[Football]
Mais Mouadden aura-t-il le droit de (re)jouer?
[BGL LIGUE] L’affaire Mouadden, qui secoue la Jeunesse depuis quelques jours, pose beaucoup de questions. Sportivement, la plus essentielle est de savoir si l’Allemand rejouera…
Il paraît que l’effectif de la Jeunesse Esch n’a plus reparlé de l’affaire depuis une réunion organisée lundi. Elle a vu Reinhold Breu réunir tous ses joueurs pour aborder une crise dont il se serait bien passé, et y être ostensiblement épaulé par Mickaël Borger, de confession musulmane. Le joueur a même pris quelques minutes, avant de se présenter devant l’équipe, pour affranchir son coach afin d’obtenir un effet pédagogique maximum.
Les réseaux sociaux, eux, avaient déjà commencé à s’emballer et le club à se justifier : son joueur allemand, Younes Mouadden, surpris à refuser, par conviction religieuse, de taper dans la main des supportrices eschoises venues encourager le club contre Käerjeng, se retrouvait alors au cœur d’une polémique débordant les limites du raisonnable. Avec insultes et jugements tendancieux à la clef.
La Vieille Dame a choisi l’apaisement et réclamé une enquête indépendante à l’agence luxembourgeoise pour l’intégrité dans le sport (ALIS) et la commission nationale d’éthique dans le sport (CNES).
Mouadden n’est pas mis à l’écart
Mais selon nos informations, personne n’a demandé au staff, pour laisser la situation s’apaiser, de tenir Mouadden éloigné de l’effectif. La question est d’importance : avec deux matches essentiels contre Etzella puis le Swift, Reinhold Breu pourra-t-il compter sur l’entièreté de son groupe?
Titularisé à une seule reprise depuis le début de saison, le Germano-Marocain formé à Leverkusen n’est pas le joueur le moins influent du secteur offensif. Déjà auteur de deux buts et une passe, il se montre en moyenne décisif une fois toutes les 89 minutes. Ce n’est pas une mince certitude pour un coach qui doit gagner ses deux prochaines rencontres pour se donner de l’air.
Revoir Mouadden vite, ce ne serait pas une surprise. Car dans le vestiaire eschois, la température n’est jamais vraiment montée et l’on s’y flatte d’être «moderne» et d’avoir le degré d’ouverture d’esprit requis pour accepter tout le monde. Et les modes de vie de tout le monde.
Si désormais l’on ne parle qu’en «off» dès qu’une question vient de la presse, il y est actuellement question du respect des croyances du milieu de terrain offensif, tant que cela ne devient pas de l’intolérance ou une atteinte à la paix qui se doit de régner autour d’un terrain de football. Bref, Mouadden est préservé par ses coéquipiers.
Il n’empêche que Marc Theisen et son comité ne se sont pas encore positionnés sur le cas du joueur dans l’immédiat. Peuvent-ils aller jusqu’à le laisser à l’écart le temps que la tension retombe? Et combien de temps serait-il alors nécessaire?
Comment les Ultras vont-ils réagir?
Voilà des questions auxquelles il sera difficile de répondre tant que n’aura pas été éprouvé l’agacement des Ultras, que les joueurs vont traditionnellement saluer après chaque rencontre et qui ne manqueront pas de faire passer un message à la Frontière, ce dimanche, contre Ettelbruck. D’autant que des femmes continueront très vraisemblablement de venir soutenir les Bianconeri et qu’elles continueront de tendre leurs mains au-dessus de la main courante. Et que Mouadden ne pourra pas s’exempter de ce passage obligé dans la cohésion du club…
Comment réconcilier ce petit monde? A priori, on n’aura pas encore à se poser la question ce week-end puisque Mouadden… souffre du dos.