Thionville : un appartement pour éloigner et recadrer le conjoint violent

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L’appartement se situe au cœur du quartier de la Côte des roses. Sa gestion est assurée par le programme violences d’Est Accompagnement.
L’appartement se situe au cœur du quartier de la Côte des roses. Sa gestion est assurée par le programme violences d’Est Accompagnement.

Éloigner le conjoint violent, renforcer son suivi : c’est le but de l’appartement thérapeutique mis à disposition des auteurs de violences conjugales par le tribunal judiciaire de Thionville.

Le locataire a une trentaine d’années. Il occupe un appartement T3 à la Côte de roses, à Thionville, depuis un mois. La chambre supplémentaire lui permet d’accueillir son fils un week-end sur deux.

Ce logement a priori ordinaire renferme une spécificité nouvelle. Il héberge un auteur de violences conjugales. Cet homme a été condamné par le tribunal correctionnel de Thionville en janvier à huit mois de prison, dont quatre ferme. La peine sera aménagée sous bracelet électronique. La garde de son fils n’a pas été suspendue. Mais le prévenu n’avait aucun point de chute une fois le jugement prononcé, pas de famille, pas de boulot. Cet appartement a pour but de le stabiliser, mais surtout de l’éloigner du domicile familial, de le tenir à l’écart de la victime. «Parfois les victimes cèdent au chantage, à la culpabilité et acceptent un retour à la maison», commente le procureur de la République de Thionville, Brice Partouche.

Une vocation sociale, de soins et de réinsertion

Le dispositif fonctionne depuis février sur le ressort judiciaire de Thionville. Il est porté par la juridiction et l’association Est Accompagnement. Le terme d’appartement thérapeutique est privilégié pour souligner sa vocation sociale, de soins et de réinsertion. «La problématique addictologique revient souvent dans les procédures de violences conjugales», confirme le procureur.

Les locataires potentiels orientés vers ce type de logement ont plusieurs profils. Certains peuvent avoir été condamnés et soumis à un suivi (comme l’actuel résident), mais en majorité, ils sont placés sous contrôle judiciaire renforcé (prononcé dans les dossiers les plus délicats) en attendant leur jugement devant le tribunal.

Un financement dédié

Le programme «violences» de l’association Est Accompagnement chapeaute le dispositif, assure le suivi social et psychologique des personnes hébergées. «Leurs remarques nous sont transmises et nous servent le jour du procès, cela nous apporte un éclairage complet sur le prévenu, son évolution. L’idée est d’arriver à changer les gens», relève le procureur de la République, Brice Partouche. Le dispositif existe dans les juridictions voisines, à Metz, à Sarreguemines. «Les plus gros tribunaux disposent même de centres plus importants», précise le procureur.

Thionville vient de lancer ce programme, mais vise la mise à disposition de trois appartements comme celui de la Côte des roses. Le coût à l’unité se chiffre à près de 90 000 euros par an, financés par la justice, uniquement par le fonds de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives provenant notamment des sommes confisquées dans le cadre de trafics de stupéfiants.

Dans ces appartements thérapeutiques, les locataires ne sont toutefois pas exempts de participation. «Je verse 10 % de mon RSA», explique l’actuel résident «Je sais que c’est une chance qu’on me donne.»

F. T.

(Le Républicain lorrain)

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