[Basket]
Ben Kovac : «Je pense avoir fait le bon choix»
SLOVAQUIE Pour sa septième saison pro, Ben Kovac est de retour en Slovaquie, au Slovan Bratislava. Un club qui vise les sommets. Et joue l’ABA!
Il n’a que 26 ans, mais Ben Kovac fait presque déjà figure de vétéran. Il est, en tout cas, le joueur pro luxembourgeois avec le plus beau parcours. Et aussi le plus long.
ADAPTATION EXPRESS
Après avoir été frustré, la saison passée, en Élite 2 française à Évreux, avec une saison perturbée par les blessures, l’international grand-ducal a décidé de retourner en Slovaquie. Et de rejoindre un Slovan Bratislava très ambitieux.
Où il s’est visiblement tout de suite senti très bien : «L’adaptation s’est faite assez vite. Comme j’ai déjà été en Slovaquie, je connais un peu. J’ai déjà joué avec certains ou contre certains joueurs. Bref, tout va bien. Dès le début je me suis senti très bien.»
CAPITAINE, MON CAPITAINE
Et malgré le pedigree de certains de ses coéquipiers, c’est bien lui qui, comme c’était déjà le cas au Patrioti Levice où il a évolué pendant deux saisons, a été désigné capitaine de l’équipe : «On a fait un meeting et les joueurs ont tous voté et j’ai été désigné capitaine. Apparemment, ils aiment ma communication, mon énergie, mon leadership. Et franchement, c’est très cool! Il y a des mecs qui ont joué en France, en Turquie, en ABA League, en D1 italienne, bref, des joueurs énormes. Et se dire qu’ils m’élisent capitaine, ça veut vraiment dire beaucoup. Ça fait chaud au cœur.» Il entend bien être à la hauteur de son statut : «Je veux être un bon leader pour l’équipe. Un bon capitaine. Je veux qu’on joue comme une équipe et qu’on aille le plus loin possible.»
Je veux être un bon leader. Un bon capitaine
SE BATTRE POUR DES MINUTES
Être capitaine ne signifie pas pour autant être titulaire indiscutable. Et cela, Ben Kovac en est parfaitement conscient : «Sur sept matches, j’ai été six fois dans le cinq de départ. Mais ça ne veut rien dire. On a une équipe de 15 joueurs, ça veut dire une grosse rotation. On va jouer deux championnats, 70 matches dans l’année, donc ça va vraiment tourner.»
Et d’expliquer : «Sur certains matches, je vais peut-être jouer 30 minutes, d’autres 5, d’autres où je ne vais pas jouer ou pour lesquels je ne serai même pas sur la feuille de match! Le dernier match, j’ai joué 25 minutes, mais le prochain, ce sera peut-être 3.»
UN DÉBUT À CONTRE-EMPLOI
Un premier match officiel tranquille, la semaine dernière, sur le parquet de la modeste équipe de Kosice (59-94), dans lequel Ben Kovac a dû jouer contre nature : «J’ai joué en 4 parce qu’il y avait un mec blessé. Comme l’équipe était, avec tout le respect que j’ai pour elle, moins forte que nous, le coach a voulu tenter des choses. Mais j’ai joué toute la rencontre à cette position. C’était un peu bizarre, mais voilà quoi… Ça s’est bien passé, tout le monde a mis des points, même si j’aurais aimé marquer davantage (NDLR : il a compilé 6 pts, 3 rebonds, 3 passes et 2 interceptions en 24’03 »). On va dire que c’était pas trop mal. On est content si on gagne.»
Avoir la chance de jouer une telle compétition, c’est tout simplement incroyable!
L’ABA LEAGUE A BEAUCOUP PESÉ
S’il a décidé de rejoindre le Slovan Bratislava, c’est également pour retrouver l’Europe. Et un énorme niveau, puisque la formation de la capitale participe, en plus du championnat national SBL, à l’ABA League, la Ligue adriatique qui regroupe les meilleurs clubs d’ex-Yougoslavie ainsi que quelques clubs invités comme le Slovan Bratislava, le Cibona Zagreb ou encore Dubaï pour ne citer qu’eux : «Bien sûr que c’était une des raisons de venir ici. L’ABA, c’est le top 5 des championnats dans le monde. Les gens ne se rendent pas compte à quel point c’est très, très fort! Avoir la chance de jouer une telle compétition, c’est tout simplement incroyable. J’ai tenté ma chance. Je vais me battre pour avoir des minutes!»
Après leur victoire en championnat, Ben Kovac et ses coéquipiers devaient justement commencer leur aventure en ABA League le week-end dernier. Mais les débuts ont été retardés en raison d’une grève des arbitres de la compétition, qui réclament notamment une revalorisation salariale.
Les joueurs de la capitale joueront donc ce mercredi en championnat sur le parquet du BKM Lucenec avant de se rendre à Aleksandrovac, en Bosnie, pour y affronter le club d’Igokea… si la situation s’arrange : «On espère jouer, car on a déjà énormément de rencontres et peu de temps de repos. Donc, s’ils nous rajoutent encore des matches en retard, ça va faire beaucoup, beaucoup de matches!»
DES CONDITIONS IDÉALES
Pour se préparer dans les meilleures conditions possible, Ben Kovac est, a priori, plutôt bien tombé : «On a un préparateur physique qui est très, très attentif. Un coach qui est à l’écoute des joueurs. On a une application dans laquelle on renseigne nos données, comment on se sent, comment on a dormi, si on est un peu blessé. Quand tu vas en muscu, on te demande tes besoins. Et puis, on ne fait jamais trop de muscu.» Et il se sent visiblement bien dans la ville : «C’est la capitale, mais ce n’est pas non plus Paris. On n’est pas surstimulé. J’habite dans un quartier tranquille, l’appartement est bien, le management est bien, les coaches sont bien. Franchement, je pense avoir fait le bon choix!»
Romain Haas