Polémique en Belgique autour des bombardiers d’eau d’Aquarius AFF

En plein incendie des Hautes Fagnes, le départ de quatre avions d’Aquarius AFF d’un aérodrome dans la province du Limbourg suscite l’incompréhension et quelques malentendus. Le PDG de la filiale de Cargolux met les choses au clair.

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Le départ des quatre bombardiers de la filiale de Cargolux d'un aérodrome près de Genk a provoqué une polémique de l'autre côté de la frontière.
Le départ des quatre bombardiers de la filiale de Cargolux d'un aérodrome près de Genk a provoqué une polémique de l'autre côté de la frontière.

Alors que les pompiers luttent encore contre l’incendie dans la réserve naturelle des Hautes Fagnes, une polémique autour des bombardiers d’eau d’Aquarius AFF, filiale de Cargolux, enfle dans la province belge du Limbourg.

Le quotidien local Het Belang van Limburg (HBVL) a dévoilé lundi 17 août la décision d’Aquarius AFF de retirer quatre appareils stationnés à l’aérodrome de Zwartberg, près de Genk, d’ici la fin de l’année.

Une décision qui a suscité l’interrogation des citoyens et politiques alors qu’un incendie historique est en cours. La Belgique, qui ne dispose pas de ses propres avions bombardiers d’eau, se priverait-elle de recourir aux services des avions luxembourgeois?

L’incompréhension est d’autant plus grande que l’école de pilotage locale laissait entendre que le contrat d’Aquarius AFF avec l’aérodrome serait principalement rompu par l’incapacité de s’entraîner sur les plans d’eau environnants en raison du manque d’autorisation de la part des pouvoirs locaux.

Sur X, Theo Francken, le ministre de la Défense, s’est alors fendu d’un post afin de qualifier d’«inacceptable que ces pilotes ne puissent nulle part dans notre pays s’entraîner sur les lacs, canaux et rivières parce qu’il y a toujours bien quelqu’un ou quelque chose qui dépose une plainte ou dit non».

Ik noem het vertrek zelf niet onaanvaardbaar. Het is een privébedrijf… Ik vind het wel onaanvaardbaar dat deze piloten nergens in ons land kunnen trainen op meren, kanalen en rivieren omdat er altijd wel iemand of iets klacht indient of neen zegt. Dat is bekrompen en… pic.twitter.com/0wjyL6CPKw

— Theo Francken (@FranckenTheo) August 18, 2026

Un départ stratégique vers Vienne

Tandis que le ministre belge a demandé une médiation et l’intervention du gouverneur du Limbourg par rapport au manque d’autorisations, le PDG d’Aquarius AFF, Wieger Ketellapper, a réfuté ce motif de départ dans les colonnes du HBVL mardi 18 août.

«Nous sommes très satisfaits de notre emplacement à Zwartberg», affirme-t-il, bien qu’il ne cache pas que la démarche afin d’obtenir des autorisations de prélèvement d’eau «s’avère particulièrement complexe en Europe du Nord».

Concernant la fin de contrat, l’ancien pilote de Cargolux explique simplement qu’il s’agit d’une logique commerciale. Les appareils en question vont désormais être stockés à Vienne, où ils subissent des opérations de maintenance.

«Le stockage à Genk devient donc quelque peu superflu. De plus, à Vienne, ils sont plus proches de la Turquie, où nous avons de nombreuses missions».

Malgré ce choix, le prestataire privé ne veut pas couper ses liens avec la Belgique et assure vouloir «poursuivre notre collaboration en matière de formation des pilotes, même si celle-ci devra se dérouler à l’étranger».

Déploiement avorté dans les Hautes Fagnes

Dans son entretien avec le média flamand, Wieger Ketellapper souligne que les quatre avions légers amphibies AT802 n’étaient présents dans la province qu’en hiver, puisqu’ils sont loués dans des pays d’Europe du Sud le reste de l’année.

Zwartberg n’était qu’une base hivernale de stockage et d’entraînement, ce qui n’impliquait pas de contrat avec la Belgique et donc aucune possibilité de déploiement.

Le PDG d’Aquarius AFF révèle néanmoins qu’un avion aurait exceptionnellement pu être déployé contre l’incendie dans les Hautes Fagnes, en dehors des contrats de location. «L’appareil était prêt à décoller, mais au dernier moment, la demande belge a été annulée car le trafic aérien au-dessus de la zone sinistrée aurait été trop dense», fait savoir le PDG.

Il précise d’ailleurs que la délocalisation à Vienne n’interdit pas de futures collaborations avec le gouvernement belge. «Toutefois, aucune discussion concrète concernant une collaboration à long terme n’a encore eu lieu.»

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