[Football]

Jérémy Deichelbohrer : «Cette petite finale est un non-sens»

[MONDIAL-2026] Chaque jour, suivez la compétition avec un coach de DN (ou un arbitre). Aujourd’hui : Jérémy Deichelbohrer, l’entraîneur français de Strassen.

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«Pour moi, cette petite finale est un non-sens. Dans beaucoup de sports, notamment aux JO, le podium, mais dans le foot ça n’existe pas et ça n’a jamais existé. Jamais personne n’a accordé de considération au troisième et d’ailleurs, je pense que peu de personnes sauraient me citer les deux derniers troisièmes de la Coupe du monde. Ce match n’a aucun intérêt, mais maintenant qu’il est là, autant finir sur une bonne note.

En ce sens, le match de la France (battue 4-6 par l’Angleterre) m’a laissé très perplexe. On avait presque honte : les voir menés 4-0 à la mi-temps, c’est incroyable! Les attitudes étaient catastrophiques, on a senti l’équipe déboussolée, désorganisée. C’était assez dur à regarder et à concevoir et le pire, c’est qu’on ne sentait aucune révolte! Ok, on est passés à côté de quelque chose d’immense, mais ce n’est pas possible de finir comme ça. En voyant cela, j’en suis même venu à me demander si quelque chose n’avait pas cassé, s’il ne s’était pas passé quelque chose en interne.

Après, il faut aussi se mettre à la place des joueurs : tout le monde les voyait aller au bout, et quand on s’est imaginé champion pendant longtemps, ça peut être difficile d’accepter ce match qui n’a ni queue ni tête. On ne joue pas une petite finale avec de tels compétiteurs… Mais ce qui est satisfaisant, c’est qu’il y a eu de l’orgueil en deuxième période. Tout n’était pas parfait, c’était souvent du hourra football, mais on a vu une vraie réaction et ça m’a fait plaisir pour Didier Deschamps. Les garçons ont réagi, ils ont eu la mentalité et l’envie d’offrir une belle sortie à leur sélectionneur.

Certains diront qu’il n’a gagné qu’un titre en 14 ans (le Mondial-2018), mais le foot, ça se joue à rien : il est aussi à un poteau de Gignac (en 2016, contre le Portugal) de prendre l’Euro, et à un face-à-face perdu par Kolo Muani (en 2022, contre l’Argentine) de gagner une deuxième Coupe du monde! Chacun aura son avis sur le style, mais en tant que compétiteur et gagneur, il a redoré le football français. Ce ne sera pas simple de lui succéder, mais on a une génération avec tellement de talents et un tel réservoir de joueurs que ça devrait continuer de rouler.

Pour la France, je ne parlerais pas d’échec. À la fin, il y a un seul vainqueur, alors ça veut dire quoi? Que tous les autres sont en échec? C’est une déception, car on avait le potentiel pour gagner, mais pas un échec, sinon 99 % des équipes seraient en échec. La FFF avait fixé le dernier carré comme objectif, et il a été atteint. La frustration nait du fait qu’on n’a pas existé en demi-finale contre l’Espagne, alors qu’on y croyait beaucoup, mais ça arrive de passer à côté d’un match. Avant cela, on avait affronté très peu d’adversaires de haut niveau. Ça nous a peut-être desservis. Contre une équipe très forte collectivement, on n’a pas su répondre, mais ça reste un Mondial très intéressant, bourré d’espoirs.»

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