancien vainqueur du Tour de France.
Les coureurs, d’ailleurs, ne disent pas autrement. Ils se rangent majoritairement derrière cet avis avisé. «Il vient pour faire la course, car il prépare les Mondiaux. Il ne vient pas se promener et on va avoir une vraie course. C’est beaucoup mieux ainsi», rappelle Mathieu Kockelmann. L’an passé, sous le maillot de la sélection qu’il retrouve d’ailleurs avec envie et détermination, il avait crevé l’écran.
Certes, on aurait aimé voir davantage de coureurs luxembourgeois au départ puisqu’en dehors de cette sélection emmenée par Luc Wirtgen (qui revient juste du Canada après les classiques de Québec et Montréal) et donc Mathieu Kockelmann, on ne retrouve que les deux coureurs de Lotto Kern-Haus, Alexandre Kess et Arno Wallenborn (qui peut très bien faire dans la difficile étape de Diekirch). Mais c’est la dure loi du calendrier.
Après sa belle Vuelta, Mats Wenzel ne pouvait en être. Bob Jungels, qui termine sa carrière, est retenu dans les Abruzzes avec Ineos, Kevin Geniets s’alignera dans le Grand Prix de Wallonie avec Groupama-FDJ qui a déserté cette année le Tour de Luxembourg où, ces dernières années, Valentin Madouas, David Gaudu et Romain Grégoire ont régulièrement brillé. Les temps changent.
Un parcours difficile
Voici pour les locaux, absents. Il faut donc fouiller dans cette liste d’engagés pour trouver qui pourra bien tenir la dragée haute à ce favori numéro un qu’est Mathieu Van der Poel. Sans doute que le parcours jouera son rôle.
«Pour être très honnête, c’est l’un des meilleurs parcours possibles de ces dernières années. L’étape de Diekirch est très difficile. Cette étape a déjà été faite. Mais le lendemain, il y a le contre-la-montre. Tout peut se passer», prévient Andy Schleck.
On regarde les hommes en forme du moment. L’Allemand Nils Politt (UAE), le Danois Soren Kragh Andersen (Lidl-Trek), sixième ici même où il réside d’ailleurs, en 2023, l’Américain Neilson Powless (EF Education), lourdement blessé en début de saison, auront des arguments. D’autres noms sont repérés. L’Espagnol Igor Arrieta dont on dit le plus grand bien. Andrea Bagioli, même si le grimpeur italien roule plutôt très moyennement.
Il y a aussi des coureurs moins renommés. Style Andrea Raccagni (22 ans). Sixième du Tour Down Under, l’Italien vient de terminer du Tour d’Allemagne avant de s’aligner sur les classiques canadiennes (16e à Québec, 23e à Montréal), il peut légitimement voir bien plus grand ici. Un exemple parmi d’autres.
Tout dépendra de «MVDP». On en revient donc à Mathieu Van der Poel, qui, mine de rien, a déjà remporté des courses par étapes de moins d’une semaine. Comme les Boucles de la Mayenne raflées en 2017 et 2018, le Tour de Grande-Bretagne 2019, le Reniwi Tour en 2020 puis le Tour de Belgique 2023. Il ne lui reste donc plus qu’à remporter ce Tour de …Luxembourg!