[Cyclisme]

Mathieu Van der Poel : «J’avais des jambes incroyables»

Dans la carrière déjà bien remplie de Mathieu Van der Poel (31 ans), il ne figurait aucune échappée en solitaire de 175 kilomètres. Il faut bien un début à tout!

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Mathieu Van der Poel se souviendra longtemps de son échappée luxembourgeoise
Mathieu Van der Poel se souviendra longtemps de son échappée luxembourgeoise

Lorsque le peloton, sous l’impulsion des équipes EF Education, Soudal Quick-Step, Lidl-Trel et Decathlon, a donné l’impression de commencer à chasser ce fugitif de Mathieu Van der Poel, on s’est dit qu’il viendrait bien un moment où le Néerlandais finirait par plier les ailes. C’est ainsi que l’écart dégringola à trois minutes pile à trente kilomètres du but. «MVDP» commençait également à donner des petits signes de faiblesse dans ses relances. Puis non, le coureur d’Alpecin gardait un avantage de 2’13 dix kilomètres plus tard. Il avait remporté son bras de fer et ses rivaux, avaient en partie, capitulé. C’est dans l’allégresse que se terminait son périple!

Parlez-nous de votre incroyable victoire après une si longue échappée…

Mathieu Van der Poel : Ce n’était pas le plan avant le départ. Je pensais être repris par un contre, mais cela ne s’est pas fait alors j’ai continué mon tempo. L’écart a grandi, alors je me suis dit que je pouvais aller comme ça jusqu’à l’arrivée. J’avais des jambes incroyables ce dimanche, alors que j’avais souffert les étapes précédentes. Après la première étape, Je suis heureux de remporter la dernière de ce Tour de Luxembourg qui est une jolie course et qui est très bien organisée.

Comment vous vous sentez à une semaine des Mondiaux?

Aujourd’hui j’avais de très bonnes sensations, mais je pense que pendant le reste de la semaine, je n’étais pas au mieux. J’espérais être un peu mieux, mais je revenais d’un stage en Espagne ou je me suis entraîné intensivement et je pense l’avoir payé en étant pas assez frais jusqu’à ce dimanche. J’en ai peut-être trop fait en Espagne…

Avec cette longue échappée, vous vouliez impressionner à une semaine des Mondiaux?

Ce n’était pas vraiment pour montrer quelque chose, c’était surtout pour finir une belle dernière journée, très dure. Et surtout ne pas prendre de risques avec la pluie. C’était mieux pour moi d’être à l’avant de la course et de gérer mes efforts que d’être dans le peloton. Mais non, ce n’était pas du tout pour envoyer un message à la concurrence.

Je voulais d’abord attendre les poursuivants

Vous avez quand même accompli un sacré exploit, vous en avez conscience?

Je n’ai vraiment pas cru en partant aussi tôt que je pourrais aller au bout pour être honnête. D’abord, quand j’ai su qu’il y avait un groupe de poursuivants, je voulais les attendre mais ça ne revenait pas assez vite. Et j’avais quand même un peu peur en les attendant que la moitié du groupe n’allait pas collaborer donc j’ai décidé de rouler à la puissance que je voulais personnellement et, à la fin, c’était juste assez pour aller chercher la victoire d’étape.

Avant le Tour de Luxembourg, vous avez dit que vous vouliez l’emporter. Vous gagnez deux étapes, vous êtes rassuré?

Je sais que la forme est bonne, mais je manquais juste d’un peu de fraîcheur par rapport à mon entraînement en Espagne. Jeudi, mon sprint n’a pas été très bon, l’étape reine de vendredi je n’étais pas super. J’ai pris le contre-la-montre de samedi comme une journée de repos et cela m’a fait du bien. Maintenant, quelques journées de repos avant les Mondiaux et j’espère que j’aurai ma meilleure forme car c’est un parcours très dur.

RÉACTIONS «On l’a aperçu, mais il a accéléré»

Arno WallenborArno Wallenborn a de nouveau montré ses qualités sur ce tour de Luxembourg (Photo: Luis Mangorrinha).

Davide Piganzoli (ITA/Visma-Lease a Bike) : «Je suis vraiment heureux de l’avoir emporté. L’équipe m’a donné ma chance, mais j’avoue que je suis fatigué car c’était une course intense. Quand Mathieu (Van der Poel) a attaqué, on le connaît et on a décidé de le laisser aller, car on était loin de l’arrivée. Il a fait une super course, cependant nous on est restés concentrés sur notre objectif qui était de remporter le classement général. Je suis dans une bonne forme et là je vais rejoindre l’équipe nationale pour les Mondiaux. L’équipe italienne, c’est autre chose, mais on sait que Giulio (Ciccone) est dans une grande forme et qu’on va travailler pour lui, mais on a aussi d’autre cartes a joué avec plusieurs coureurs en forme.»

Arno Wallenborn (LUX/Lotto Kern-Haus) : «C’était vraiment une dernière étape très dure. Dans le premier passage du Pabeierbierg, j’ai dû changer de vélo. C’est difficile et ça m’a fait perdre du temps, avant que la voiture n’arrive. Après c’était plus de la survie, je n’avais plus de carte à jouer au niveau de la course car j’avais perdu trop de temps. Chaque année, on sait que c’est une étape très dure et ça l’a encore été ce dimanche. Maintenant, place à quelques jours de repos et après on verra pour les championnats du monde.»

Alexandre Kess (LUX/Lotto Kern-Haus) : «On a vu dès les premiers mètres que Van der Poel était prêt à partir et personne n’a su le suivre. Après, personne n’a vraiment roulé pour fermer le trou. De notre côté, on avait comme objectif de garder Eike Behrens dans le top 10, ce qui est chose faite. Je n’avais pas les meilleures jambes, mais elles étaient assez bonnes pour aider l’équipe. Pour le futur, je pense que c’était mon dernier Tour de Luxembourg, je n’ai pas d’équipe pour la saison prochaine et il se pourrait bien que je mette fin à ma carrière.»

Luc Wirtgen (Luxembourg) : «C’est un très bon Tour de Luxembourg pour l’équipe nationale. Tous les jours on avait quelqu’un dans l’échappée, on a pu se montrer et puis l’ambiance était vraiment super. Pour moi, c’était quelque chose de nouveau de courir sous un autre maillot et surtout d’être sur la route avec Jempy (Drucker) dans la voiture. Je suis vraiment content de la prestation de l’équipe et on a fait de notre mieux par rapport à notre forme actuelle. Personnellement, ma forme n’était pas à 100 % mais avec le nombre de gens qui vous acclament le long de la route, ça vous donne une extra-motivation et puis c’est vraiment super.»

Larry Valvasori (Luxembourg) : « Je n’ai pas de mots sur ce que Mathieu Van der Poel a fait devant nous. On a tenté de revenir sur lui, on est revenus à 40 secondes. On l’a aperçu, mais il a accéléré et on n’a jamais su fermer ce trou. Je suis satisfait de mon Tour de Luxembourg, j’aurais aimé prendre une échappée de plus au long de ces cinq étapes, cependant l’équipe s’est montrée et c’est le plus important. Même ce dimanche, c’était une bonne journée et je suis satisfait.»

Loïc Bettendorff (Luxembourg) : «On a tenté notre chance en partant en contre-attaque. On est revenus avec Larry (Valvasori) à 40 secondes de Mathieu (Van der Poel) à l’entame de la côte de Kautenbach, qu’on a monté à fond mais en haut de la bosse on était de nouveau à 1 minute, donc on a décidé de le laisser faire sa course et on voulait aller jusque sur le circuit final mais le peloton en a décidé autrement. Maintenant je vais me concentrer sur les championnats du monde de gravel, et puis des vacances avant de me concentrer sur la saison prochaine ou j’aurai un rôle plus important au sein de l’équipe Hrinkow Advarics.»

De notre correspondant Alexandre Adam

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