«Le client doit se sentir à l’aise» : lumière sur le nettoyage écologique des trains des CFL
Il n’y a pas que sur les rails que les CFL s’activent. Chaque jour, les trains en service sont inspectés et nettoyés. Nous nous sommes rendus au centre de remisage et de maintenance.
S’il y a bien une chose qui fait la force des trains du Luxembourg, en plus de leur gratuité, c’est leur propreté. Chaque jour, ils sont des dizaines à laver, balayer, nettoyer et remettre en ordre les différents véhicules qui assurent le trafic des CFL. Une organisation plus que millimétrée que nous avons pu observer au centre de remisage et de maintenance à Luxembourg.
Avant d’entrer dans les coulisses de cette fourmilière ferroviaire, la prudence est de mise. Exit les chaussures de ville, bonjour les bottes de chantier. Certes moins esthétiques, mais largement plus sécurisantes. À cela s’ajoute un gilet orange. «Il faut rester voyant», nous lance-t-on, et pour cause! Nous traversons des rails, et même si les trains circulent doucement, il faut faire attention, toujours regarder devant soi et rester groupés.
Une organisation millimétrée
Comment nettoyer un train? La première étape de notre visite nous amène au hall de nettoyage.
Il y a du décrassage, pour nettoyer sous le véhicule, du détartrage pour retirer les résidus comme le calcaire. Et si certaines saletés peuvent se nettoyer à la main, d’autres demandent d’utiliser le Kärcher, comme pour le dégraissage.
Et bien entendu, aucun graffiti n’est accepté! Dès qu’il y en a un, le train devient indisponible jusqu’à ce qu’il ait été nettoyé.
En fait, parler de nettoyage au singulier est une erreur de langage : il y en a quatre.
Mike Threis, responsable Nettoyage matériel roulant, les énumère : «Il y a l’I1, un nettoyage journalier, qui dure entre 15 et 20 minutes». L’idée, c’est de maintenir le train propre. S’ensuit l’I2, toutes les deux semaines : «C’est un peu comme le nettoyage à la maison, poursuit-il, on repasse sur les sols et un peu partout, sans entrer dans le détail». Le détail, c’est pour l’I3, effectué tous les trois mois, il sert surtout à nettoyer chaises, moquette de la première classe et recoins. Enfin, la totale, c’est pour l’I4. «Le train sort comme neuf», ajoute Mike Threis. C’est un nettoyage annuel.
Parfois, il arrive que quelque chose ou quelqu’un vienne salir le train entre deux arrêts. Ce n’est pas un problème pour les CFL. Entre deux voyages, un lavage express s’organise pour garder les wagons dans un état superbe.
À proximité des trains, on tombe sur des petites camionnettes qu’on nous présente comme des «caca-mobiles». «Il y a sans doute un nom scientifique, mais ici on l’appelle comme cela», plaisante le responsable en communication des CFL, Tom Ewert.
Derrière ce patronyme qui prête à sourire, ces véhicules sont d’une importance capitale : «Ils servent à retirer les eaux usées pour les remplacer par de l’eau fraîche». C’est essentiel de retrouver les sanitaires dans un «état acceptable», complète Mike.
Un nettoyage écologique
Dans l’ombre, des dizaines de petites mains s’activent à l’intérieur des wagons. C’est le cas de Maria, femme de ménage, qui explique : «Pour le I1, on passe un coup de balai, on nettoie les tableaux de bord, on vide les poubelles». Concernant les déchets, l’écologie est le maître-mot ici. Les anciens trains contiennent des mini-poubelles au niveau des sièges, peu adaptées au tri des ordures. Dans les nouvelles séries, elles sont remplacées par des poubelles centralisées, au niveau des portes, favorisant le tri.
Un souci écologique qui se retrouve dans le lavage des trains. La deuxième grande étape de notre visite. «C’est un car wash XXL», lance Mike Threis. Deux énormes brosses entourent le véhicule et le lavent de l’extérieur. La durée moyenne pour cette douche pour wagon est de 30 minutes.
La vraie réussite derrière tout ça? Le lavage consomme très peu d’eau. «Nous sommes passés de quelque chose de chimique à un recyclage de l’eau écoresponsable», annonce fièrement Mike Feinen, responsable maintenance lavage. Il poursuit : «Auparavant, nous utilisions 60 litres d’eau par mètre de train, contre seulement 5 aujourd’hui».
Les 120 000 litres utilisés pour ce lavage sont constamment réutilisés grâce à un système situé sous le hall de lavage. Avant, différents agents chimiques étaient présents dans l’eau. Maintenant, l’extrême majorité a été retirée pour rendre le liquide le plus écoresponsable possible.
C’est pratiquement la même eau depuis le début. Le secret pour la conserver? Le mouvement! Une eau qui stagne commence à pourrir. À la sortie, le liquide est clair, comme s’il venait de tomber du ciel.