[C’était mieux avant]
Massimo Morabito : «J’ai gagné le championnat en ne voyant que d’un œil!»
Il a arrêté sa carrière à Dippach lors des championnats nationaux le 11 janvier 2020 après une sixième place. Cinq ans sont passés et celui qui a remporté trois fois le tricot chez les espoirs en cyclo-cross revient avec un plaisir non dissimulé sur quelques épisodes insolites.
Votre plus beau succès ?
Massimo Morabito : Mon premier championnat espoirs à Belvaux en 2013. Je me souviens de la chute de Christian Helmig. Belvaux, c’était un parcours qui ne me convenait pas trop, ce qui ne m’avait pas empêché de l’emporter.
Le jour où vous avez décidé d’arrêter votre carrière ? Je ne me souviens plus de la date. Je me souviens que c’était après une chute dans la course de la Paix que je courais avec l’équipe nationale. J’étais tombé la tête la première dans une barrière. On était tellement loin de tout qu’on n’avait pas pu aller à l’hôpital. Je n’avais pas de grande blessure, à part mon nez qui était fracturé. Le médecin de la course m’a dit qu’on ne pouvait rien faire pour un nez cassé. Du coup, j’ai continué la course avec mes deux yeux au beurre noir, puis je suis retourné au Luxembourg. Le cyclisme, c’est dangereux (il rit). L’année d’après, j’ai commencé à avoir peur en course. Quand tu commences à avoir peur, c’est le signe qu’il faut arrêter.
Votre plus grosse chute ?
À part le nez, je ne me suis jamais rien cassé, pas une clavicule. Sinon, sur la course sur route de Dippach, j’étais tombé violemment. J’avais cassé mon vélo et ma tête avait gonflé. J’étais passé la tête la première au-dessus de mon guidon sans avoir le temps de me protéger avec mes mains.
Votre plus grand regret ?
Je devais participer en 2013 aux championnats du monde à Louisville, aux États-Unis. On me l’avait promis puisque j’étais champion national espoirs, mais au dernier moment on m’a expliqué que seul Christian Helmig allait représenter le Luxembourg. Un vrai regret, car j’étais fort à ce moment-là.
Votre plus grande joie ?
D’avoir rendu fiers mes parents qui s’occupaient de moi sur toutes les courses. La roue a tourné, aujourd’hui, le fils de mon frère, Matteo, court chez les jeunes à l’UC Dippach. C’est à lui de jouer…
Votre plus grosse déception ?
Je n’ai jamais su être champion en élite.
L’anecdote que vous n’avez encore jamais racontée ?
J’ai disputé un championnat national avec une infection à un œil, à tel point que je ne voyais plus rien du tout. C’était à Cessange en 2014, j’ai fait tout le championnat sans rien voir et je l’ai remporté! On peut dire que j’ai gagné le championnat en ne voyant que d’un œil! J’avais fait deuxième du scratch derrière Christian Helmig. Mais j’avais été sacré premier espoir. Je ne pouvais pas abandonner alors que j’étais devant, mais je ne voyais vraiment plus rien…
Quand tu cours avec Van Aert et Van der Poel, tu te rends compte que tu n’avances pas!
L’adversaire le plus fort avec qui vous avez couru ?
J’ai disputé un championnat du monde espoirs en 2014 à Hoogerheide remporté par Wout Van Aert alors que Mathieu Van der Poel avait terminé troisième. J’avais été arrêté avant de prendre un tour, la différence de niveau était énorme. Quand tu cours avec Van Aert et Van der Poel, tu te rends compte que tu n’avances pas!
Le coureur le plus gentil ?
Tous les coureurs ont été gentils avec moi quand je courais (il rit).
Votre plus grosse fête ?
Je ne suis pas un fêtard, j’ai bien fait quelques fêtes, mais pas dans le monde du vélo.
J’ai regretté de ne pas avoir couru avant chez Leopard, notamment à l’époque de Bob Jungels
Un transfert qui aurait pu se faire ?
J’ai intégré l’équipe Leopard en 2014, mais j’ai regretté de ne pas y avoir couru avant, notamment à l’époque de Bob Jungels en 2012. Cela aurait été mieux pour moi, cela m’aurait bien plu. J’aurais bien voulu apprendre avec les bons.
La consigne d’un directeur sportif que nous n’avez jamais comprise ?
Je n’ai pas d’exemple, au contraire, j’ai aimé les consignes de mes directeurs sportifs et notamment celles de Tom Flammang lorsqu’il était chez Leopard. Avec le briefing, on était bien organisés. Les tactiques de Tom étaient au top. Je me souviens que pendant un Tour de Bretagne, je n’étais pas bien. Mais Tom m’a motivé pour que j’aille en échappée. Et j’ai su le faire, c’est un bon souvenir.
Votre meilleur championnat national de cyclo-cross ?
Je dirais à Cessange.
Votre pire championnat ?
À Remerschen, en 2017, j’ai fait toute la course devant en élite. C’était un superbe parcours. Je me sentais bien, j’avais fait une course parfaite, mon vélo était parfait, mes pneus également. Puis, je suis tombé sur des fils barbelés. C’était fini! Après ma chute, j’ai dû changer de vélo et plus rien n’allait…