Deux fillettes accusent leur père de violences

Deux sœurs accusent leur père de méthodes d’éducation violentes. Ce dernier minimise la brutalité et la régularité des coups et prétend avoir voulu leur inculquer le respect.

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Les deux fillettes n'étaient pas présentes à l'audience. Elles étaient représentées par une avocate.
Les deux fillettes n'étaient pas présentes à l'audience. Elles étaient représentées par une avocate.

«Elles ont exagéré», assure le père de deux fillettes de sept et dix ans face à la 7e chambre correctionnelle du tribunal d’arrondissement de Luxembourg. L’homme de 48 ans est accusé de leur avoir régulièrement asséné des coups de cuillère en bois, de bâton, de ceinture ou de sandales sur l’ensemble du corps. «Je leur ai donné des petites tapes avec des ceintures en tissu ou des tongs légères parce qu’elles manquaient de respect.»

Les deux gamines se sont confiées à une éducatrice de leur maison relais qui a effectué un signalement à la police. La plus jeune des deux sœurs s’était mal comportée avec un camarade et craignait que l’incident soit rapporté à son père. Envisageant cette perspective et les conséquences, elle a commencé à pleurer.

Mauvaises notes, bêtises d’enfant, désordre… Le père de famille ne laissait rien passer, ont dénoncé les enfants il y a quelques mois de cela. «C’était pour leur faire peur. J’aime mes enfants, je ne leur veux pas de mal ou les blesser», poursuit le père de famille, qui dément les accusations portées contre lui.

Selon l’aînée des deux sœurs, il aurait commencé à les sanctionner par les coups quand elle avait deux ans. Elle évoque des hématomes qui n’ont cependant pas pu être constatés par le personnel enseignant et par les policiers. Ni par la mère des deux enfants.

Interrogée dans le cadre de l’enquête, la maman, elle aussi accusée de violences dans une moindre mesure par ses filles, a prétendu ne jamais avoir vu son époux les frapper, mais a reconnu se souvenir d’un épisode où elles s’étaient mal comportées à la maison relais et avaient écopé de coups de la part de leur père.

Inculquer le respect

«Je leur avais expliqué à de nombreuses reprises comment se comporter et respecter les autres, mais elles n’en faisaient qu’à leur tête», ajoute calmement le père de famille à la barre. L’avocate des deux enfants a indiqué que pour ses jeunes clientes et plus principalement pour l’aînée, «la situation était devenue une normalité». «La justice doit leur faire comprendre que cela ne doit pas être le cas.» Elle a réclamé deux fois la somme de 2 500 euros contre le père de famille en leur faveur.

«Les filles sont claires dans leurs déclarations. Elles ont décrit calmement les actes reprochés. Rien ne permet de douter de leur crédibilité. Leur mère a en outre confirmé un incident», estime la représentante du ministère public. «Leur père prétend avoir agi dans un but éducatif pour leur imposer des limites», mais «il existe d’autres moyens d’éduquer des enfants et d’exercer son autorité parentale». Elle a requis une peine de 18 mois de prison ainsi qu’une amende à son encontre et ne s’est pas opposée à un sursis intégral en sa faveur. «Les enfants doivent avoir confiance en leurs parents et pas peur.»

Le prévenu n’aurait fait que reproduire «l’éducation musclée» qu’il a connue de la part de sa maman, selon son avocat. Le dossier ne renseignerait, note-t-il, «pas d’éléments objectifs sur la régularité des coups» ou leur intensité, ni sur des blessures ou un «climat de peur».

Les châtiments corporels n’auraient été que «des outils de dernier ressort dans l’intention de donner un cadre structuré aux deux fillettes», assure l’avocat. Son client aurait depuis changé de méthode d’éducation. De même, le tribunal de la jeunesse ne lui aurait pas imposé de mesures de soutien éducatif particulières.

Il appartient désormais au tribunal de décider «si la gravité des faits dépasse les violences légères ou pas», indique l’avocat, qui prie le juge d’éviter la prison à son client et de ne le condamner qu’à une amende ou à du travail d’intérêt général. La chambre correctionnelle prononcera son jugement le 22 octobre.

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