La Finlande, futur allié de taille dans l’espace

Le président finlandais, Alexander Stubb, a conclu mercredi sa visite d’État au Luxembourg. Il a souligné la volonté de renforcer la coopération bilatérale, en priorité dans le spatial.

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Alexander Stubb a reçu des mains de Luc Frieden un maillot de l’équipe nationale de cyclisme. Le président finlandais faisait du vélo avec Fränk Schleck lorsqu’il habitait au Luxembourg.
Alexander Stubb a reçu des mains de Luc Frieden un maillot de l’équipe nationale de cyclisme. Le président finlandais faisait du vélo avec Fränk Schleck lorsqu’il habitait au Luxembourg.

Ce fut «vraiment un retour à la maison» pour Alexander Stubb. Celui qui est aujourd’hui président de la Finlande a vécu pendant trois ans à Luxembourg au moment de travailler pour la Banque européenne d’investissement (BEI). Mardi, au premier jour de la visite d’État, une visite chez son ex-employeur figurait d’ailleurs au programme. «C’était un peu une promenade sur l’avenue de la nostalgie que de visiter la BEI et d’aller courir en Ville», a raconté Alexander Stubb lors de la conférence de presse de clôture de sa visite, à l’invitation du couple grand-ducal.

Sa fonction a changé, le contexte géopolitique aussi, faisant que cette première visite d’État du règne du Grand-Duc Guillaume, marquée par des moments de grande pompe – tel le dîner de gala au Palais mardi soir –, a aussi eu un volet politique très lourd. Après l’invasion russe de l’Ukraine, la Finlande, déjà membre de l’UE, a décidé d’intégrer l’OTAN. «Nous sommes de fervents défenseurs de l’UE, de fervents et solides soutiens de l’OTAN et également de fervents soutiens de l’Ukraine depuis le début», affirme Alexander Stubb aux côtés du Premier ministre, Luc Frieden.

La volonté commune de soutenir Kiev dans les domaines militaire, logistique et financier resterait intacte. La concession obtenue pour radier de la liste de sanctions de l’UE l’oligarque russe Mikhaïl Fridman n’y changerait rien, a aussi assuré le président finlandais (lire ci-contre).

Le renforcement des relations bilatérales a plus largement dominé la visite. Le secteur spatial est ainsi identifié comme futur domaine de coopération stratégique. «Vous avez été des pionniers dans les satellites et dans le domaine spatial. Et la Finlande est désormais en train de rattraper son retard. Il y a l’ancien spatial – l’Union soviétique, les cosmonautes, Youri Gagarine, les États-Unis et Neil Armstrong. Et puis, il y a le nouveau spatial qui est en plein essor», développe Alexander Stubb.

«Apprendre l’un de l’autre»

Le pays scandinave compte déjà des entreprises de pointe : ICEYE, productrice de microsatellites d’observation de la Terre, valorisée à 10 milliards d’euros, ainsi que Kuva Space, spécialisée dans l’observation hyperspectrale de la Terre, et ReOrbit, fabricant de satellites de communication.

Lors d’une visite auprès de SES, le pionnier luxembourgeois dans le domaine satellitaire, le président finlandais comptait découvrir quelles coopérations concrètes pouvaient être mises en place avec le Grand-Duché. «Une nouvelle ère s’ouvre aujourd’hui avec l’importance de l’espace et des satellites dans le domaine de la défense, des communications sécurisées et des communications quantiques. Il s’agit de domaines intéressants dans lesquels nous sommes impatients de travailler également avec nos amis finlandais», avance le Premier ministre luxembourgeois.

Le chef du gouvernement rappelle aussi le rôle de précurseur de la Finlande dans le domaine de la résilience. De bonnes pratiques ont trouvé leur place dans la stratégie luxembourgeoise. «Il est important que nous apprenions les uns des autres, particulièrement à une époque où notre époque et notre continent vivent un changement fondamental», termine Luc Frieden pour souligner l’alliance étroite entre les deux pays.

«La pression sur la Russie est maintenue»

Interrogé sur le retrait, à la demande du Luxembourg, du milliardaire russe Mikhaïl Fridman de la liste noire de l’UE, Alexander Stubb a fait remarquer qu’«il y a des moments où il faut faire valoir ses intérêts nationaux et agir. C’est compréhensible et acceptable.» «Mais, pour être franc, il serait exagéré de considérer que le retrait de deux personnes de la liste de sanctions constitue une manifestation de lassitude face à la guerre», ajoute le président finlandais. Avec les 22 paquets de sanctions et le maintien de sanctions contre 3 000 personnes, «la pression sur la Russie est maintenue. Elle la ressent clairement.»

Luc Frieden a aussi profité de l’occasion pour «réaffirmer que le Luxembourg reste fermement engagé dans son soutien à l’Ukraine». Le gouvernement luxembourgeois aurait «aussi fortement soutenu» le renouvellement de la liste de sanctions pour trois ans.

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