[Football]
«Séba» dans le club des cinquantenaires
[Sélection nationale] En entrant en jeu mardi contre la Bulgarie, Sébastien Thill est devenu le 47e Luxembourgeois à atteindre la barre des 50 sélections ou plus avec les Rout Léiwen.
Venir en conférence de presse d’avant-match accompagné d’un joueur, laissant entrevoir une titularisation de ce dernier le lendemain, pour ne finalement pas l’aligner est un move dont Luc Holtz avait fait un petit running gag avec Lars Gerson durant ses dernières années de sélectionneur. Jeff Strasser l’a remis au goût du jour, cette semaine, avec Sébastien Thill. Présent face aux médias lundi à l’hôtel Leweck de Lipperscheid, où les Rout Léiwen ont leurs quartiers, et pressenti titulaire, le gaucher était finalement sur le banc, mardi contre la Bulgarie en Ligue des nations C (4e journée).
L’aîné des frères Thill en est toutefois sorti à 11 minutes du terme, ce qui n’a pas influé sur un score de 0-2 déjà scellé à son entrée, mais lui a permis d’intégrer un cercle plutôt prestigieux : celui des joueurs à 50 sélections ou plus avec le Luxembourg. Un peu plus de onze ans après des débuts fracassants sous le maillot national (il avait inscrit l’unique but du match), le 5 septembre 2015 contre la Macédoine en éliminatoires de l’Euro-2016, alors qu’il évoluait au Progrès Niederkorn, le néo-Differdangeois est devenu mardi le 47e Luxembourgeois à atteindre cette barre symbolique.
Ce total fait de lui le deuxième Thill le plus capé derrière Vincent (65), mais devant Olivier (48), et l’égal des regrettés Nicolas Hoffmann et Louis Pilot, tous deux nés en 1940 et respectivement décédés en 1977 et en 2016. Cela le place aussi en 12e position parmi les Rout Léiwen encore en activité, loin du recordman Laurent Jans (126), mais à distance raisonnable de deux garçons qui ne sont plus appelés depuis 2024 et 2022, le Wiltzois Chris Philipps (56 sél.) et Maurice Deville (61), qui évolue depuis cet été en D6 allemande, à Eppelborn.
Un statut effrité, mais une expérience précieuse
À bientôt 33 ans (le 29 décembre), «Séba» peut-il aller les chercher? Il lui faudra pour cela prolonger le plaisir au-delà de 2026. Et s’accrocher, lui qui n’a plus été titularisé depuis le 3 juin 2024 en France (défaite 3-0), à un groupe que son sélectionneur a rajeuni, de gré ou de force, ces derniers mois. Sur les 33 joueurs que Strasser a utilisés depuis sa prise de fonction en septembre 2025, six étaient des bizuts (Adulai Djabi Embalo, Kenan Avdusinovic, Hamza Kadamani, Miguel Gonçalves, Diego Duarte et Omar Natami), et un septième aurait suivi mardi si Arnold Qevani était lui aussi sorti du banc.
Mais si son statut en sélection, où il ne compte étonnamment que deux buts*, c’est-à-dire autant qu’en Ligue des champions où il avait planté deux pions exceptionnels au Santiago-Bernabéu (pour une victoire 1-2 face au Real Madrid) et à San Siro (défaite 3-1 contre l’Inter Milan) avec le Sheriff Tiraspol en 2022, s’est effrité ces dernières années, son expérience internationale et en club (160 matches pro malgré un premier transfert tardif à l’étranger, à presque 27 ans) plaident pour un maintien dans le groupe à court terme.
Ses performances en club aussi : il a débuté les 12 matches du FCD03 cette saison et été décisif cinq fois (3 buts, 2 passes décisives), dans un registre plus offensif que celui qu’on lui connaissait ces dernières années. Un rythme à maintenir en vue du mois de novembre, où les Rout Léiwen (qui recevront l’Estonie puis finiront en Islande), bien que derniers de leur groupe désormais, auront encore un coup à jouer dans la course à la deuxième place, synonyme de barrage d’accession en Ligue B.
*Le second a été inscrit en novembre 2021, lors d’une victoire 3-1 en Azerbaïdjan, en éliminatoires du Mondial-2022.
Son parcours en club
2009-2013 : CS Pétange
2013-2020 : Progrès Niederkorn
2020-jan. 2021 : PFK Tambov (D1 russe)
Jan. 2021-2022 : Sheriff Tiraspol (D1 moldave)
2022-2023 : Hansa Rostock (D2 allemande)
2023-2026 : Stal Rzeszow (D2 polonaise)
Depuis 2026 : Differdange