[Cyclisme]

Kevin Geniets : «On ne maîtrise pas tout»

CHAMPIONNATS D’EUROPE Kevin Geniets sera au départ de la course en ligne, dimanche à Ljubljana. S’il a hâte de tirer un trait sur une saison délicate, il reste motivé pour ses dernières sorties pour 2026.

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Kevin Geniets qui aimerait briller sur Paris-Tours est heureux de retrouver dimanche la sélection nationale.
Kevin Geniets qui aimerait briller sur Paris-Tours est heureux de retrouver dimanche la sélection nationale.

Entretien avec notre journaliste

Denis Bastien

Comme l’an passé et pour la quatrième fois de sa carrière, Kevin Geniets enfilera le tricot de la sélection nationale pour les championnats d’Europe, qui se déroulent en Slovénie. Il retrouvera ensuite son équipe pour s’aligner mardi sur Binche-Chimay-Binche (6 octobre), puis finir sa saison sur Paris-Tours (11 octobre). Depuis le Renewi Tour, Kevin Geniets a repris le fil de sa saison très longtemps perturbée par des problèmes divers et variés qu’il nous explique. Il pourrait d’ailleurs trouver avec ses trois derniers rendez-vous le moyen de rappeler toutes ses qualités.

Dans quelle forme vous trouvez-vous ?

Kevin Geniets : La forme est assez bonne en ce moment. J’ai fait un stage d’altitude pendant l’été et après ça allait bien. J’ai pas mal travaillé ensuite pour l’équipe avec des rôles assez précis. J’ai retrouvé un très bon niveau. Mais dans le cyclisme d’aujourd’hui, quand tu es équipier, tu es équipier. Seuls les très bons coureurs peuvent envisager des résultats. Vu que ce n’est pas ma meilleure année, pour l’instant, j’ai fait mon boulot et je termine ma saison. En pensant fortement à la suivante.

Justement, c’est aussi le bon moment de retrouver l’équipe nationale…

Oui, c’est ça, cela me fait plaisir et cela me tient à cœur. J’aimerais réaliser une bonne course dimanche. La forme n’est pas si mal. Si je tombe sur une bonne journée, cela peut être très bien. J’ai hâte de revoir mes compatriotes.

Si on voit les derniers Mondiaux de Montréal, on se rend compte qu’il n’y a plus de place pour les seconds couteaux

Le parcours slovène à Ljubljana s’annonce difficile sur le circuit final avec cinq ascensions d’une côte de 2,1 km à 10,4 % de moyenne. Vous en pensez quoi ?

Tout dépendra de la façon dont ce sera couru. Si on voit les derniers Mondiaux de Montréal, on se rend compte qu’il n’y a plus de place pour les seconds couteaux. Voici peu de temps encore, on pouvait espérer se glisser dans un coup qui partait à cent kilomètres de l’arrivée. Aujourd’hui, c’est devenu de plus en plus compliqué. Le scénario des courses a changé. Après, je ne sais pas comment vont se dérouler ces championnats d’Europe. J’espère juste que ce sera plus ouvert que les championnats du monde où la France a mis un tel rythme qu’ensuite, soit tu étais mort, soit tu ne l’étais pas.

Le plateau sera sensiblement différent de celui de Montréal…

Tout dépendra de la stratégie des différentes nations. Déjà, Tadej Pogacar ne sera pas là. Et puis j’imagine que la France ne va pas chercher à recommencer sa tactique. Ils se calmeront, je pense. Mais la course peut quand même être dure et ouverte. Cela voudrait dire qu’avec de bonnes jambes, tu peux jouer. Mais si une équipe décide de rouler « full gas » dès le début de course, à la fin, tu verras les vingt meilleurs s’expliquer. S’il y a des coups à faire, ça jouera en notre faveur.

L’équipe nationale se présentera donc avec quatre coureurs au départ…

Cela va offrir des possibilités. On verra l’aspect tactique avec Jempy (Drucker), mais oui, ça doit être la priorité des coureurs d’être acteurs de la course. J’en reviens à ce que je disais, le cyclisme est aujourd’hui souvent dirigé par une seule équipe, ce qui pousse un certain nombre de coureurs à être davantage acteurs.

Je suis arrivé en Australie et j’étais déjà « fumé » pour la première fois de la saison

Quel sera votre programme de fin de saison ?

Mardi, je serai au départ de Binche-Chimay-Binche en Belgique, puis le 11 octobre, je finirai ma saison avec Paris-Tours qui est l’une de mes courses préférées. D’un côté, j’ai envie que ma saison se termine, car je reste motivé et j’ai envie de me reconcentrer sur la saison suivante. Mais je vais essayer de bien finir quand même !

À titre personnel, vous avez déjà compris que votre saison 2026 a été, jusque-là, plus difficile que prévu ?

On va débriefer tout ça avec l’équipe pour que les erreurs ne se reproduisent plus, mais oui, je connais certaines raisons. J’ai fini la saison 2026 en Chine (avec le Tour du Guangxi) et j’ai repris 2027 fin janvier avec le Tour Down Under en Australie. J’ai trouvé ça compliqué. Je me suis beaucoup entraîné pendant l’hiver et j’ai eu l’impression de traîner une fatigue. Je ne me suis pas reposé. Il y a le décalage horaire du début d’année. La météo. On passe l’hiver à s’entraîner pour suivre son plan d’entraînement. Je suis arrivé en Australie et j’étais déjà « fumé » pour la première fois de la saison. Finir si tard pour reprendre si tôt, cela m’a posé problème. Ensuite, je devais aller au Giro comme premier Grand Tour. Les plans ont été changés. J’ai été prévu pour la présélection du Tour et j’ai contracté la grippe sur le Dauphiné, je suis resté out complet pendant dix jours, c’était la plus mauvaise période. C’est un enchaînement de beaucoup de choses qui font que ma saison n’a pas bien marché pour moi jusqu’ici en 2026. On ne maîtrise pas tout. J’ai toujours essayé de tirer le meilleur, mais c’est tellement dur et ingrat que si tu n’as pas les planètes qui s’alignent, ça devient très dur. C’est une année comme ça, mais je reste très motivé pour 2027. Je sais que ça va rebasculer dans le bon sens. Surtout qu’aujourd’hui, je comprends pourquoi cela s’est passé comme ça.

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