Nathan Blaise, un champion de France de paramoteur qui vise le Mondial
À 30 ans, le Mosellan Nathan Blaise fait partie des quelque 70 pilotes français à pratiquer le paramoteur à pied au niveau national.
Un loisir devenu une passion. Une passion devenue une consécration sportive. En 2014, à tout juste 18 ans, Nathan Blaise, originaire de Boulange, s’essaye au parapente. Deux ans plus tard, il se tourne vers le paramoteur (N.D.L.R. : une voile de parapente et un moteur léger intégré à une cage de protection, porté sur le dos du pilote).
«Mes cousins en avaient fait plus jeune. Dès que j’ai eu mon permis de conduire, je me suis cherché une activité à faire et ça a été le paramoteur. Grâce à ma pratique du parapente, j’ai pu me former en quelques semaines à l’école MosAiles.» En parallèle, il s’engage dans un master en Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives). «J’avais le temps de voler 25 à 30 heures par an.» À la fin de ses études, la Covid-19 frappe : «Seuls les compétiteurs pouvaient encore pratiquer. Quand ça s’est terminé, je me suis lancé dans la compétition. En 2025, c’est devenu plus sérieux. Je volais 60 à 70 heures à l’année.»
Différentes manches
Nathan Blaise participe à des compétitions régionales qui durent une journée. «Ça commence au lever du soleil. Il y a plusieurs manches et à la fin, c’est celui qui en a remporté le plus qui gagne.» Selon la manche, les critères pour l’emporter varient. «L’une consiste à repérer des emplacements. Avant de décoller, on nous montre dix photos de lieux à retrouver quand on est dans les airs. Et à notre retour, on doit les replacer sur une carte.»
Au championnat de France qui dure une semaine, le principe est le même mais le nombre de manches augmente. «On fait autant de manches que la météo le permet. On peut partir avec seulement un kilo de carburant et on doit tenir le plus longtemps dans les airs. On peut aussi suivre un tracé précis et voir à combien de pourcentage on s’en éloigne etc.» Mais gare aux pénalités. Si un compétiteur ne respecte pas un horaire limite de retour ou si par exemple il survole un espace interdit comme une zone militaire, c’est un zéro pointé.
«Garder la tête froide»
En remportant les championnats de France dans la catégorie Espoir (qui n’a pas de rapport avec l’âge mais plutôt avec le niveau) en mai dernier dans la Loire, Nathan Blaise accédera à la catégorie Élite à partir de septembre. Le plus haut niveau français. «L’objectif, maintenant, c’est d’accrocher le top de cette catégorie. Par exemple, dans un suivi exact d’un tracé, je suis souvent à 85 % dans le bon quand les meilleurs en Élite sont à 95 %. Il y a encore un peu de chemin.» Pour les entraînements, il pourra compter sur les stages avec le Collectif France dont il fait partie depuis son nouveau titre : «J’avais un peu discuté avec le sélectionneur avant la compétition. Puis j’ai performé et ça m’a ouvert les portes de la sélection.»
À présent, Nathan Blaise, devenu professeur d’EPS au lycée, compte bien participer aux prochains championnats du monde en 2027. Les précédents ont été gagnés par la France. «Il y aura six Français sélectionnés. Je vais tout faire pour être parmi eux. Le plus important est de garder la tête froide et de bien analyser l’environnement dans lequel on se trouve.»