Site Seveso en feu à Gandrange : «Nous n’avons rien à cacher», Safe Suez lève le voile sur son activité

Le 2 août, un gigantesque incendie frappait l’entreprise Safe sur le site de Gandrange, provoquant le panache de fumée que l’on sait et entraînant une situation inédite (confinement de 30 000 habitants et surveillance environnementale post-accidentelle). Pour la première fois, Safe lève le voile sur son activité.

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Le site est à l’arrêt, mais le laboratoire, épargné par les flammes, reste opérationnel.
Le site est à l’arrêt, mais le laboratoire, épargné par les flammes, reste opérationnel.

Voilà un peu plus de deux semaines, un incendie comme rarement vu a dévoré un entrepôt de l’usine Safe, sur le site de Gandrange-Amnéville, provoquant un panache de fumée noire impressionnant. Surtout, ce feu d’ampleur a provoqué des conséquences inédites, comme le confinement temporaire de 30 000 habitants et des analyses environnementales les jours d’après, avec des mesures de précaution à prendre pour la population concernant l’eau et les aliments.

Les résultats de ces mesures ne sont pas encore connus, mais pour la première fois, le groupe Suez communique sur sa filiale qui, jusqu’à l’incendie du 2 août, était méconnue des habitants et des élus. À sa décharge, la société chargée de gérer des déchets industriels a changé plusieurs fois de visage ces quarante dernières années : l’activité a été créée sur le site mosellan par RTR (Récupération, Traitement, Revalorisation) avant d’être rachetée par Suez en 2000. L’entreprise est alors devenue Watco Service, puis Scori Est avant d’être renommée, en 2024, Safe (Suez Alternative Fuels & Energies).

Des déchets revalorisés pour les cimenteries

«Il n’y avait pas de volonté de cacher quoi que ce soit. Seulement, la nouvelle entité en tant que telle n’existe que depuis deux ans, avance Clément Ritter, le directeur de la communication Suez pour le Grand Est et la région Bourgogne-Franche-Comté. Nous sommes dans la transparence la plus totale dans la mesure où ce sont des déchets industriels que nous traitons. Nous sommes la courroie de transmission entre les producteurs de déchets et les acteurs qui les recyclent. Nous sommes dans une logique vertueuse et tenons un rôle indispensable : qu’est-ce que feraient les entreprises de leurs déchets sans une société comme la nôtre ?»

Justement, quels sont les résidus collectés par le site ? «Ce sont aussi bien des liquides (solvants, restes de peinture, hydrocarbures) que des solides (bidons vides, conteneurs ayant renfermé des liquides), répond Clément Ritter. Nous accompagnons 157 clients, qui vont de l’artisan du coin aux usines chimiques en passant par le BTP. Nos clients sont en Moselle, mais aussi dans les départements limitrophes et en Allemagne. Nous collectons leurs déchets pour ensuite les transférer vers nos partenaires que sont essentiellement les quatre plus grandes cimenteries du territoire national : elles ont besoin de combustibles liquides de substitution, qui remplacent les énergies fossiles (fioul, charbon), pour chauffer leurs fours. Ceux-ci peuvent monter jusqu’à 2 000 degrés. Nous sommes vraiment dans une logique de revalorisation par l’utilisation d’énergies alternatives.»

Clément Ritter précise : «Pour les solides, le site mosellan ne fait que collecter les déchets avant de les envoyer à d’autres sociétés, comme Scori dans le Nord, une autre filiale de Suez. Pour ce qui est des liquides, Safe les traite directement sur place en massifiant et fluidifiant les résidus». Entre la collecte et le traitement, le site voit passer chaque année «entre 17 000 et 18 000 tonnes de déchets industriels afin de produire ces combustibles en substitution des combustibles fossiles». En 2025, le site a réalisé un chiffre d’affaires de cinq millions d’euros.

«Aucun incendie en 25 ans»

Mais avec la destruction de l’entrepôt de 800 m2, quid des 17 employés ? «Il n’y a pas de chômage technique. Certains salariés sont en congé, d’autres en dispense d’activité. Ceux qui restent collaborent avec les autorités administratives, policières et judiciaires. C’est sûr, cela va prendre du temps avant de reconstruire. Pour l’instant, on fonctionne un peu au jour le jour. On attend d’y voir plus clair pour la suite des événements. En vingt-cinq ans, c’est notre premier incendie…»

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