Petite polémique syndicale chez Post

Le syndicat des P&T a trouvé injuste d’être écarté de certaines négociations et le président le met par écrit. L’OGBL et le LCGB lui répondent et, à leur tour, formulent des reproches.

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La communication passe mal entre le syndicat des P&T et les deux grandes centrales OGBL et LCGB. L’échange n’est pas toujours amical.
La communication passe mal entre le syndicat des P&T et les deux grandes centrales OGBL et LCGB. L’échange n’est pas toujours amical.

L’OGBL et le LCGB ont très moyennement apprécié les commentaires du président, Gilbert Goergen, dans la dernière publication du syndicat des P&T, écarté des négociations pour la transposition de la convention collective des salariés de l’État dans la convention collective de Post. Seuls certains points spécifiques doivent être repris et Gilbert Goergen, qui se targue de compter 75 % des fonctionnaires/salariés de Post dans le syndicat des P&T, juge «purement regrettable» de ne pouvoir être présent à la table des négociations.

«Nous ne pouvons accepter d’une interprétation purement juridique d’un seuil de représentativité de 50 %, alors que nous atteignons 49 % des salariés (privés), serve de prétexte pour écarter le syndicat des P&T de la table des négociations», écrit-il dans la dernière newsletter de l’organisation. Une situation qui, selon lui, «constitue une atteinte au dialogue social» et «manque de respect» envers les salariés membres du syndicat. Et il l’affirme «avec gravité».

Une situation d’autant plus incompréhensible pour le président, tant le travail avec les autres syndicats a toujours bien fonctionné. «Notre force a toujours reposé sur l’unité», souligne Gilbert Goergen. Mais il observe aujourd’hui une volonté de créer des divisions entre les syndicats.

Des considérations politiques auraient, selon lui, pris le dessus sur la défense des intérêts des travailleurs. «Ce qui nous interpelle également, c’est que les délégués du personnel, démocratiquement élus, n’ont à aucun moment été véritablement associés à cette décision», déplore-t-il. Ces délégués qui connaissent les réalités du terrain et qui doivent être «écoutés et respectés».

Le syndicat a du mal à croire que ces mêmes délégués aient pu soutenir une telle démarche sans avoir eu l’occasion de s’exprimer. En tout état de cause, il refuse d’accepter cette situation sans réagir et appelle au retour du dialogue social, convaincu «qu’une solution peut et doit être trouvée autour de la table des partenaires sociaux, dans le respect mutuel, la transparence et la démocratie syndicale».

En découvrant l’amertume du syndicat des P&T, l’OGBL et le LCGB ont diffusé, à leur tour, une communication qu’ils ont jugé nécessaire pour apporter «plusieurs clarifications afin d’éviter toute interprétation erronée de la position des organisations syndicales nationalement représentatives», estimant que «le dialogue social mérite la vérité, pas les caricatures!».

Reproches mutuels

D’abord les deux syndicats qui cosignent la réponse tiennent à rappeler que le syndicat des P&T n’a pas été exclu des préparatifs des négociations. Une réunion intersyndicale «a permis de définir ensemble les revendications» et le syndicat des P&T a approuvé la démarche de négociation ainsi que l’ensemble du catalogue de revendications. «Le LCGB et l’OGBL ont uniquement rappelé le cadre légal régissant la négociation et la signature des conventions collectives».

Ils fustigent la polémique déclenchée par le syndicat des P&T qui risque «de créer une opposition artificielle entre organisations syndicales». Autre reproche : le syndicat des P&T qui a approuvé l’ensemble des revendications communes, a publié ses propres revendications à l’issue de la réunion intersyndicale et après le début des négociations relatives aux nouvelles modalités applicables aux salariés de l’État de Post Luxembourg, sans en informer préalablement le LCGB et l’OGBL.

Concrètement, les troupes de Gilbert Goergen réclament aujourd’hui l’application du statut d’employé de l’État aux salariés de l’État de Post. «Cette démarche apparaît précipitée et manque de cohérence», estiment l’OGBL et le LCGB. Ils ne s’y opposent pas, mais soulignent que présenter cette perspective comme un avantage sans évoquer également les éventuelles pertes de droits ou d’acquis sociaux «revient à donner une image incomplète de la réalité».

Les deux centrales syndicales tenaient à rectifier les faits et se déclarent «pleinement engagées en faveur d’un dialogue social respectueux, transparent et conforme au cadre légal, avec un seul objectif : défendre durablement les intérêts de l’ensemble des salariés de Post Luxembourg».

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