Incendie de Gandrange : un bassin inadéquat à la défense incendie

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Pour pallier l’arrêt du système d’arrosage automatique de l’entrepôt, un bassin avait été rempli d’eau pour assurer la défense incendie.
Pour pallier l’arrêt du système d’arrosage automatique de l’entrepôt, un bassin avait été rempli d’eau pour assurer la défense incendie.

Trois semaines tout juste après le feu d’ampleur chez Safe à Gandrange, la préfecture révèle que la défense incendie temporaire mise en place par l’usine ne respectait pas les règles.

Au premier abord, on aurait pu croire à un mauvais alignement des planètes ce dimanche 2 août, le jour où le feu s’est déclaré sur le site Seveso : un réseau d’eau pour la défense incendie en maintenance; un système d’arrosage automatique inopérant en raison de cette coupure de l’alimentation; la mise à disposition d’un bassin d’eau comme solution de secours en cas de sinistre mais inaccessible aux pompiers ce jour-là. «Les éléments ont joué contre nous», soufflait il y a peu un porte-parole du groupe Suez, propriétaire de l’usine Safe à Gandrange-Amnéville.

Mais la question de l’emplacement dudit bassin, situé à côté de l’entrepôt ayant brûlé, méritait également d’être posée. «Faut-il déplacer le bassin vers un endroit plus éloigné? Trop tôt pour le dire. Il y aura un retour d’expérience», répondait la voix communicante. Pour rappel : cette défense incendie était temporaire, opérationnelle le temps d’un week-end (le premier week-end d’août), soit le temps nécessaire pour ces travaux de maintenance annuels sur le réseau d’eau.

Un bassin mal situé

Mais la préfecture de la Moselle révèle au Républicain lorrain, après avoir été sollicitée, que ce réservoir n’était pas aux normes pour assurer cette protection incendie. Dans un mail envoyé vendredi soir à notre rédaction, les services de l’État précisent : «L’exploitant (Safe) a déclaré avoir pris connaissance de la maintenance programmée sur le réseau incendie par le gestionnaire ArcelorMittal Gandrange (NDLR : propriétaire de tout le site sur lequel sont implantées plusieurs entreprises). L’exploitant a réalisé en mesure compensatoire le remplissage de son « bassin d’avarie » de 850 m3, un bassin normalement prévu pour le confinement des eaux d’extinction.»

Seulement voilà, comme l’avance la préfecture : «Le remplissage volontaire d’un bassin de rétention des eaux d’extinction n’est pas conforme et ne permet pas de garantir la protection incendie requise. De fait, la mesure compensatoire mise en œuvre ne constitue pas un substitut équivalent au système d’extinction automatique puisqu’il ne permet pas une action d’extinction dès le départ de l’incendie.» L’autorité régulatrice rappelle d’ailleurs que ledit réservoir «n’a pu être utilisé lors de l’intervention des services de secours du fait, notamment, de sa présence en pleine zone d’effet thermique».

Ces constatations, dressées lors de la dernière inspection de la Dreal au lendemain de l’incendie, ont été communiquées aux responsables de Safe. On est bien ici dans une procédure contradictoire, c’est-à-dire que chaque partie a connaissance des faits retenus contre elle et dispose du temps nécessaire pour y répondre. La préfecture annonce ainsi : «La phase contradictoire s’achève et permet d’établir le rapport définitif d’inspection (de la Dreal).»

Ce document devrait être rendu public «lundi ou mardi, au regard des procédures de publication et bien entendu après en avoir informé l’exploitant». Il était difficile de joindre un responsable de Suez samedi mais la communication du groupe a toujours assuré jouer la carte de «la transparence» et coopérer avec l’État.

Par ailleurs, la préfecture précise à propos des mesures post-accidentelles (air, eau, sol) : «Les résultats de ces analyses disponibles à ce jour ne mettent pas en évidence de contamination liée à l’incendie et susceptible d’entraîner un risque pour la population.» Néanmoins, une nouvelle phase de prélèvements a débuté cette semaine. Les résultats seront connus «d’ici quelques semaines». En attendant, les mesures sanitaires préconisées par le préfet le 4 août restent en vigueur.

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