[Football]
Crasson : «J’ai toujours aimé les trucs un peu borderline»
[BGL LIGUE] Le FC Wiltz a officialisé l’arrivée de Bertrand Crasson. Et l’ancien coach du F91, très apprécié de Flavio Becca en son temps, même s’il ne prendra officiellement ses fonctions qu’après Rumelange, est déjà «focus».
Le FC Wiltz joue un match importantissime contre Rumelange ce week-end, mais annonce que vous ne prendrez officiellement vos fonctions qu’après. Ce n’est pas un peu tard?
Bertrand Crasson : Robert Jansen (NDLR : directeur sportif du club) m’a fait part de la possibilité de reprendre l’équipe et j’ai foncé parce que, de mon passage au Luxembourg, je me rappelais de Wiltz comme d’un très bon club. Et en vrai, je serai déjà à la séance dès demain (mercredi). Malheureusement, j’ai un voyage en Italie prévu de longue date entre jeudi et dimanche et il m’est totalement impossible de l’annuler. Mais je suis en étroite collaboration avec Lorenzo (Lucania, son adjoint) et tout sera préparé pour Rumelange.
J’aurais bien voulu travailler aussi avec Tom Schnell, mais…
Oui, tiens, vous arrivez sans staff. C’est plus facile, dans ces conditions, d’avoir quelqu’un qui était déjà au contact du groupe, avant?
En fait, j’aurais bien voulu travailler aussi avec Tom Schnell (NDLR : qu’il a connu au F91) et on s’est parlé au téléphone parce qu’on s’était dit que si l’un ou l’autre avait quelque chose, on s’appellerait… (Il sourit) Vous savez comment c’est, le monde du football. C’est un peu incestueux et ce sont un peu toujours les mêmes qui circulent. Mais Tom a déjà un engagement avec Rumelange apparemment. C’est plus près de chez lui.
Votre dernier club, c’était donc en Indonésie, en 2022, au PSS Sleman?
C’était mon dernier poste en club, effectivement. Mais depuis deux ans, je travaille en tant que coach à la British School, à Bruxelles. Une vraie opportunité parce que c’est une structure extraordinaire, mieux gérée qu’un club pro. Je m’y occupe des U17 et parfois des U19. Ils ont engagé d’anciens pros pour développer les joueurs, comme Axel Smeets (ex-Standard, La Gantoise…), il y a des partenariats avec Arsenal, West Ham… Et là, on part sur un tournoi à Vérone avec les écoles de Milan, Rome, Varsovie, Riyad… En même temps, je poursuis mes activités de consultant télé. Mais c’est compatible avec Wiltz. Les flexibilités ont été trouvées. Le focus est sur Wiltz.
C’est un job totalement différent de celui que vous aviez eu à faire à Dudelange, quand on vous avait confié une équipe qualifiée pour la phase de groupes de l’Europa League, en 2019.
Effectivement, et je sais ce qu’il faut faire pour leur redonner confiance. On ne va se baser que sur le positif, chercher à déterminer ce qu’on fait maintenant, et comment on le fait. Je serai toujours derrière eux pour les pousser. Je suis très motivé. Mais oui, c’est un défi. Ce n’est pas facile. Le F91, à l’époque, c’était une équipe pour gagner le championnat, pour disputer l’Europe, mais moi, j’ai toujours aimé les trucs un peu « borderline », les défis un peu spéciaux.
En même temps, je poursuis mes activités de consultant télé
Qu’avez-vous vu de votre équipe, lors du déplacement à Mondorf?
J’ai vu tout sauf une équipe en perdition. J’ai vu de bons joueurs qui vont offrir la possibilité de faire des résultats et de prendre des points. Oui, c’est un bon groupe avec du potentiel. Et il y a un bon état d’esprit. C’est juste une équipe qui est dans une spirale négative. Il y a moyen d’y remédier avec de l’organisation et beaucoup de communication. Ce classement ne reflète pas la valeur de l’équipe! Après, dans le football, il ne faut jamais être trop sûr de toi quand tu annonces ce genre de choses, sinon c’est là que tu en prends plein la figure. Je ne vais donc pas faire de grands discours mais juste proposer du travail. Ce que j’ai vu, c’est que les joueurs ont envie et ne sont pas résignés.
Faut-il des renforts hivernaux? Parce que c’est maintenant qu’il faut aller courtiser les joueurs…
Il est trop tôt pour le dire. Avec Lorenzo, qui est un jeune gars brillant et passionné, on va tout analyser dans le calme. Mais nous avons un calendrier favorable pour enchaîner et prendre des points et c’est ça, la priorité. L’idée, c’est de retrouver de la sérénité dans ce milieu qui est assez cruel.