Droit de vote à 16 ans : les jeunes veulent commencer par les élections communales
Le Parlement des jeunes entend relancer le débat sur l’abaissement de l’âge du droit de vote à 16 ans pour les élections communales. Son président, Julien Lemmer Veloso, défend une démarche progressive, accompagnée d’un renforcement de l’éducation politique et citoyenne.
La revendication n’est pas nouvelle. Dans une déclaration publiée le 7 septembre, plusieurs anciens présidents et présidentes du Parlement des jeunes ont soutenu, à titre personnel, l’initiative du bureau exécutif de déposer un avis demandant l’introduction d’un droit de vote volontaire à partir de 16 ans aux élections communales. Le texte rappelle que l’institution s’est déjà prononcée à plusieurs reprises en faveur du vote à 16 ans depuis 2009.
«L’avenir est aujourd’hui de plus en plus incertain, notamment avec le changement climatique, le développement de l’intelligence artificielle, les guerres et d’autres grands défis auxquels notre société est confrontée», souligne Julien Lemmer Veloso, actuel président du Parlement des jeunes.
Les jeunes ne sont toutefois «pas réellement inclus dans les processus de décision politique» sur des enjeux qui détermineront directement leur avenir. Une évolution de l’âge du droit de vote apparaît donc «particulièrement pertinente» aujourd’hui. Elle permettrait aux jeunes de «participer davantage aux décisions qui détermineront leur avenir» et de faire entendre leur voix sur la manière dont ces grands défis doivent être abordés.
Un premier pas au niveau communal
La déclaration vise à introduire le droit de vote dès l’âge de 16 ans dans le cadre des élections communales. «C’était en fait le compromis», explique Julien Lemmer Veloso. Lors des discussions au sein du Parlement des jeunes, certains membres estimaient que les jeunes n’étaient pas prêts à voter à 16 ans. Le niveau communal a donc été retenu comme une première étape.
«C’est le plus proche des jeunes, souligne le président. C’est à l’échelle locale qu’ils habitent, utilisent les transports, pratiquent des activités sportives ou participent à des événements.» L’idée serait ainsi de leur permettre de prendre part aux décisions qui concernent directement leur quotidien, avant d’éventuellement élargir la réflexion au niveau national.
«Les statistiques montrent qu’il n’y a pas de grandes différences de maturité entre une personne de 16 ans et une personne de 18 ans», poursuit le président, qui estime donc qu’elles ne justifient pas, à elles seules, de leur refuser le droit de vote. Il rappelle toutefois que le Parlement des jeunes considère nécessaire de renforcer l’éducation politique.
Former les futurs électeurs
Pour Julien Lemmer Veloso, l’éducation à la citoyenneté doit commencer tôt et permettre aux jeunes de comprendre les institutions, l’actualité et le fonctionnement démocratique. Il cite notamment les simulations parlementaires, déjà organisées au Luxembourg, mais «pas dans toutes les écoles».
L’objectif de l’éducation politique n’est pas, selon lui, de transmettre une orientation politique, mais bien de donner aux jeunes les outils pour «former leur propre opinion» et développer leur esprit critique.
Une nouvelle approche après 2015
La question reste politiquement sensible depuis le référendum de 2015, lors duquel les électeurs avaient rejeté l’abaissement de l’âge du droit de vote.
Le Parlement des jeunes souhaite aujourd’hui emprunter une autre voie : un droit de vote volontaire pour les 16-17 ans. Les jeunes pourraient choisir de voter ou non, sans que la participation ne devienne obligatoire.
Leur représentation mène actuellement un suivi auprès des partis et de leurs organisations de jeunesse afin de connaître leurs positions et de chercher un soutien à cette proposition.
Les réseaux sociaux en question
Face à l’argument de l’influence des parents, de l’entourage ou des réseaux sociaux, le président estime surtout nécessaire de donner aux jeunes les outils pour vérifier les informations et former leur propre opinion.
Il renvoie également les politiques à leur propre responsabilité : «Le débat doit s’appuyer sur les faits et éviter les discours populistes.» Accorder le droit de vote aux 16-17 ans pourrait aussi contraindre les partis à davantage prendre en compte cette tranche d’âge, estime le président. «Ils devraient intégrer leurs préoccupations dans leurs programmes et s’adresser davantage à eux pendant les campagnes.»
Pour lui, laisser les 16-17 ans en dehors du processus électoral alors qu’ils sont concernés par les décisions politiques revient finalement à créer une forme de «discrimination de l’âge». Le Parlement des jeunes entend donc poursuivre son travail pour rouvrir le débat.