Drones au Findel : les procédures jugées «efficaces»
Des drones ont été aperçus dans la nuit de vendredi à samedi aux abords du Findel. Cet incident soulève de nombreuses questions. Contacté par nos soins, un représentant de l’entreprise LUXUAV, spécialisée dans la fabrication de drones au Grand-Duché, nous répond.
Comme dans d’autres pays d’Europe, des drones ont survolé le Luxembourg, et plus particulièrement les abords de l’aéroport du Findel, durant la nuit de vendredi à samedi. ainsi que lundi soir. Cette intrusion dans l’espace aérien luxembourgeois a suscité de nombreuses interrogations qui demeurent, à ce stade, sans réponses.
Si les suppositions vont bon train quant à l’origine de ces engins, un représentant de l’entreprise LUXUAV, spécialisée dans la fabrication de drones au Luxembourg, apporte quelques éléments d’éclairage.
«Les drones qui ont survolé l’aéroport avaient une envergure d’environ un mètre et étaient équipés de quatre moteurs. Ces appareils disposent d’une autonomie d’environ une heure de vol. Ils ont donc vraisemblablement décollé à une distance n’excédant pas une trentaine de kilomètres du lieu où ils ont été observés.»
Cette information ne permet toutefois pas de déterminer précisément l’origine des appareils.
«Il peut s’agir d’un particulier qui s’est amusé avec ce type d’appareil et qui se trouve dès lors dans l’illégalité», poursuit le spécialiste, qui précise que des engins d’une telle taille sont rarement pilotés par des particuliers. Il envisage dès lors une autre hypothèse.
«Bien que les points lumineux observés puissent, à première vue, sembler incompatibles avec l’hypothèse d’appareils militaires, ceux-ci n’étant généralement pas dotés d’un éclairage aussi visible, il n’est pas exclu qu’il se soit agi d’aéronefs militaires volontairement équipés de feux de navigation afin d’apparaître comme des appareils civils. Leur mission aurait alors pu consister à tester, de manière discrète, la capacité de détection de ce type d’engins par les radars de l’aéroport. Visiblement, les procédures mises en place par l’aéroport se sont révélées efficaces et toutes les mesures nécessaires ont été prises pour éviter une collision avec des avions de ligne ainsi que toute mise en danger des passagers.»
Les intercepter sans les détruire
Le système de détection radar ne permet cependant pas d’identifier le pilote du drone, ni même de localiser son point de départ. Abattre ces engins n’aurait probablement pas permis d’apporter davantage de réponses.
«Les drones peuvent être complètement anonymisés et les débris ne permettraient pas nécessairement d’identifier l’origine ou le propriétaire de l’appareil. Par ailleurs, abattre un drone générerait de nombreux débris qui se disperseraient sur les pistes de l’aéroport et nécessiteraient un important et fastidieux travail de nettoyage», détaille le spécialiste des drones, qui préconise d’autres mesures.
«Il n’y a pas lieu de céder à la panique. En revanche, les infrastructures doivent être sécurisées et il faut disposer de plans ainsi que de moyens techniques permettant l’interception de ces engins sans les détruire. Une réflexion doit être menée et il est impératif de se préparer et de s’équiper pour lutter contre ce type d’incursion», conclut le constructeur de drones.
Dans ce contexte, Luc Frieden, le Premier ministre, avait pris contact dès samedi avec «les amis et alliés du Luxembourg».
«Nous faisons face à une situation nouvelle à l’échelle européenne. C’est pourquoi il est important de pouvoir compter sur nos partenaires et alliés au sein de l’OTAN et de l’Union européenne», a-t-il indiqué, rappelant que l’objectif prioritaire du gouvernement est «d’écarter toute menace pour le pays et de protéger la population, avait-il indiqué, se voulant rassurant.