[Football]
Comment on survit à une trêve de deux semaines ?
[BGL LIGUE] Pour la première fois de l’histoire, les clubs sont au défi de gérer une trêve internationale à quatre matches. Et ça improvise en faisant tout… et son contraire. Exemple, à 19 jours de RFCU – Bissen.
Le choc de la 9e journée de BGL Ligue aura lieu au stade Achille-Hammerel… trois semaines après la 8e journée avec, dans l’intervalle, un petit match de Coupe pour meubler et… deux semaines de coupure. Qui va faire quoi et comment, dans cet immense laps de temps? On est allé demander aux coaches des deux équipes et ce n’est presque pas une surprise : personne ne fera pareil. Mais alors pas du tout, du tout!
Stéphane Masala (RFCU)
«Pendant cinq jours, certains ne feront rien du tout»
«Cette trêve, je n’en ai pas parlé avec d’autres collègues parce que je ne voulais pas me laisser influencer. Et puis de toute façon, même les autres coaches ne savent pas avec certitude que faire. Je le sais parce qu’en Ligue 2 française, des collègues aussi se posent la question. L’idée, c’est de redonner de la fraîcheur mentale, tout en ne perdant pas physiquement.
La stratégie qu’on va prendre, au Racing, n’est pas une vérité absolue. On avait plusieurs options, on en a choisi une en sachant que cela ne pourra pas être tout blanc ou tout noir. On fera un bilan après, pour voir si c’était une bonne idée. Cela peut avoir un impact à tous les niveaux. Si on reprend mal, athlétiquement, on peut tomber dans un cercle vicieux de tentative de remise à niveau en pleine compétition, en chargeant les joueurs. Et au niveau de l’énergie psychologique, ce moment va être très important aussi.
Donc on a fait le choix d’octroyer cinq jours de repos à l’effectif, qui avait le souhait qu’il y ait un week-end dedans. Donc on travaille un peu en ce début de semaine et on coupe jeudi, pour reprendre mardi de la semaine prochaine, avec juste un amical au programme, contre Virton. Donc un match d’un certain niveau pour se projeter déjà sur Bissen. On ne voulait qu’une rencontre pour ne pas en rajouter en termes de charge émotionnelle. Or chaque match en est une.
Mais on va énormément individualiser le travail et pendant ces cinq jours, certains couperont totalement, ne feront rien du tout. Alors que pour d’autres – ceux qui sont en retard sur les standards collectifs -, ce sera encore plus dur qu’en temps normal et ils auront sûrement hâte que l’entraînement recommence.»
Vitor Pereira (Bissen)
«On va faire trois groupes et trois amicaux»
«On a dû faire une réunion spécialement pour ça. Et on a fini par séparer les joueurs en trois groupes, avec trois « process » différents. Il y aura un groupe avec les internationaux. Les trois vont prendre leurs GPS et comme ça, on saura quel travail ils font et dans quelles conditions ils rentreront. Le deuxième groupe, c’est celui des joueurs qui ont commencé le 15 juin et ont connu le stress européen. Avec eux, on va commencer à bosser sur la partie musculation et faire un peu de force pour préparer l’hiver. Enfin, il y a ceux qui nous ont rejoint très tardivement, ils sont sept ou huit, ce qui n’est pas le cas dans d’autres clubs. Eux sont déjà rentrés dans la compétition pour l’équilibre du groupe, mais ils ont besoin d’un travail différencié. Pour eux, ce sera plus dur que pour les autres.
On fera, nous, trois matches amicaux. L’un est déjà calé, contre le RFC Liège. On attend encore la confirmation d’un club allemand pour le deuxième rendez-vous. Et on en fera encore un autre. On en a besoin parce que nos derniers venus sont seulement en train de découvrir les idées de jeu. D’ailleurs, ils profiteront des matches des U23, qui travaillent exactement avec les mêmes principes de jeu, les mêmes systèmes, les mêmes phases arrêtées que ceux de l’équipe A.
On pourrait faire ça à l’entraînement, mais cela ne t’amène jamais la même chose que ce que l’agressivité d’un match t’offre. C’est là que les choses se font, là qu’ils trouvent les chemins à partir des bases qu’on leur donne. C’est là qu’ils apprennent des choses.
Mais c’est clairement une période où l’on peut se planter. Seulement, on se doit d’en profiter au niveau tactique. Pour nous, cette trêve, elle tombe bien. On a deux semaines pour préparer le RFCU et la suite.»