[C’était mieux avant]
Carlo Barbaglia : «C’est à cause d’Henri Gerson que je n’ai jamais beaucoup joué en équipe nationale»
L’ancien ailier gauche international, contraint de mettre un terme à sa carrière à l’âge de 31 ans en raison de genoux récalcitrants, nous dévoile ses souvenirs non sans humour.
Le meilleur joueur avec lequel vous ayez joué?
Carlo Barbaglia : Je dirais Roger Schummer. Il jouait à Dudelange, puis a changé de club pour rejoindre Schifflange avec deux autres joueurs du HBD, Luc Kintzinger et Alain Baustert. Tous les trois étaient très bons et avec eux, Schifflange a décroché le titre de champion. Moi, je suis arrivé la saison suivante, mais je les côtoyais déjà en équipe nationale. Ils jouaient tous au poste d’arrière, Roger Schummer était gaucher et Luc Kintzinger et Alain Baustert étaient deux droitiers, c’était trois grands gabarits.
Et contre lequel vous ayez joué?
C’est difficile à dire. Je dirais que c’est le champion du monde allemand Kurt Klühspies qui jouait à Großwallstadt, une équipe très forte à l’époque, championne d’Allemagne et vainqueure de la Coupe d’Europe où plusieurs autres très bons joueurs évoluaient, que l’on avait affrontée en Coupe d’Europe avec Schifflange au début des années 80.
La meilleure équipe face à laquelle vous ayez joué?
Justement, c’est Großwallstadt. C’était l’une des meilleures équipes d’Europe en ce temps-là.
Le joueur que vous avez perdu de vue que vous aimeriez revoir?
Disons que je me suis fait quelques amis pour la vie dans le handball comme, par exemple, Alain Baustert, avec qui on se voit régulièrement. Celui que je veux aussi nommer, c’est Henri Gerson, grâce à qui j’ai commencé à Rumelange. Il était un cran au-dessus de moi, parce que techniquement, il était supérieur. Pour moi, c’était le meilleur ailier gauche que l’on avait dans le temps, mais à cause de lui je n’ai jamais beaucoup joué en équipe nationale (il rit). C’est un ami de longue date, je suis même le parrain de l’un de ses fils qui habite en Norvège.
C’est pratiquement toujours les Dudelangeois qui m’ont privé d’un titre
Votre plus belle victoire?
Lorsque j’étais à Schifflange, il y a une saison où l’on avait battu le Fola, qui était alors le champion. Je me souviens que j’avais fait un super match en marquant 9 ou 10 buts. J’étais dans un bon jour (il rit). Sur le plan international, j’ai fait quelques campagnes européennes. Et le premier match européen que j’ai disputé avec Schifflange, c’était contre Paris. Même si ce n’était pas encore le PSG de maintenant, c’était déjà costaud et on n’avait pratiquement aucune chance.
On avait perdu, mais c’était un superbe déplacement pour la première de Schifflange en Coupe d’Europe si je me souviens bien. Dans le temps, on pouvait directement tomber face aux meilleures équipes du continent. Aujourd’hui, ça n’existe plus vraiment, puisque les compétitions européennes sont regroupées par niveau, ce qui fait que tu ne peux pas hériter d’une équipe de renommée mondiale.
La première fois que je suis parti avec l’équipe nationale, c’était au Portugal en 1976. Aujourd’hui, c’est difficile de rivaliser avec une équipe pareille, mais dans le temps on parvenait à le faire face à des nations qui, maintenant, sont au-dessus du lot. Je peux aussi citer l’Autriche comme exemple. Quelques années plus tard, en 81, on avait fait un très bon championnat du monde niveau C en Belgique. Et je crois qu’en 82, on avait été élu meilleure équipe lors du gala de Sportspress.lu.
Votre plus grand exploit?
À vrai dire, je n’ai pas vraiment réalisé d’exploit comme je n’ai jamais gagné de titres. C’est ce qui me chagrine un peu quand je repense à ma carrière. J’ai joué une fois la finale de la Coupe de Luxembourg, c’était en 1985 contre le HBD, et l’année suivante, on a été vice-champion avec Schifflange.
Avec Alain Baustert et d’autres, on a «opéré» mon abcès dans la chambre
Votre plus grosse déception?
La défaite en finale de la Coupe de Luxembourg face à Dudelange, parce que j’espérais quand même gagner au moins un titre (il rit). Ce n’est pas passé loin, mais cela n’a jamais suffi. C’est pratiquement toujours les Dudelangeois qui m’en ont privé (il rit). C’est l’un de mes plus grands regrets.
Votre plus grand fou rire?
C’était lors du déplacement au Portugal avec l’équipe nationale. En fait, j’avais eu un gros abcès derrière la cuisse et comme la plupart du temps j’étais remplaçant, ça me faisait mal quand j’étais assis sur le banc. Tout le monde rigolait de la situation, parce qu’en club je n’étais pas habitué à l’être. À la Fraternelle, je jouais les 60 minutes et en équipe nationale, j’étais sur le banc pendant 50 minutes. Le soir, avec Alain Baustert et d’autres, on a « opéré » mon abcès dans la chambre (il rit). Et puis, le lendemain, heureusement ça allait déjà un peu mieux.
Votre pire blessure?
J’ai arrêté assez jeune parce que j’avais des problèmes de genoux, non pas seulement à un, mais aux deux. Alors, à 31 ans, j’ai préféré dire stop. D’ailleurs, j’ai deux prothèses que j’ai eues relativement tôt. Le hand, ça use (il sourit). J’ai toujours eu des problèmes aux genoux pendant ma carrière et j’ai subi plusieurs opérations du ménisque. Je me suis aussi cassé le pouce pendant un match, mais ce n’était pas grand-chose, juste l’histoire de quelques mois.