La construction durable du projet Kiem 2050

Le groupe belge CIT Group a dévoilé les ambitions pour Kiem 2050, un chantier transfrontalier de redéfinition de l’habitat urbain alliant économie circulaire et transition bas carbone.

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La fin du projet Kiem2050 est prévue pour le premier semestre 2028
La fin du projet Kiem2050 est prévue pour le premier semestre 2028

Conçu pour s’implanter à proximité immédiate des institutions européennes et d’une future ligne de tram, le complexe résidentiel Kiem 50 fait l’expérience de nouvelles méthodes constructives. «Kiem 2050 est bien plus qu’un projet immobilier. C’est la démonstration qu’une autre manière de construire est possible», souligne Eric Doff-Sotta, directeur de CIT Blaton, assurant que le projet apporte une véritable réponse aux enjeux climatiques actuels. Si la communication officielle met en avant une vision sociétale axée sur le vivre-ensemble et la mobilité douce, les données opérationnelles du chantier révèlent toute l’ampleur économique et technique de l’opération.

Un investissement massif pour un marché dit abordable

Ce projet, né d’un partenariat entre Immobel (70 %) et Prefalux Home (30 %) est porté par un budget global de 100 millions d’euros, avec le fonds Kirchberg comme partenaire public stratégique qui a acheté 124 des 135 appartements abordables. Les travaux, menés sur le boulevard Pierre-Frieden, s’étaleront jusqu’à une livraison finale prévue entre 2027 et 2028.

Sur le plan de l’accessibilité immobilière, le projet applique un modèle de tarification intéressant par rapport au reste des prix. Alors que le marché dans le quartier de Kirchberg classique gravite autour de 12 500 euros le mètre carré, Kiem 2050 propose un prix de vente abaissé entre 8 000 et 10 000 euros du mètre carré pour les logements abordables (hors parkings et espaces professionnels). Le complexe comprend 148 appartements répartis sur quatre immeubles de quatre étages, dont 135 sont dédiés au logement abordable. La commercialisation a d’ailleurs déjà démarré.

Une synergie industrielle pour un gain de temps

Pour la première fois, CIT Group mobilise l’intégralité de ses expertises de part et d’autre de la frontière : CIT Blaton en Belgique, CBL au Luxembourg, et MSP Bois. Ce dernier, de ses 25 ans d’expérience, assure la conception et la préfabrication en atelier des structures en bois.

Ces éléments préfabriqués sont ensuite acheminés pour être assemblés directement sur le site, une méthode qui révolutionne le calendrier de construction. Grâce à cette approche, les équipes sont capables de monter un étage complet en seulement 5 à 7 jours, là où une construction traditionnelle en béton exigerait près de 3 semaines.

Circuit court, réduction carbone et architecture démontable

Sur le plan environnemental, le choix d’une ossature 100 % bois permet de réduire drastiquement l’empreinte du projet, avec une baisse des émissions de carbone estimée à 30 % par rapport à une construction classique en béton. La démarche s’inscrit également dans une politique d’approvisionnement en circuit court : la quasi-totalité des bois de structure provient d’un rayon maximal de 150 kilomètres autour du site de production, proscrivant l’usage d’essences exotiques. Paradoxalement, cette technique restera en grande partie invisible de l’extérieur. «Étonnamment, on a appris de nos erreurs, il faut surtout que le bois ne se voie pas», confesse la direction. Il s’agit d’un choix stratégique assumé pour rassurer une clientèle qui associe parfois, à tort, ce matériau à un manque de solidité.

Cette conception architecturale répond directement aux principes de l’économie circulaire de type Cradle to cradle. Afin d’anticiper la fin du cycle de vie du bâtiment, les ingénieurs ont conçu un ensemble doté de systèmes constructifs démontables, permettant aux matériaux d’être récupérés et de s’adapter aux usages futurs. «Le fait de pouvoir le démonter est quand même un paramètre important sur son cycle de vie complet», rappelle Marc-André Gennart.

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