[Cyclisme]

Seixas confirme, Pogacar empile

LIÈGE-BASTOGNE-LIÈGE Malgré un Paul Seixas aussi fort que prévu, Tadej Pogacar, impérial, s’est imposé pour la troisième fois d’affilée dans une édition à la vitesse record.

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Tadej Pogacar a attaqué, comme prévu, dans la côte de la Redoute, à 35 km de l'arrivée, où Paul Seixas fut le seul à suivre.
Tadej Pogacar a attaqué, comme prévu, dans la côte de la Redoute, à 35 km de l'arrivée, où Paul Seixas fut le seul à suivre.

La bataille des Ardennes a bien eu lieu sous un ardent soleil presque en avance sur la saison. Avec Paul Seixas dont tout le monde parle à juste titre dans un monde du cyclisme où les espoirs déboussolent les historiens de ce sport, et plus particulièrement le Français de 19 ans, vainqueur coup sur coup du Tour du Pays basque et de la Flèche wallonne. Et donc, pour sa part, largement en avance sur son temps!

Le filiforme coureur de Decathlon a encore été parfait dans ce Liège-Bastogne-Liège peu banal, et pas seulement parce qu’un record de vitesse y a été battu, mais rien de bien étonnant avec de tels acteurs. On retiendra surtout que ce freluquet au fort toupet a tenté un bras de fer avec l’ogre Pogacar. Paul Seixas a été le seul à suivre le champion du monde au plus fort de la côte de la Redoute, conformément à ce qu’on avait pu pressentir dans l’approche de ce juge de paix, à partir duquel le peloton éclata en mille morceaux.

L’équipe UAE n’avait pas laissé de place au doute alors que, dans un premier temps, une fois n’est pas coutume, un groupe de 52 unités s’était détaché prématurément avec comme seul ténor, un certain Remco Evenepoel, présent «par accident». Une fois repris par les bretelles, la danse finale pouvait commencer.

Un premier constat sauta aux yeux, le champion olympique était incapable de suivre l’attaque de Tadej Pogacar, qui, comme d’ordinaire, prit rapidement ses jambes à son cou. Seul Paul Seixas répondit du tac au tac. Mais très vite, le Français qui dodelinait de la tête afficha un masque «rien ne va plus». Le garçon a manifestement un sacré cran et non seulement il n’abdiquait pas, mais il remontait à la hauteur du Slovène, à l’esbroufe mais pas seulement. Avec ce petit jeune, va savoir…

Seixas, le rival attendu

Mieux, il a passé ses relais presque naturellement dans ce qui les menait jusqu’au pied de la Roche-aux-Faucons. «Pogi» le dévisageait de la tête aux pieds sans ciller. «Dans ma tête, je me préparais à un sprint. Dans la Redoute, j’avais été très loin dans l’effort et Paul Seixas était toujours à côté de moi. Je me suis dit : « D’accord, il est vraiment impressionnant ». J’en ai remis un peu dans la Roche-aux-Faucons et je suis parti», poursuivait celui qui signera finalement son quatrième succès dans la Doyenne, son troisième consécutif.

Paul Seixas avait rassemblé ses forces pour sauver une deuxième place qui lui revenait de droit et que personne ne lui contesterait, puisque tous les poursuivants avaient lâché prise dans la Redoute sans aucun espoir de retour. Une sorte de remake des Strade Bianche. Mais cette fois le jeune homme, si costaud, a encore sensiblement progressé. Au moment des confessions, il résuma sa confrontation. «Avec Tadej, c’était un mano a mano de force brute et il m’a manqué un peu de puissance», remarquait ce perfectionniste qui sait désormais sur quel pied danser. Il avait perdu ce duel attendu, mais ressortait rasséréné, de cette bataille, «fier de ma performance face au meilleur coureur du monde, peut-être de l’histoire… Il ne m’a pas manqué grand-chose», répétait-il en boucle.

Remco Evenepoel, troisième, récoltait un accessit mérité, conformément à ce qu’on était en droit d’imaginer avant ce Liège-Bastogne-Liège qui aura de nouveau marqué les esprits. Comme chaque fois que Tadej Pogacar se trouve au départ d’un Monument, il reste magistral, sans égal. Ce qui est nouveau, c’est la confirmation noir sur blanc qu’il a désormais un potentiel successeur, et pas n’importe lequel. «Maintenant que j’ai fait deuxième, la prochaine étape sera de gagner un Monument.» Au fait, Tadej Pogacar en est à treize à son compteur personnel…

Enfin, côté luxembourgeois, Mats Wenzel, qui rêvait de prendre l’échappée, ne l’a pas fait. Mais il a fait bien mieux que ça avec sa belle 47e place (lire par ailleurs)…

LE CLASSEMENT

1. Tadej Pogacar (SLO/UAD) les 259,5 km en 5 h 50’28 (moyenne : 44,5 km/h); 2. Paul Seixas (FRA/DCT) à 45 sec; 3. Remco Evenepoel (BEL/RBH) 1’42; 4. Emiel Verstrynge (BEL/APC); 5. Egan Bernal (COL/IGD); 6. Pello Bilbao (ESP/TBV); 7. Romain Grégoire (FRA/GFC); 8. Cristian Scaroni (ITA/XAT); 9. Tobias Johannessen (NOR/UXM); 10. Filippo Zana (ITA/SOQ); 11. Mauro Schmid (SUI/JAY); 12. Léo Bisiaux (FRA/DCT); 13. Ben Tulett (GBR/TVL); 14. Clément Champoussin (FRA/XAT); 15. Mauri Vansevenant (BEL/SOQ); 16. Jai Hindley (AUS/RBH); 17. Mattias Skjelmose (DEN/LTK); 18. Ramses Debruyne (BEL/APC); 19. Alex Baudin (FRA/EFE); 20. Giulio Ciccone (ITA/LTK) tmt… 47. Mats Wenzel (LUX/EKP) 5’33 (105 classés)

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