Des campeurs dans le jardin : «C’est chouette de rencontrer des gens d’horizons différents»

Au Luxembourg, une poignée d’hôtes ouvrent leur terrain gratuitement aux campeurs adeptes du slow tourisme. Comme Kasia, qui accueille des voyageurs de toute l’Europe cet été.

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Ces jours-ci, Kasia a fait la connaissance d'Andreyi, qui parcourt le Benelux à vélo et a pu bivouaquer dans son verger.
Ces jours-ci, Kasia a fait la connaissance d'Andreyi, qui parcourt le Benelux à vélo et a pu bivouaquer dans son verger.

Niché au cœur de Kleinbettingen, à deux pas de la gare et de la piste cyclable de l’Attert (PC12), le grand jardin de Kasia Krzyzanowski a tout de l’emplacement idéal pour les randonneurs et cyclistes en quête d’un bivouac.

Alors, depuis avril, la jeune femme est inscrite sur la plateforme Welcome To My Garden dédiée au slow tourisme et fait partie des huit adresses déjà référencées au Luxembourg (parmi Kiischpelt, Hoscheid, Merscheid, Heffingen, Oberpallen, Koerich et Esch-sur-Alzette).

«Le concept m’a tout de suite plu», explique cette écocitoyenne membre du mouvement CELL et cofondatrice d’Ouni, qui fut la première épicerie coopérative bio et sans emballage du pays.

«J’ai un grand jardin que je n’utilise pas tout le temps. C’est chouette de rencontrer des gens d’horizons différents avec lesquels je partage une même vision!»

Dans un carnet, chacun écrit un petit mot en souvenir de son passage.
Dans un carnet, chacun écrit un petit mot en souvenir de son passage.

Avec des colocataires et deux enfants à la maison, ce qui l’a convaincue de se lancer est le fait que les touristes restent hors de l’habitation. «Je leur propose une tasse de café le matin, ils peuvent aussi prendre une douche, mais ils passent la nuit dehors, c’est rassurant.»

Compliqué pour les familles

À peine en ligne, son annonce n’a pas tardé à séduire les «voyageurs lents» de passage au Grand-Duché : «Les réservations se sont enchaînées. J’ai accueilli des personnes au profil très différent. Certains sont très bien préparés, avec tout le matériel nécessaire et un planning millimétré. Comme ces deux femmes qui ont quitté leur job pour un périple de 18 mois à vélo qui doit les conduire jusqu’au Népal.»

«D’autres beaucoup moins! Je me rappelle un couple au printemps qui voyageait à pied et s’est retrouvé littéralement frigorifié. Ils ont dû acheter un équipement plus adapté en urgence. Du côté des familles, la formule du slow tourisme semble plus compliquée : j’ai souvent des réservations annulées au dernier moment parce qu’elles n’ont pas réussi à parcourir tous les kilomètres prévus.»

Un voyage «immersif et profond»

Dans le verger, son hôte du jour, Andriy, un Ukrainien de 25 ans, finit de remballer sa tente après une courte nuit sous le cerisier et se prépare à enfourcher son vélo.

Habitant aux Pays-Bas depuis cinq ans, le jeune homme a décidé de découvrir le Benelux à vélo. Une façon, pour ce musicien professionnel, de déconnecter pour de bon : «J’aime le côté spontané, l’idée de voyager autrement, de s’éloigner des activités touristiques classiques. Le défi sportif aussi, car j’enchaîne une centaine de kilomètres à vélo tous les jours, mine de rien. C’est mon 9e jour sur 12 programmés, et à vrai dire, je suis déjà impressionné d’avoir tenu jusque-là!»

Andriy sur le départ en direction de Luxembourg.
Andriy sur le départ en direction de Luxembourg.

Le jeune homme confie profiter à fond de cette toute première expérience de slow tourisme : «C’est beaucoup plus immersif et profond par rapport à un voyage en train ou en voiture. On ne pense plus à rien, on fait le vide…»

«J’ai vu pas mal d’endroits»

Adepte du sac de couchage, il avoue qu’il n’apprécie guère le virage «glamour» adopté ces dernières années par de nombreux campings, estimant que tout ce qui en faisait le charme s’est perdu. Il fuit désormais ces endroits surchargés devenus trop chers pour son budget.

«Le slow tourisme me permet de prendre un peu de vacances de manière économique et, pour l’instant, ça a été très amusant. J’ai vu pas mal d’endroits en Belgique, Anvers, Bruxelles, Namur, et j’ai rencontré des gens adorables en chemin.» Arrivé au Grand-Duché la veille, il compte rouler 100 kilomètres dans la journée, en passant par la capitale, puis ce sera l’heure de prendre la route du retour, vers Utrecht.

Welcome To My Garden, une aventure belge

Les fondateurs de la plateforme, deux jeunes Belges, ont pédalé de Bruxelles à Tokyo en 2019, traversant 21 pays, accueillis par des dizaines de personnes. En rentrant en Belgique, ils lancent cette idée et répertorient sur une carte les jardins que les propriétaires acceptent d’ouvrir aux slow touristes – plus de 10 000 actuellement, dans le monde entier.

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