[Cyclo-cross]
Loïc Bettendorff prêt à rempiler
Le Luxembourgeois reprend la saison hivernale samedi à Diekirch avec un double objectif : se succéder au palmarès du cross de l’armée et devenir champion du monde militaire.
Depuis Innsbruck, Loïc Bettendorff ne connaissait pas avec précision en milieu de semaine l’état du terrain du Herrenberg où est dessiné le merveilleux circuit du cyclo-cross de l’armée, qui en sera demain déjà à sa troisième édition.
Mais la perspective de remettre en jeu son dernier succès, puisque, en tant que vainqueur sortant (il avait terminé deuxième derrière son ami Mats Wenzel en 2023 lors de la première édition), il semble bien qu’il soit à son aise sur les hauteurs de Diekirch, aiguisait son appétit. Loïc Bettendorff ne minimise pas sa joie légitime de retrouver la compétition?
On le sait, c’est un compétiteur né. Et son retour dans les sous-bois et les labourés pour une assez longue saison, si ses objectifs personnels sont tenus, va faire du bien à une discipline en manque criant de têtes d’affiche ces dernières saisons. Plus il y a de clients, mieux la concurrence se porte et mieux la compétition délivre tout son sel.
Assurément, le retour du champion national va faire du bien. Le Nordiste de 24 ans, qui a prolongé pour une année supplémentaire son contrat avec l’équipe autrichienne de Hrinkow Advarics, sort d’une saison sur route convaincante.
«J’ai fait de bons résultats dès le début, confirme Loïc Bettendorff. Puis je suis tombé malade. Je ressentais aussi de la fatigue de la saison de cross. J’ai fait une petite pause au printemps et, pour la dernière partie de la saison, j’étais de nouveau en forme. J’ai fait plusieurs échappées en course (NDLR : sur deux étapes du Tour de République tchèque, comme plus tard sur une étape du Tour de Luxembourg) et je me sentais très bien. J’ai reçu la confiance de l’équipe et j’avais plus de chances pour me montrer.»
D’ailleurs, en 2026, Loïc Bettendorff va prendre du galon. «Pour la prochaine saison, indique-t-il, j’aurai un nouveau rôle dans l’équipe. J’aurai plus de responsabilités, je pourrai être leader sur certaines courses et capitaine de route dans d’autres. Les responsables de l’équipe m’ont dit qu’ils étaient contents de moi et j’ai reçu un bon contrat.»
Plusieurs manche de la Coupe du monde
Mais pour le moment, place au cyclo-cross, une discipline que l’intéressé retrouve avec une joie non dissimulée. «Je reprends donc ce week-end à Diekirch. Je vais ensuite m’aligner dimanche à Cessange. Ensuite, je vais enchaîner avec Préizerdaul (7 décembre), puis je vais partir en stage à Calpe avec Mats (Wenzel). Je vais démarrer avec les cross internationaux à partir du 20 décembre», détaille le Luxembourgeois de Hrinkow Advarics.
Tout a été mûrement réfléchi. «J’ai dressé un plan avec Jempy (Drucker, l’entraîneur national). La saison dernière, il avait eu l’idée de me voir prendre part à des épreuves d’un autre niveau, mais c’était trop juste. Je me suis dit que ce serait mieux pour cette saison 2025/20206.»
Par conséquent, Loïc Bettendorff va redevenir un vrai crossman avec un sacré calendrier de courses. «Je vais disputer la manche de Coupe du monde à Anvers (20 décembre). Le lendemain, je serai à Belvaux. Ensuite, je vais enchaîner avec le Superprestige à Zolder (23 décembre). Le 26 décembre, je serai à Differdange, puis à Dendermonde (Coupe du monde le 28 décembre) et Loenhout (X2O Trofee le 29 décembre). Je serai présent à Alzingen (4 janvier). Viendront ensuite les championnats nationaux à Diekirch, le 11 janvier.
Je vais repartir en stage en Espagne après les championnats. Si je suis à Calpe, je pourrai peut-être m’aligner à Benidorm (Coupe du monde le 18 janvier), mais ce n’est pas certain. Quand je rentrerai, j’ai prévu d’enchaîner les manches de la Coupe du monde à Maasmechelen et Hoogerheide (les 24 et 25 janvier). Puis, on verra si c’est possible que je dispute les championnats du monde. Il faudrait que cela ait un sens et que je me retrouve au niveau des points dans le top 30», confesse Loïc Bettendorff.
«Heureux à l’avance»
Il a su obtenir l’aval de ses dirigeants, alors que certaines formations ne poussent pas leurs coureurs à se lancer dans le cyclo-cross en compétition. «Mon équipe n’est pas fan du cross, la route est clairement prioritaire. Mais comme j’ai fait une bonne saison sur route, ils me laissent gérer l’hiver», reconnaît-il.
Le voici donc en piste pour aller décrocher, pourquoi pas, le tricot de champion du monde militaire, puisque demain au Herrenberg, il y aura le 3e cyclo-cross de l’armée (où Christine Majerus avait effectué ses adieux à la compétition il y a un an déjà) et les championnats du monde militaires.
Vingt postulants chez les hommes, neuf chez les femmes et onze chez les masters. Il va y retrouver quelques visages connus comme le Belge Elio Clarysse, qui vient régulièrement courir au Luxembourg et qui est donc aussi militaire, ou encore le Slovène Jaka Primozic, son coéquipier chez Hrinkow Advarics.
«Il m’a dit qu’il venait à Diekirch, mais il n’a jamais disputé de cross. Il n’aura donc aucune ambition», indique Loïc, qui pour le moment s’en tient donc à ses bons souvenirs de Diekirch. «J’aimerais forcément l’emporter à nouveau. Il y a deux ans, le terrain était difficile, c’était plus roulant l’an passé, car c’était moins humide. Je préfère quand c’est difficile. Je verrai bien ce vendredi comment le parcours se présente, mais je suis heureux à l’avance. Je suis militaire et c’est un cross un peu différent des autres, que j’apprécie. Je n’ai jamais disputé le championnat du monde militaire. Si je gagne, ce sera un titre…», conclut-il en prenant rendez-vous.