[Football]
Reprise en BGL Ligue : Bissen, la légende jusqu’où?
Après la réussite fulgurante des trois dernières saisons, il va désormais falloir s’installer, pour le champion en titre.
À la limite, il n’y aurait pas besoin de faire de la littérature autour du «cas Bissen». Suffirait de laisser filer tout de suite vos yeux en direction d’un petit encart intitulé «les cinq dernières saisons», là, un peu plus bas.
Ça y est? Vous l’avez? Cinq lignes imprimées l’une en dessous de l’autre qui racontent un petit miracle qui s’est écrit en trois saisons seulement, de la relégation en D1 en 2023 jusqu’au titre et à la Ligue des champions en 2026. Un peu comme si on annonçait aujourd’hui à Schifflange ou Steinsel, expédiés dans les divisions inférieures au mois de mai dernier, que l’un d’eux sera au tirage au sort de la C1, à Nyon, en juin 2029. Ah ça, ils rigoleraient bien, leurs dirigeants!
Cette destinée improbable du club de l’Atert suffit-elle à rendre caducs les adages footballistiques auxquels on fait le plus souvent référence, comme s’il s’agissait d’une vérité absolue, indiscutable? Parce qu’il y en a un, depuis des décennies, qui dit aux promus qui parviennent à se maintenir que «la deuxième saison est toujours plus difficile que la première». Nous, on veut bien, on a effectivement observé assez souvent que cela pouvait être vrai, mais peut-on décemment l’appliquer à un promu qui a… soulevé le saladier à la fin? Se maintenir gentiment et finir champion, ce n’est pas exactement la même salade.
Nouvelles connexions neuronales
Pourtant Vitor Pereira craint que oui : «Il va falloir travailler beaucoup plus que la moyenne, être au max tous les jours. C’est à notre tour de rencontrer des équipes qui voudront toutes nous battre».
Partis dès lundi soir pour la Hongrie et un match retour contre Györ qui doit servir d’ultime préparation (après un nul 1-1 contre le RFC Liège, ce week-end, en amical, consécutif à la défaite 2-6 au 2e tour aller de Conference League), les champions en titre sont à la recherche de leurs nouvelles connexions neuronales. Des toutes fraîches qui ont dû remplacer les anciennes dans le lobe du cerveau qui gère l’expérience et la gestion des émotions, si basique la saison passée et qui a coûté tant d’expulsions et de points. «Cela a été très important de découvrir une autre réalité cet été, d’avoir à gérer l’organisation liée à la Coupe d’Europe, assure Pereira. On doit absolument en tirer beaucoup de références si on veut avoir une chance d’y retourner».
Car désormais, les joutes continentales sont l’objectif minimal. Le staff ne fait pas de mystère là-dessus.
Après avoir conquis la PH en 2024, la DN pour la première fois de son histoire en 2025, le titre pour la première fois pour un club (vaguement) du Nord en 2026, la prochaine étape n’est pas forcément dans les mains des joueurs ou même de leurs dirigeants. Vitor Pereira sait en effet que seule une grosse régularité en présentiel, que ce soit en Ligue des champions voire en Conference League permettra au club de convaincre les édiles de développer un peu les infrastructures, de faire grossir un peu le stade Klengbousbierg, sous-dimensionné pour une équipe qui resterait au sommet.
Après la folle conquête en un temps record, il va falloir apprendre le temps long et la patience. Pour 2027, c’est un challenge d’un nouveau genre.
Les cinq premiers matches
4 août : Bissen – F91
9 août : Jeunesse – Bissen
16 août : Bissen – Progrès
23 août : Walferdange – Bissen
30 août : Strassen – Bissen
Les cinq dernières saisons
2025/2026 : 1er de DN, 65 pts
2024/2025 : 3e de PH, 59 pts
2023/2024 : 1er de D1/1, 78 pts
2022/2023 : 15e de PH, 24 pts
2021/2022 : 13e de PH, 31 pts