[Football]
Schmit, comme une lionne en cage
[Sélection dames] Freinée dans son adaptation à la D1 portugaise par une blessure, Charlotte Schmit ne jouera pas vendredi à Malte. Mais elle espère renouer avec le terrain mardi face au Monténégro.
Quatre mois pile après leur ultime sortie, le 9 juin contre la Belgique (défaite 0-7 à Esch) en éliminatoires du Mondial-2027, qui marquait la fin de leur aventure en Ligue B et des carrières internationales d’Andreia Machado et Amy Thompson, les Rout Léiwinnen vont enfin rejouer, vendredi à 19 h à Malte, lors d’un match amical qui en précèdera un second, mardi à Rumelange face au Monténégro, mais que manquera Charlotte Schmit. La milieue est forfait, au moins pour le premier acte.
C’est du moins ce que dit son dossier médical. Car la n°11 luxembourgeoise n’a, elle, «pas l’impression d’être blessée», comme elle nous l’a confié mercredi lors d’un point presse organisé à l’hôtel de la sélection. Mais n’y voyez pas la moindre polémique : c’est juste qu’à côté de cette fracture tibia-péroné subie à l’âge de 15 ans, quand elle jouait encore avec les garçons du côté de Hostert, qui l’a privée de football pendant neuf mois, une côte cassée lui paraît bien peu de chose. D’où le fait qu’elle se dise aujourd’hui «frustrée».
Car cette blessure, survenue il y a un mois, a marqué un coup d’arrêt pour la nouvelle joueuse du Valadares Gaia FC. Titulaire et passeuse décisive en ouverture de la saison contre le FC Porto (défaite 0-1), elle a été privée des 2e et 3e journées de D1 portugaise. Un championnat qu’elle découvre avec le club situé à Vila Nova de Gaia, ville voisine de Porto, qu’elle a rejoint cet été pour un an (plus une année optionnelle) après une saison de 2e division au sein de l’équipe réserve du Sporting CP.
Un autre football et un nouveau rôle
Pourquoi avoir quitté une institution pour rejoindre une formation appelée à jouer le maintien dans l’élite? Parce qu’elle lui offrait, justement, «l’opportunité de jouer en D1». Ce dont elle n’avait «pas vraiment la garantie» en restant à Lisbonne, où ses conditions de travail, des terrains au staff médical, n’étaient paradoxalement pas aussi bonnes que dans son nouveau club. Car «au Sporting, les joueuses de la B ne sont pas traitées de la même manière que celles de la première», regrette-t-elle.
À Vila Nova de Gaia, où ses perspectives de temps de jeu sont élevées, la joueuse de 20 ans (21 en janvier) sent en revanche «la confiance du staff et de (ses) coéquipières». Elle partage d’ailleurs une maison avec deux d’entre elles, ce qui lui permet de peaufiner son… anglais, puisqu’elles sont, l’une, américaine et l’autre, anglaise, tout en poursuivant ses études en ligne de psychologie, ce qui n’est pas toujours simple quand on vit en coloc et que le foot occupe une telle place dans l’emploi du temps et l’esprit.
L’apprentissage est aussi et surtout sportif. Si elle fréquente moins souvent la salle de sport qu’à Lisbonne, car son club met beaucoup plus l’accent sur la récupération, Charlotte Schmit découvre depuis un mois un football à «l’intensité plus grande» et à l’exigence technique «plus importante». Mais aussi un nouveau poste, elle qui a été formée en 10 : celui de n° 8 (son numéro de maillot), c’est-à-dire relayeuse… dans un milieu à deux, et non à trois.
«Défensivement, je suis comme une deuxième n° 6 (récupératrice) et offensivement je dois être au plus près de la surface, décrit-elle. Ce rôle de box-to-box n’est pas facile physiquement, mais je donne tout et je travaille dur pour m’y adapter.» En équipe nationale, on l’a parfois vue dans ce registre au printemps en Ligue des nations, mais la mission était beaucoup moins grisante face au ballon, contre des adversaires du standing de l’Écosse, Israël et la Belgique, qui monopolisaient celui-ci.
«L’équipe nationale, c’est toujours très spécial»
Mais en Ligue C, que le Luxembourg retrouvera lors de la prochaine campagne de Ligue des nations l’an prochain et où il aura davantage l’opportunité de «diriger le jeu», l’ex-joueuse de Wormeldange (2022/2023) et de la réserve de Fribourg (2023-2025) s’imaginerait bien s’épanouir, dans cette position plus basse qui lui permettrait de «dicter le tempo» des matches.
La preuve dès mardi contre le Monténégro, une nation qui, comme Malte, fait figure de «futur adversaire potentiel» des Rout Léiwinnen dans la troisième division continentale? Le staff ne prendra naturellement aucun risque, mais la milieue aux 33 sélections (3 buts), qui a repris l’entraînement collectif depuis deux semaines mais sans contact, espère bien être suffisamment rétablie d’ici là pour jouer, «même quelques minutes», sous ce maillot qu’elle valorise tant.
«Jouer en équipe nationale, c’est toujours très spécial, pose-t-elle pour justifier sa présence à ce rassemblement malgré son forfait à Malte et l’incertitude entourant sa participation au second match amical. Le drapeau luxembourgeois représente beaucoup pour moi. Quand je me remémore des matches avec la sélection, j’ai la chair de poule! Je veux être là pour mon équipe, c’est important d’être ici, surtout qu’il y a eu beaucoup de changements importants.»
L’après-Thompson et Machado s’ouvre vendredi au stade Ta’Qali de La Valette (la capitale de Malte), où l’ère Daniel Zirbes-Cristina Correia, lancée en avril sur le banc luxembourgeois, reprendra aussi son cours encore balbutiant. Dans les deux cas, les Rout Léiwinnen devraient avoir grand besoin de Charlotte Schmit dans les prochains mois.