Terres de Jim à Metz, trois jours de fête malgré la crise agricole

Durant trois jours, des dizaines de milliers de personnes se sont rejointes sur les quelque 100 hectares des Terres de Jim à Metz-Magny. Un week-end festif et rassembleur pour de nombreux agriculteurs en pleine période de doute.

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56 000 personnes se sont rendues sur le site rien que vendredi et samedi.
56 000 personnes se sont rendues sur le site rien que vendredi et samedi.

Concours de labour, feu d’artifice, concerts, les Terres de Jim se sont installées à Metz-Magny durant trois jours. Du vendredi 11 au dimanche 13 septembre, plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rendues sur le site (56 000 rien que pour vendredi et samedi).

«Vendredi c’était plutôt les écoles, samedi les professionnels et dimanche les familles et citadins», souffle l’animateur qui sillonnait l’allée principale toute la journée, micro à la main.

Sur une surface de 100 hectares, dont 40 de parking, plus de 1 200 bénévoles ont œuvré durant ces trois jours, notamment à la Taverne avec son bar d’une centaine de mètres. L’Auberge, lieu de restauration, a aussi été prise d’assaut.

Organisé par le syndicat des Jeunes agriculteurs, l’événement, qui se qualifie comme la plus grande fête agricole en plein air d’Europe, ne présentait pas de stands aux couleurs des autres syndicats comme la Coordination rurale ou encore la Confédération paysanne.

«On est de moins en moins d’agriculteurs, si on se divise on est foutu», juge Jonathan Nondier, président des JA de Moselle et organisateur de l’événement. «On n’a pas forcément la même façon de voir les choses, mais à la base on a le même métier.»

«Certains se demandaient si c’était vraiment le temps de faire la fête»

Plombé par un été caniculaire et historiquement sec, le décalage entre le quotidien des agriculteurs et les scènes de joie et de festivités pouvait surprendre. «Certains se demandaient si c’était vraiment le temps de faire la fête avec tout ce qui touche la profession», explique le président des JA 57.

«Ce sont des choses qu’on peut comprendre. Effectivement, c’est la misère mais on est parti sur trois jours d’opération de communication et on veut que ce soit une parenthèse dans nos vies. La défense du métier, c’est parfois mettre du fumier sur les ronds-points mais c’est aussi des opérations de communication auprès du grand public.»

Malgré les sourires, les agriculteurs étaient inquiets concernant les conditions météorologiques touchant le pays. «Les bonnes années, on nous pousse à investir pour payer moins d’impôts mais si l’année suivante est mauvaise on est bloqué», pense Laurent, agriculteur dans la Meuse. «Et on sait que ça va se répéter dans les années à venir.»

Un plan d’aide d’un milliard qui ne convient pas

L’autre sujet de conversation qui se retrouvait à chaque coin de table ou presque portait sur le plan d’aide gouvernemental. Une semaine avant l’ouverture de cette édition 2026 des Terres de Jim, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé un déblocage de plus d’un milliard d’euros pour venir en aide aux agriculteurs touchés par cet épisode climatique historique.

Un simple effet d’annonce pour beaucoup d’agriculteurs. «Elle a enfoncé des portes ouvertes», juge le président des JA 57. «Pour la plupart, ce sont des dispositifs qui existent déjà depuis des années.»

Parmi cette enveloppe, 520 millions d’euros sont versés dans le cadre de l’indemnisation de solidarité nationale qui permet de compenser les pertes agricoles liées à des conditions météoritiques extrêmes.

Après ce week-end de festivités, le syndicat mosellan n’entend pas monter tout de suite au front. «On sera encore occupé pendant de nombreuses semaines sur cet événement, le temps de ranger et de faire le point sur notre équipe.»

Simon Guerin

(Le Républicain lorrain)

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