[JO]

Osch : «Je suis très content»

Matthieu Osch, 28e du slalom olympique, avait le sourire à l’issue de ses troisièmes Jeux, plutôt réussis!

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Matthieu Osch s'est écroulé de bonheur à l'issue de la seconde manche.
Matthieu Osch s'est écroulé de bonheur à l'issue de la seconde manche.

Vous avez le sourire!

Matthieu Osch : Oui, c’était une belle journée aujourd’hui. C’est clair.

Vous vous êtes élancé dans le top 30 en seconde manche. Vous attendiez-vous à cela?

Pas vraiment. J’ai regardé les 15 premiers. Quand j’ai vu qu’il y avait beaucoup de déchets, je me suis dit que c’était autant de gars en moins à dépasser. J’ai vu à la reco que le tracé était assez compliqué. Je ne me suis pas trop posé de question. Je me suis dit que c’était une bonne occasion pour faire un bon classement. Je devais essayer de faire du bon ski. Je n’allais pas inventer quelque chose de neuf. Juste faire un truc stable et puis après on verra. Mais j’étais assez surpris quand j’ai vu 27 à l’arrivée!

En ensuite, il y a une petite angoisse pour savoir si on reste dans les 30? (NDLR : les 30 premiers partent dans l’ordre inverse à la seconde manche)?

Oui, il y avait quand même un peu de stress. J’ai quand même regardé la course jusqu’à la fin. Il y en a un ou deux qui étaient devant moi. Finalement j’étais 29e et plus tard, on a appris qu’il y avait un disqualifié et j’étais 28e. C’est passé, mais ça aurait pu être différent.

On imagine que ça a dû modifier un peu votre routine?

Oui. Je n’ai pas l’habitude. J’étais un peu nerveux. En faisant partie du top 30, la reco se fait beaucoup plus tôt. Donc je suis vite allé dans l’athlete’s lounge, j’ai pris une petite portion de spaghetti bolo, pas trop grosse, un shaker de protéines, un café et c’était déjà le temps d’y aller. Au moins, j’ai réussi à manger un truc.

Avant de prendre le départ parmi les tout premiers de la seconde manche. Devant les caméras du monde entier. Ça fait quoi?

C’est quelque chose de tout neuf pour moi. De très spécial. D’ailleurs, c’était rigolo. Quand on part plus loin, les intervalles sont beaucoup plus courts. Ils t’envoient assez vite. Là, c’est différent. Ils attendent que le mec arrivent et encore 25″. Moi j’avais déjà fermé mes chaussures, j’étais prêt à y aller. Et j’ai réalisé que j’avais encore bien le temps. C’était assez bizarre.

C’est toute une nouvelle expérience pour moi de quasiment ouvrir la piste

C’est impressionnant?

Oui. En haut, vous voyez toutes les caméras. Quand on est dossard 50, on n’a pas la même présence en bas. Là, c’était assez impressionnant. Tu voyais l’arrivée avec des gradins remplis à mort, tu entendais l’arrivée. Il y avais de la nervosité. Même si j’ai un peu d’expérience, c’est une toute nouvelle expérience pour moi de quasiment ouvrir la piste.

Comment s’est déroulée cette seconde manche?

J’ai démarré un peu lentement. Et puis je me suis dit qu’il fallait y aller. J’ai remis les gaz. Après, j’ai commis une grosse faute qui m’a coûté un peu. J’aurais peut-être pu grappiller une ou deux place de mieux. Mais je fais une manche assez correcte. J’avais fait le job en première. Et en deuxième. C’est très bien. D’autant plus que c’est la première fois que je termine un slalom aux JO.

On vous a vu très expressif en franchissant la ligne d’arrivée!

Oui. Je me suis dit, il y a tellement de gens qui regardent, il faut que je leur donne quelque chose. J’avais réfléchi avant et je me suis demandé ce que j’allais pouvoir dire à la caméra. Et comme je représente le Luxembourg, c’était normal de dire « Roude Léiw Huel Se! » Il y avait toute ma famille, les supporters qui ont mis une super ambiance avec les drapeaux. Il y avait aussi le Grand-Duc, c’était quelque chose de vraiment spécial.

Je me suis demandé ce que j’allais pouvoir dire à la caméra. Et comme je représente le Luxembourg, c’était normal de dire « Roude Léiw Huel Se! »

Matthieu Osch a laissé éclater sa joie une fois la ligne d’arrivée franchie.
Matthieu Osch a laissé éclater sa joie une fois la ligne d’arrivée franchie.

Qu’avez-vous fait une fois la ligne d’arrivée franchie?

Je suis allé donner une interview. Puis je suis allé voir mon frère, mon kiné, le staff. Et après je suis allé voir toute ma famille et le Grand-Duc. J’ai d’ailleurs regardé la deuxième manche à côté de lui. J’ai regardé jusqu’au bout. Il y avait beaucoup d’amis, entre petites nations on se connaît tous. On s’entraide.

Justement, qu’avez-vous pensé de ce podium? Et du pétage de plomb de McGrath?

C’est un podium vraiment super mérité pour tout le monde. Trois mecs qui sont dans le top mondial du slalom. Pour McGrath, c’est comme cela. C’est du slalom, il faut être à la limite. Il faut te bouger si tu veux une médaille. Et ça n’a pas marché. Sa réaction montre à quel point c’est important pour les skieurs. Il aurait pu prendre une médaille d’or et, finalement, il rentre avec rien. Je crois en plus qu’il traverse une période personnelle compliquée en ce moment. C’est triste, mais c’est comme cela.

L’autre grosse info, c’est le zéro pointé des Français?

Oui, c’est surprenant. Clément Noël est quand même un gros client. Et Paco Rassat et Steven Amiez sont de super bons skieurs. Clairement, j’étais surpris que ça n’ait pas bien fonctionné. Mais ce sont des courses d’un jour et tout peut se passer.

Et pour vous, ça s’est globalement plutôt bien passé. Quel bilan tirez-vous de ces troisièmes JO?

Je suis très content. Surtout que je sors de deux années très difficiles au niveau de la préparation. Je suis vraiment content que ça ait fonctionné comme cela. Bien sûr, certaines choses auraient pu être meilleures mais c’est toujours comme cela. Je pense qu’en géant (NDLR : où il termine 46e), c’était surtout dû à un manque d’entraînement. Mais j’ai réussi à compenser un peu avec une deuxième manche qui était bien à mon avis. Et aujourd’hui, le slalom, c’était la cerise sur le gâteau. Déjà, je n’avais jamais terminé un slalom olympique. Et en plus, je pars dans les 30 devant toutes les télés du monde entier. C’est super chouette. Pour moi, le simple fait d’avoir réussi à me qualifier pour les JO était déjà très important. Après, je voulais bien sûr performer le mieux possible.

Les fans luxembourgeois, à commencer par le Grand-Duc Henri, étaient présents en force à l’arrivée.
Les fans luxembourgeois, à commencer par le Grand-Duc Henri, étaient présents en force à l’arrivée.

Et maintenant, direction Cortina?

Oui. On quitte Bormio pour laisser la place aux spécialistes de ski alpinisme et on va à Cortina pour voir la course de Gwyneth. On a ensuite quelques entraînements prévus et j’irai à la cérémonie de clôture à Vérone. Et après, je vais réattaquer le circuit FIS avec des courses à partir du 27 février. Je vais avoir des mois de mars et avril bien chargés!

Ses classements

Géant : 46e à 18″18

Slalom : 28e à 13″85

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