Feux de haies à Metz : un homme de 23 ans condamné

Publié Modifié
Le jeune homme vivait à quelques centaines de mètres de la maison où s’est produit le feu de haies du 5 juillet.
Le jeune homme vivait à quelques centaines de mètres de la maison où s’est produit le feu de haies du 5 juillet.

Un homme suspecté d’être l’auteur d’un feu de haies à Metz-Vallières a été condamné. L’individu de 23 ans a nié être responsable des autres incendies qui ont semé la panique dans le quartier tout l’été.

Depuis des mois, les habitants de Metz-Vallières dénonçaient les agissements d’un ou plusieurs individus rôdant la nuit pour mettre le feu aux haies des propriétés privées. Les investigations piétinaient, jusqu’à l’interpellation d’un jeune homme du quartier, le 6 août, pour un feu déclenché le 5 juillet.

Cette nuit-là, vers 4 h du matin, un riverain de la rue des Tilleuls est réveillé par les flammes qui dévorent sa haie sur une vingtaine de mètres. Le feu est vite maîtrisé, mais grâce aux caméras de vidéosurveillance de la Ville, les enquêteurs identifient un suspect : un homme en maillot de foot, filmé jetant un objet vers les haies depuis une draisienne noire. Interpellé dès le lendemain, il nie tout en garde à vue et, faute de preuves, il est relâché.

Mais les policiers reprennent les images d’une autre caméra, plus tôt dans la soirée. On y voit alors le suspect au maillot de foot en compagnie d’un groupe d’amis, dont le frère, âgé de 23 ans, du premier. Une perquisition au domicile familial permet de retrouver la draisienne. Placé en garde à vue à son tour, le jeune homme de 23 ans nie d’abord, avant de reconnaître les faits devant le procureur. Sa version : il aurait jeté un briquet, qu’il gardait dans sa poche pour sa compagne fumeuse.

Pourquoi être finalement passé aux aveux ? «J’avais peur qu’on m’accuse de tous les autres incendies du quartier», explique-t-il. Rassuré sur le fait que seul le 5 juillet lui était reproché, il a préféré reconnaître les faits. Quant à son geste, il peine à l’expliquer : «Je ne sais pas, j’étais sous alcool. Même aujourd’hui, je ne comprends pas pourquoi j’ai fait ça.»

Pas de pyromanie

Selon le Dr Vlamynck, le prévenu ne souffre d’«aucun trouble de la pyromanie» : il n’a simplement «pas réfléchi», tout en admettant avoir eu conscience du danger pour les habitants. Le ministère public se montre inflexible, rappelant que des vies ont déjà été perdues dans des incendies d’habitation. La défense, assurée par Me Lorène Steimetz, tempère : il s’agissait d’un «feu de broussailles de faible ampleur, rapidement éteint par le propriétaire au tuyau d’arrosage avant même l’arrivée des pompiers, qui n’ont fait qu’arroser la haie par précaution». Selon l’avocate, sans le climat national autour des feux de forêt cet été, son client aurait sans doute été jugé plus simplement.

Le tribunal a suivi les réquisitions : 8 mois de prison ferme. Le jeune homme, cuisinier dans un café du centre commercial Saint-Jacques, devra aussi verser 790 euros au service d’incendie et de secours de la Moselle (SDIS) pour couvrir les frais d’intervention. Cette peine s’ajoute aux 12 mois d’emprisonnement qu’il effectue depuis son déferrement devant le parquet début août pour un vol en réunion. Depuis son incarcération – et même quelques jours avant, selon la défense –, plus aucun feu de haies n’a été signalé à Vallières.

Reste une question en suspens : qui est derrière les autres incendies de l’été, et ceux des années précédentes ?

Célia Simon (Le Républicain lorrain)

Powered by Labrador CMS