Tuning : la police ouverte à une rencontre avec les clubs

La police grand-ducale ne ferme pas la porte au dialogue réclamé par les clubs de tuning homologués. Elle se montre en revanche bien moins diserte sur l’ampleur des rassemblements sauvages qu’elle ne l’était il y a deux ans.

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Fin septembre, dans nos colonnes, Mauro Gomes, vice-président de l’ASBL Streetkings, appelait de ses vœux une réunion avec les forces de l’ordre et une reconnaissance officielle des clubs établis. Sollicitée alors, la police n’avait pas répondu avant publication. C’est désormais chose faite : le service national de circulation et de sécurité routières «ne se ferme pas à ce genre de demandes», nous a écrit la direction de la communication vendredi.

Dans sa réponse, la police grand-ducale ne reprend pas la thèse de Mauro Gomes, pour qui les difficultés à légaliser un club poussent les passionnés vers l’organisation clandestine. Elle décrit plutôt une scène «en constante évolution». Auparavant, il s’agissait surtout d’exposer son véhicule entre passionnés. Désormais, sous l’influence des réseaux sociaux, des tendances venues d’outre-mer gagnent l’Europe, dont les takeovers, où une foule de participants s’approprie l’espace public, à la manière d’un flashmob, pour s’y créer une zone prétendument hors-la-loi. Une illusion, rappelle la police, qui dit sanctionner ces rassemblements.

Deux grands rassemblements en deux ans

Là où le discours a changé, c’est lorsque l’on regarde les données disponibles. En 2024, le commissaire en chef André Schaack recensait 31 événements de ce type en 2023, contre 10 en 2020. Pour 2025 et 2026, la police grand-ducale juge aujourd’hui «difficile» d’établir un décompte précis, une partie des rassemblements pouvant échapper aux autorités. Dans sa réponse, elle fait état de deux rassemblements de grande envergure sur le territoire et insiste sur la position géographique du pays : bien des convois ne font que traverser le Luxembourg pour rejoindre des événements chez ses voisins.

Par ailleurs, le nombre de saisies et de mises en fourrière liées au phénomène «ne peut pas être déterminé automatiquement». Parmi les infractions, les irrégularités sur les systèmes d’échappement reviennent régulièrement, aux côtés des excès de vitesse et des manœuvres dangereuses. Fort heureusement, aucun accident grave lié à ces rassemblements n’a été signalé à ce jour. Les plaintes des riverains portent essentiellement sur le bruit : moteurs, accélérations répétées, crissements de pneus.

Pour anticiper ces rassemblements, la police grand-ducale assure surveiller les réseaux sociaux où ces rendez-vous sont annoncés et échanger en temps réel avec ses homologues belges, allemands et français par le Centre d’intervention national et les centres de coopération policière et douanière.

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