Épidémie de bronchiolite : «Il vaut mieux rester loin des bébés»
Au vu de la forte multiplication des cas de bronchiolite chez les enfants en bas âge, les médecins spécialisés appellent à briser rapidement les chaînes d’infections. Les services pédiatriques sont débordés.
La ministre de la Santé, Paulette Lenert, avait confirmé en début de semaine que la situation était très tendue dans les hôpitaux en raison de l’épidémie de bronchiolite qui touche le Luxembourg. Lundi, tous les lits étaient occupés dans le service national de pédiatrie spécialisé ainsi qu’aux soins intensifs de la Kannerklinik du centre hospitalier de Luxembourg (CHL). Les 48 lits étaient occupés par des petits malades en soins normaux et soins intensifs pédiatriques, dont 31 pour le traitement de bronchiolites et 3 en raison de covid. Du côté des hôpitaux Robert-Schuman (HRS), cinq jeunes patients présentant une bronchiolite ont été hospitalisés.
Vendredi, la Société luxembourgeoise de pédiatrie a dressé un nouveau point d’une situation qui continue à fortement inquiéter. Désormais, la Kannerklinik du CHL, qui accueille l’ensemble des petits malades concernés, affiche complet avec 58 patients, dont 37 qui souffrent d’une bronchiolite, provoquée par le «Respiratory Syncytial Virus Infection» (RSV). Huit petits malades se trouvent en soins intensifs. Au vu d’une capacité qui touche à ses limites, deux enfants nécessitant des soins intensifs ont déjà dû être transférés à l’étranger.
Les pédiatres sonnent l’alerte. Il serait urgent de briser les chaînes d’infections en isolant au mieux les enfants de moins de 2 ans. «Le virus RSV se transmet de la même manière que le covid. Il est donc recommandé d’adopter les mêmes gestes barrières», souligne le Dr Serge Allard, président de la Société luxembourgeoise de pédiatrie (lire ci-contre). Avec le Dr Isabel De La Fuente, il fait un pas de plus en lançant qu’«il vaut mieux rester loin des bébés». Ils s’adressent bien aux personnes extérieures au ménage. Des conseils sont toutefois aussi prodigués aux parents, qui sont surtout invités à ne pas céder à la panique.
Attention particulière au moins de 2 ans
Pour rappel : courante et très contagieuse, la bronchiolite provoque chez les bébés une toux et une respiration difficile, rapide et sifflante. Si elle est angoissante pour les jeunes parents, elle est la plupart du temps bénigne. Des enfants plus âgés, surtout ceux de plus de 5 ans, sont moins exposés, même s’ils souffrent d’une forte fièvre. Consulter un pédiatre n’est pas forcément nécessaire : «Plus l’enfant est âgé, moins inquiétante est la fièvre», résume le Dr De La Fuente. Il est recommandé de recourir à des médicaments courants tels que le paracétamol.
Une attention particulière est à porter aux bébés de moins de 2 ans. Même en cas de simple rhume, les parents sont invités à se renseigner auprès d’un pédiatre. Si l’enfant souffre d’une respiration rapide, qu’il ne sait pas boire ou sourire et qu’il est fatigué en permanence, voire apathique, il est impératif de se rendre aux urgences de la Kannerklinik.
Depuis quatre semaines, le nombre d’hospitalisations ne cessent d’augmenter. L’épidémie de bronchiolite est plus précoce et plus grave que lors des années précédentes. Pour faire face à l’afflux de petits patients, toutes les interventions pédiatriques non urgentes au CHL ont été reportées ou annulées. Cela permet de libérer des capacités supplémentaires, y compris parmi le personnel soignant, toujours fortement fatigué par la pandémie de covid.
La direction du CHL a mis en place une cellule de crise spécifique. Elle est chargée de réaliser un suivi rapproché de l’évolution de la forte augmentation des cas de bronchiolite.