Finances publiques : le déficit réduit à 339 millions d’euros
À la veille du dépôt du projet de budget pour 2027, les finances publiques affichent une évolution solide à la fin du troisième trimestre 2026. Les recettes sont en hausse, les dépenses aussi.
Réuni lundi, le Conseil de gouvernement a adopté le projet de budget que le ministre des Finances, Gilles Roth, va officiellement déposer, mercredi matin, à la Chambre. En attendant, les députés de la commission de l’Exécution budgétaire ont pu prendre connaissance d’une évaluation positive des finances publiques.
Au 30 septembre, les recettes de l’État s’établissent à 23,9 milliards d’euros, soit 2,2 milliards de plus (+9,9 %) qu’au même moment en 2025.
Les dépenses sont elles également en hausse. Les 24,2 milliards d’euros débloqués jusqu’à la fin du troisième trimestre équivalent à un surplus de 1,98 milliard d’euros (+8,9 %) sur un an.
Le déficit intermédiaire de l’État central peut être ramené à 339 millions d’euros contre 521 millions d’euros fin septembre 2025. «L’effet ciseaux positif constaté fin juin se confirme», se félicité le ministère des Finances dans un communiqué. Au bout du second trimestre, l’État affichait un déficit de 104 millions d’euros contre 111 millions d’euros à la fin juin 2025.
Ces chiffres sont à mettre en relation avec le déficit global ancré dans le budget 2026, voté fin décembre dernier par la Chambre des députés. Le gouvernement a obtenu le feu vert pour dépenser 32,6 milliards d’euros, contrebalancés par des recettes de 31,1 milliards d’euros. En résulte un solde négatif de 1,49 milliard d’euros.
Il est trop tôt pour conclure que le déficit inscrit dans le budget 2026 pourra finalement suivre une trajectoire similaire à celle du budget 2024. Le solde négatif avait alors pu être ramené de 1,29 milliard d’euros à 228 millions d’euros (lire ci-contre).
«La prudence reste de mise»
Les tendances au niveau des recettes peuvent toutefois prêter à un certain optimisme. L’administration des Contributions directes a ainsi encaissé au bout des neuf premiers mois de 2026 un total de 11,9 milliards d’euros, un chiffre en hausse de 1,2 milliards d’euros (+11,6 %) par rapport à 2025.
Une «surperformance» des impôts prélevés sur les bénéfices des entreprises, passés à 3,3 milliards d’euros (+582 millions d’euros), explique cette croissance. S’y ajoutent les 239 millions d’euros provenant d’une nouvelle taxe internationale appliquée aux groupes multinationaux. L’impôt de solidarité a généré 610 millions d’euros (+51 millions d’euros).
La place financière continue à lourdement peser avec des recettes de 1,1 milliard d’euros (+106 millions d’euros) provenant de la taxe d’abonnement, perçue sur les transactions des fonds d’investissement. La TVA a rapporté 4,7 milliards d’euros (+341 millions d’euros).
Les recettes liées à la taxe CO₂ augmentent à 55,7 millions d’euros (+20,8 %). Par contre, les ventes de tabac et d’alcool rapportent moins d’accises : 1 milliard d’euros pour le premier poste (-7,1 %) et 43,3 millions d’euros pour le second (-17,3 %).
Dans sa globalité, l’administration de l’Enregistrement fait état de rentrées fiscales de 6,8 milliards d’euros, un montant en hausse de 964 millions d’euros (+16,5 %).
Du côté des dépenses, ce sont les transferts courants qui pèsent le plus lourdement. Citons à titre d’exemple les prestations sociales (2,18 milliards d’euros) et les transferts à la sécurité sociale (5,6 milliards d’euros).
«Je me réjouis de ces résultats globalement positifs dans un contexte difficile. Les finances publiques résistent bien et ouvrent une perspective favorable pour nos citoyens et tout particulièrement pour les jeunes générations. Je reste confiant pour l’avenir de notre pays, même si la prudence reste de mise», a affirmé le ministre Gilles Roth devant les députés. Son grand oral suivra mercredi matin.