Procès Taoussi : «Mon fils est tout pour moi»

Le procès de Mohammed Taoussi s’est ouvert ce lundi devant la cour d’assises d’Arlon. L’habitant d’Habay-la-Vieille est accusé, entre autres, du meurtre de son fils, âgé de 3 ans.

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Les avocats de Mohammed Taoussi.
Les avocats de Mohammed Taoussi.

La journée a débuté par la lecture de l’acte d’accusation, un document d’une trentaine de pages qui reprend les faits reprochés à l’accusé et qui a été lu par l’avocat général.

Ce document reprend les dernières heures de l’enfant, mais aussi le parcours de vie de l’accusé, un judoka marocain de haut niveau arrivé en Belgique en 2017, qui rencontrera, en 2018, une jeune femme belge qui deviendra la maman du petit Wassim. Après la naissance de l’enfant, le 2 juin 2020, la vie du couple s’est dégradée et plusieurs disputes ont éclaté.

«J’ai élevé mon fils tout seul durant plusieurs mois. Ma femme est partie, je ne sais pas où. Je jouais le rôle du papa et de la maman. Il n’y a que lui donner le sein que je ne faisais pas», a détaillé le père de famille, reconnaissant «qu’il avait vécu des moments particulièrement difficiles».

Alors que l’enfant n’avait pas encore deux ans et que le couple était séparé, la maman de Wassim est tragiquement décédée dans un accident de voiture. Un moment difficile à vivre pour le père de famille, qui a compris qu’il devrait désormais élever son fils seul.

Décès de la maman de l’enfant

Selon des témoins, après le décès de son ex-épouse, Mohammed Taoussi s’est montré moins patient et plus violent avec l’enfant, à qui il aurait déjà porté des coups.

Après l’exposé des faits, le président de la cour a procédé à l’interrogatoire de Mohammed Taoussi.

Le juge l’a notamment interrogé sur les différents passages de l’enfant à l’hôpital pour des blessures relativement importantes, comme une épaule déboîtée, une fracture du fémur ou encore un abcès au niveau de l’arrière du crâne. Pour ces blessures, il donne quelques explications.

«On a joué au cheval. Il est monté sur mon dos et je l’ai blessé à l’épaule sans le vouloir.»

80 lésions sur le corps

Concernant la fracture du fémur, Mohammed Taoussi a expliqué qu’il était dans la salle de bains et que son petit garçon avait grimpé le long du radiateur avant de chuter. Interrogé au sujet de l’abcès présenté par son fils au niveau du crâne, l’accusé a indiqué qu’il s’agissait probablement d’une piqûre d’insecte qui s’était infectée.

Concernant les quatre-vingts lésions récentes constatées sur le corps du petit garçon lors des examens post mortem, le père de famille est incapable de les expliquer. S’il reconnaît avoir été seul en présence de son fils durant ses derniers jours, il a indiqué ne l’avoir jamais frappé.

«Parfois, je m’énervais, mais pas parce que je ne l’aimais pas. Simplement parce que je ne voulais pas qu’il se mette en danger ou qu’il fasse certaines choses. C’était de l’éducation. Wassim était la personne à laquelle je tenais le plus et je l’ai perdu», s’est ému le père de famille.

Les conclusions des enquêteurs

L’après-midi, les enquêteurs ont exposé leur travail ainsi que leurs conclusions. Les examens post mortem effectués ont révélé de nombreuses lésions sur l’ensemble du corps de l’enfant. Des ecchymoses résultant de coups portés avec un objet contondant ou de contacts avec une surface plane ont été découvertes sur tout le corps de l’enfant.

Au total, pas moins de 80 lésions ont été découvertes sur la petite dépouille. Des blessures qui datent de maximum 48 heures avant le décès.

Parmi les autres devoirs d’enquête réalisés, il y avait également une perquisition au domicile du père de famille.

«L’appartement était dans un état général précaire. Un grand frigo n’était pas branché, mais rempli de déchets. Il régnait aussi dans l’appartement une forte odeur de cannabis, l’accusé étant consommateur», explique un enquêteur. D’autres enquêteurs ont procédé à l’inventaire des denrées alimentaires retrouvées dans l’appartement.

Ils n’ont recensé que peu d’aliments frais. Dans les armoires, les policiers ont retrouvé du pain industriel, des biscuits, des chips, des œufs et du miel. La plupart de ces denrées étaient périmées.

Selon les enquêteurs, l’enfant, que son père décrit comme étant malade depuis plus d’une semaine avant son décès, n’avait pas été présenté à un médecin depuis le 19 septembre 2023, jour où une importante masse a été découverte sur le crâne de l’enfant.

C’est finalement le 25 novembre, vers midi, que le père de famille s’est rendu avec l’enfant inconscient dans les bras chez un voisin. Ce dernier a appelé les services de secours et une réanimation a été engagée. L’enfant n’a pas survécu et est finalement décédé le samedi 25 novembre, en milieu d’après-midi.

Le 27 novembre, le trentenaire a été placé sous mandat d’arrêt par la juge d’instruction pour le meurtre de son fils. Les préventions de coups et blessures volontaires ainsi que de privation de nourriture et de soins seront ajoutées par la suite.

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