Des Luxembourgeois participent à La Route des Légendes : «Une seule envie, y retourner!»

Entre nostalgie et esprit pionnier, seize motards du Luxembourg ont participé à la troisième édition de ce rallye-raid qui rend hommage aux pionniers du Paris-Dakar.

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Max Wax et Nathalie Doyen au guidon de leur moto.
Max Wax et Nathalie Doyen au guidon de leur moto.

Ils ont relié Versailles à Sète en quelques jours avec des motos vintage. Max Wax et Nathalie Doyen, deux résidents luxembourgeois, ont participé pour la deuxième fois à La Route des Légendes. Cette course non compétitive reproduit le parcours historique du Paris-Dakar. Mais contrairement à la course qui traversait, jusqu’en 2007, la Méditerranée jusqu’au Sénégal, ces passionnés ont achevé leur périple dans le sud de la France.

La team Luxembourg, composée de seize motards passionnés par l’univers du Dakar d’antan, est partie jeudi dernier du Grand-Duché pour rejoindre Versailles. Là, ils ont pris le départ pour rallier en deux jours la ville de Sète. Avec leurs motos vintage, répliques des engins du Dakar, cette bande de «copains» a emprunté les mêmes routes que jadis les pionniers du Dakar.

«Nous sommes passés par la fameuse nationale 7 et avons traversé de nombreux petits villages français», raconte Max Wax. Pour se repérer, exit le GPS et autres technologies, la majeure partie des participants utilisaient des cartes. «C’était à l’ancienne, comme on dit. C’est plus difficile, mais ça a aussi ses avantages. On regarde davantage le paysage, cela favorise les interactions avec le public, qui fait en quelque sorte partie de l’aventure», poursuit le motard originaire de Steinfort.

La seule femme motarde

Pour Nathalie Doyen, membre de l’équipe luxembourgeoise, ces interactions lui ont remémoré certains souvenirs. «J’ai toujours été une grande passionnée du Paris-Dakar. Je suis originaire de la région de Châteauroux en France. La Route des Légendes est passée par là et j’ai reconnu l’endroit où j’étais au bord de la route la nuit du Nouvel An pour regarder les concurrents du Dakar passer. À l’époque, il y avait un feu rouge. Quand les concurrents arrivaient et que le feu devenait vert, on faisait tout pour que le feu passe au rouge, pour que les concurrents s’arrêtent et qu’on les regarde de plus près», confie-t-elle.

La Française, qui vit depuis quarante ans au Luxembourg, était la seule motarde de cette édition, tout comme l’année dernière. «Il y avait deux équipes féminines en voiture, mais pour la moto, j’étais la seule. Tous les jours, l’organisation a vraiment mis les spots sur moi. Et c’était un petit peu émouvant, parce que je ne me sens pas du tout exceptionnelle», explique-t-elle.

Pour cette édition, Nathalie Doyen a reproduit la moto de Véronique Anquetil, la première femme à s’être classée dans le top 15 du Paris-Dakar, à la 15ᵉ place – c’était en 1984. «Évidemment, c’est aussi pour soutenir les femmes peu nombreuses qui ont participé à cette course, mais aussi plus largement pour parler des femmes dans les sports mécaniques. Ce mardi matin, j’ai reçu un message de Véronique Anquetil me disant qu’elle était très émue de l’hommage que je lui avais rendu et que c’était super de vivre sa passion. Cela m’a beaucoup touchée», raconte-t-elle.

Plus de 150 personnes ont participé à la 3ᵉ édition de La Route des Légendes.
Plus de 150 personnes ont participé à la 3ᵉ édition de La Route des Légendes.

Nathalie Doyen a une longue histoire avec les sports mécaniques. Elle a participé à plusieurs rallyes dans le désert (Sahara, Maroc, Tunisie, Grèce). «À l’époque, il n’y avait pas Internet, il n’y avait pas de téléphone, pas de GPS. Je me débrouillais simplement avec une carte. C’était génial. Mais dans mon entourage, tout le monde me prenait pour une folle, une irresponsable. Heureusement que je n’ai écouté que moi, parce que si j’avais écouté tous les gens autour de moi, je ne serais jamais partie. Ça a été le voyage de ma vie.»

«De l’entraide, de la confiance, du partage»

Pendant ce rallye-raid, Nathalie Doyen et les 150 participants ont côtoyé d’anciennes figures du Dakar. Parmi elles, Serge Bacou, un Toulousain de 79 ans qui avait, par ailleurs, soutenu l’équipe luxembourgeoise début août lors du salon Vintage Cars & Bikes. «Il a roulé avec nous. Il a fait des spéciales. Il est toujours pétillant. C’est toujours un grand moment de partager du temps avec lui», confie Max Wax.

Parmi les participants de cette course, la nostalgie des premiers Dakar était bien présente. «Il n’y a pas de concurrence, pas de compétition, on est continuellement dans l’entraide, la confiance, le partage. On veut juste revivre entre nous l’ambiance du Paris-Dakar des années 1970», explique Max Wax. Cette année, la troisième édition de La Route des Légendes rendait hommage à Thierry Sabine, le fondateur de la course emblématique, décédé il y a quarante ans dans un accident d’hélicoptère avec le chanteur français Daniel Balavoine. «Il y avait beaucoup d’émotion, sa femme était également présente», précise le motard.

Nathalie Doyen et Max Wax n’ont pas encore fini leur périple. Toujours sur les routes pour retourner au Luxembourg, les deux résidents n’ont qu’une envie : revivre les «émotions, les frissons» de ce rallye-raid atypique. «On n’attend qu’une seule chose, c’est d’être à l’année prochaine pour participer à la quatrième édition de cette course.»

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