Nicotine Socks détourne les codes des industriels pour informer les jeunes
Alors que les produits nicotiniques font un tabac chez les adolescents, Jugendinfo Lëtzebuerg se mobilise dans les lycées pour faire de la prévention.
À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac ce dimanche 31 mai, la campagne nationale Nicotine Socks rappelle l’urgence d’agir face à la banalisation croissante des produits nicotiniques chez les jeunes.
Une mobilisation qui intervient dans un contexte préoccupant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ayant récemment alerté sur les stratégies marketing agressives déployées par certaines marques de sachets de nicotine pour cibler les jeunes.
Avec des résultats directs : en 2025, l’enquête sur la prévalence tabagique au Luxembourg a révélé que 15 % des 16-24 ans consomment ces produits, tandis que près d’un quart utilise des cigarettes électroniques.
D’où l’inquiétude de la Conférence nationale des élèves du Luxembourg (CNEL) qui a lancé sa propre étude et établit que deux tiers des lycéens ayant déjà testé les sachets de nicotine continuent ensuite à en prendre.
Enfin, dans une publication du 15 mai dernier, l’OMS mettait à nouveau en garde le jeune public contre des produits nicotiniques présentés sous des formes attractives, aux saveurs variées et promus à travers des codes fortement inspirés des réseaux sociaux. Le but : banaliser la consommation de nicotine auprès des adolescents et jeunes adultes.
Face aux risques pour la santé, Jugendinfo Lëtzebuerg, le Centre national de prévention des addictions, Génération sans tabac et la CNEL, ont lancé cette année Nicotine Socks, une campagne de prévention qui détourne les codes du marketing des produits nicotiniques : humour, esthétique pop, et formats courts.
«Ni infantiliser ni faire la morale»
«Le principal défi sur ces sujets, c’est de s’adresser aux jeunes sans les infantiliser et sans leur faire la morale», explique Tiana Ranohavimanana de Jugendinfo Lëtzebuerg.
«C’est pourquoi, en plus de l’expertise de nos partenaires, on a travaillé avec un groupe de jeunes : ce sont les mieux placés pour faire passer le message de la bonne manière auprès de leurs pairs. On veut informer sans juger.»
À travers ces contenus diffusés dans les lycées et en ligne, la campagne veut ainsi aider les jeunes à identifier les mécanismes d’influence et à développer leur esprit critique.
«Ils sont assez grands pour comprendre les conséquences de la consommation de ces produits et faire leurs propres choix. Même si, à cet âge, l’influence du groupe peut peser lourd, sur le terrain, lors de nos actions de sensibilisation, on constate que beaucoup cherchent à comprendre.»
En tournée dans les lycées
La campagne s’étale sur toute l’année et comprend aussi la participation à différents évènements et opérations dans les lycées de la capitale. «On a déjà fait plusieurs sorties avec notre infobus, un véhicule aménagé spécialement dans lequel on peut organiser des jeux et des quiz par exemple.»
Voici les prochains rendez-vous de la tournée Nicotine Socks :
- 2 juin – Lycée technique du Centre
9 juin – Mission Nichtrauchen, place d’Armes/place
Guillaume-II
- 16 juin – Campus Geesseknäppchen
- 18 juin – Lycée technique de Bonnevoie
- 4 juillet – Festival Youth & Groove au Schluechthaus
11 juillet – Jugendfestival Mëttendran, amphithéâtre du
Kirchberg
- 26 septembre – Festival On Stéitsch au Schluechthaus
Questions-réponses issues de la campagne Nicotine Socks.
Pourquoi les ados sont-ils la cible privilégiée des industriels?
Parce qu’ils cherchent à essayer de nouvelles choses et deviennent dépendants plus rapidement. En effet, leur cerveau réagit plus fortement à la nicotine. Pour les fabricants, commencer tôt veut dire consommer plus longtemps, et donc davantage de profits.
Pourquoi est-il si difficile d’arrêter la nicotine?
Parce que le cerveau s’y habitue et en redemande. Le potentiel addictif de la nicotine est comparable à celui de la cocaïne et de l’héroïne. Après peu de temps sans nicotine, le corps réagit – parfois déjà après 1 à 2 heures, et on peut devenir plus irritable, agité(e) et avoir du mal à se concentrer.
Est-ce que l’âge du premier essai joue un rôle?
Oui, clairement. Plus on commence tôt, plus le risque de dépendance est élevé. À l’âge adulte, très peu de personnes commencent encore.