[Football]
Pour le super plan B, Cruz coche toutes les cases
[SÉLECTION NATIONALE] Tomas Cruz risque de voir renforcé son rôle de joker de luxe dans l’entrejeu, comme durant la précédente campagne.
À force de voir les images délirantes des arrivées de stars à Istanbul, avec des centaines (voire des milliers) de supporters venus à l’aéroport accueillir chaque nouveau joueur au nom un peu ronflant, il était tentant de demander à Tomas Cruz à quoi son arrivée à Bodrum avait bien pu ressembler. Il sourit. «Pour moi, c’était un peu plus tranquille : je suis arrivé à 6 h du matin. Et pour être honnête, il n’y avait qu’un gars du club pour me récupérer.»
Tomas Cruz, 21 ans, est devenu un adulte au meilleur moment pour la sélection, quittant son éphémère cocon postformateur du Benfica pour s’acoquiner avec les adultes dans un championnat et des stades dont l’intensité fait grandir très vite.
En ce mois de septembre 2026, alors que Christopher Martins est blessé, alors que Mathias Olesen n’a pas 45 minutes dans les jambes et Enzo Dos Santos guère plus, son heure pourrait-on croire, est en train de revenir. Il va pouvoir enchaîner. Il risque même de devoir. Quatre matches en onze jours? «Si c’est nécessaire, je le ferai.»
Quel genre de joueur est-il désormais? Encore un espoir à polir? Son transfert raconte que son club de Benfica, pour qui il a «plus d’amour encore que Porto (NDLR : sa ville de naissance) parce qu’il m’a fait grandir comme joueur et comme personne», ne souhaitait pas le prêter mais absolument le vendre, le valoriser. D’où l’échec de négociations avec d’autres équipes intéressées par sa venue, mais pour un an seulement.
450 000 euros de valeur marchande
Bodrumspor, lui, a sorti le chéquier parce qu’il souhaitait lui offrir un contrat jusqu’en juin 2029. Selon le site Transfermarkt, Cruz pèse 450 000 euros. Il est la septième valeur marchande de la sélection, pour ce qui est des joueurs de champ. La neuvième dans son club. Cela ne veut pas dire que c’est ce qu’il a coûté, mais l’indication pèse : en 2018 par exemple, au même âge, Olivier Thill était parti pour la D1 russe pour 250 000 euros, selon le même site spécialisé. Sans réussir vraiment s’imposer en sélection autrement que comme une superbe solution de rechange.
Est-ce le même chemin tout tracé qui attend Tomas, ça…
En juin 2025, Luc Holtz lui avait offert deux titularisations contre la Slovénie et l’Irlande parce que Leandro Barreiro était excusé. En septembre 2025, Jeff Strasser l’a confirme contre l’Irlande du Nord et la Slovaquie parce que Christopher Martins, cette fois, était blessé.
Le seul moment où le récupérateur-relanceur-harceleur s’est depuis retrouvé sur la pelouse au moment des hymnes, alors que toutes les forces vives de l’entrejeu étaient disponibles, c’était en octobre 2025 à Sinsheim, contre l’Allemagne. Dans la foulée de ce petit raté général (4-0), il a réintégré le banc, notamment lors de la double confrontation de barrages contre Malte, en mars dernier. Deux matches qui comptaient énormément. Deux matches qui ont forgé, potentiellement, une équipe.
Il y a deux ans, quand Tomas Cruz avait fait ses premiers pas en sélection, contre le Bélarus, alors qu’il était officiellement devenu luxembourgeois la veille, il avait déjà profité d’une somme de hasards propices à son éclosion : Chris Philipps s’était donné une contracture et Christopher Martins était suspendu. Il en avait profité pour faire un quart d’heure.
Un avant-goût d’une destinée de meilleur second couteau? Il va avoir quatre matches pour prouver qu’il mérite de rentrer à Bodrum accueilli par un peu plus de monde à sa descente d’avion.