Mont-Saint-Martin : un pharmacien condamné pour avoir accepté des cadeaux d’un laboratoire
Un pharmacien exerçant à Mont-Saint-Martin a été condamné ce mardi 6 octobre à 20 000 € d’amende, dont 6 000 avec sursis, pour avoir accepté des cadeaux d’un laboratoire pharmaceutique entre 2018 et 2021.
Malgré la «loi anti-cadeaux», un pharmacien de Mont-Saint-Martin avait accepté des avantages d’un laboratoire pharmaceutique. L’homme de 59 ans a été condamné, ce mardi 6 octobre, par le tribunal correctionnel de Val de Briey, à une peine d’amende de 20 000 euros, dont 6 000 euros avec sursis. La justice lui reproche d’avoir perçu plus de 14 000 euros de cadeaux illicites de la part de l’entreprise entre 2018 et 2021 : quatre téléphones, trois ordinateurs, un casque sans fil, du champagne, ou encore deux sacs d’une marque de luxe.
«Confiance aveugle»
L’affaire trouve son origine dans la vaste enquête nationale menée autour du dispositif anti-cadeaux qui encadre les relations entre les professionnels de santé et les industriels du secteur médical. Les investigations avaient établi l’existence, au sein de l’activité de ce laboratoire, d’un système consistant en la remise d’objets de valeur ou de loisirs à certains pharmaciens, en contrepartie de l’abandon de remises commerciales. Suite à leur condamnation en janvier 2023, différentes enquêtes visant les bénéficiaires ont été lancées.
Ainsi, plusieurs procédures ont été ouvertes sur le ressort de la juridiction valdobriotine, comme partout en France, dont une pour ladite pharmacie installée à Mont-Saint-Martin. «Les acheteurs sur internet partent du principe que les vendeurs sont honnêtes», s’était défendu le gérant lors de son audience, le 21 juillet dernier. «Ce contrat, dans ma tête, il a été établi avec des avocats. Donc pour moi, il répondait à la loi. J’ai eu une confiance aveugle».
La défense avait plaidé la relaxe, arguant «l’absence d’intentionnalité» et «la parfaite bonne foi» du pharmacien. «L’ignorance de la loi n’est pas un fait justificatif. Une prétendue bonne foi ne serait ni sérieuse ni raisonnable parce que cette loi anti-cadeaux est entrée en vigueur en 1993», appuyait le ministère public. Le professionnel de santé mis en cause exerçait déjà son activité avant sa promulgation.
(le Républicain lorrain)