[Football]

«Quand il faisait ses causeries, Carlos Fangueiro te filait des frissons»

BGL LIGUE Sébastien Grandjean, le coach du RFCU, vient de diriger deux matches (pour autant de victoires) depuis une chambre d’hôpital, secondé par Delvin Skenderovic, adjoint enthousiaste.

Publié Modifié

Victoire contre le Swift, victoire contre Mamer et voilà un Racing qui se réinstalle dans le ventre mou après avoir longtemps flirté avec la zone de relégation. Fini le RFCU maladif? C’est en tout cas avec un coach qui s’occupe de sa santé, de loin, sur son lit d’hôpital, mais avec Delvin Skenderovic les fesses sur le banc de touche, qu’il retrouve des couleurs.

Il est comment, Sébastien Grandjean, au téléphone, pendant un match ?

Delvin Skenderovic : Il est très calme, tranquille. Il donne deux ou trois consignes, on échange sur les changements à opérer.

Et il appelle souvent ?

Ah ben, on s’appelle une fois par jour seulement. Cela dure 5 à 10 minutes et même s’il me laisse des libertés, c’est lui qui met tout en place. Il n’a pas du tout souhaité faire de visio avec les joueurs, pour leur parler ou quoi que ce soit dans le genre. Les causeries, c’est moi qui les fais. Et dans ce domaine, l’émotion, c’est très important. Les joueurs, il faut les motiver, leur expliquer pourquoi ils portent le maillot… Le meilleur que j’aie vu, dans ce domaine des causeries, c’est Carlos Fangueiro. Quand il te parlait, tu avais des frissons. Je dois être honnête, je m’inspire de lui.

Sébastien Grandjean et Yannick Kakoko, on est bien d’accord que ce sont deux façons de gérer un groupe très différentes, non ?

(Il rit) Oui, très très différentes. Le contraste est énorme, car ce sont des personnalités différentes et chacun a sa façon de faire. Au niveau des exigences et de la sévérité, Sébastien Grandjean, c’est… Disons qu’il ne laisse rien au hasard. Il confronte les joueurs en direct, sans filtre, à leurs manquements. Au niveau foot, son jeu est plus direct que celui de Kakoko. Avec Yannick, on construisait beaucoup le jeu et si ça ne marchait pas, on construisait encore…

On dirait que la méthode Grandjean vous convient très bien…

Moi, je suis quelqu’un de très direct. Mes coaches m’ont toujours habitué à pointer mes erreurs et à se montrer très exigeants avec moi, au quotidien. Alors oui, je m’identifie fort à ce qu’est Sébastien Grandjean comme coach. On dirait moi, mais en plus vieux. J’étais l’adjoint de Yannick Kakoko, déjà. Quand il est arrivé, Sébastien, les dirigeants lui ont demandé s’il voulait venir avec ses propres adjoints ou continuer avec moi et il a dit qu’il souhaitait poursuivre. Cela m’a fait plaisir et j’espère que c’est parti pour durer.

Avec un intérim aussi prolifique, fatalement…

Oh, cela se passe bien surtout parce que le groupe est très discipliné.

C’est un coach qui n’a pas été tendre dans ses propos, dès son arrivée. Pourtant, on a eu l’impression que c’était peut-être nécessaire…

Je suis absolument d’accord avec votre analyse : il fallait être méchant. C’est ce qu’il fallait, quelqu’un qui n’a pas peur de mettre les joueurs face à leurs erreurs au quotidien. Et beaucoup se sont remis en question. Quand je vois le dernier match de Farid Ikene, on a retrouvé le gars qu’on connaît, celui qui fait des différences.

Stolz ? Le coach a trouvé les mots pour le piquer un peu, pour qu’il réponde

On pourrait étendre le constat à Dominik Stolz, auteur de deux buts et deux passes décisives face à Mamer.

Le concernant, je ne vais pas dire qu’il était dans sa zone de confort, mais je pense que le coach a su trouver les mots pour le piquer un peu, pour qu’il réponde sur le terrain.

Idéal pour la performance, moins pour l’ambiance.

Le plus important, pour moi, c’est d’être performant, de tenir les objectifs. On n’est pas là pour avoir de bonnes relations les uns avec les autres. D’ailleurs, j’ai déjà dit au coach que, même en son absence, personne n’ose bouger une oreille, parce qu’ils ont tous peur de lui. Il a répondu en souriant « c’est bien »…

Les objectifs, au début de la saison, c’était l’Europe. C’est loin.

Je pressens quand même qu’on est en train de sortir du tunnel. Essayons de clôturer en prenant trois points. Et ensuite, on va se pencher sur le recrutement. Il y a un directeur sportif et un coach qui sauront faire ça bien.

Et avec quel staff vous présenterez-vous dimanche, contre Hostert ?

J’ai eu le coach au téléphone lundi matin et je suis allé le visiter à l’hôpital également, avec Romain Ruffier. Il va beaucoup mieux, et puis, de toute façon, c’est un fou. Il se sentait déjà mal à Bissen, mais il avait tenu à être là. Le lendemain, au bureau, on voyait qu’il se sentait mal. Il nous a dit « je vous laisse, je file à l’hôpital »… Mais là, on voit beaucoup d’améliorations et peut-être qu’il sera même présent contre Hostert. Avec des joueurs qui, quand on voit les données GPS, donnent beaucoup d’eux-mêmes. Notre nouveau système demande beaucoup de courses, beaucoup d’efforts physiques et, en ce moment, tout le monde les fait.

Powered by Labrador CMS