Metz : un père condamné pour violences : la cocaïne, briseuse de famille

Addict à la cocaïne, ce père de famille a fait «régner un climat de terreur» chez lui pendant près d’un an. Il écope d’une peine de prison ferme et d’une obligation de soins.

Publié Modifié
Le mis en cause consommait un demi-gramme de cocaïne «tous les deux à trois jours». (Photo d'
Le mis en cause consommait un demi-gramme de cocaïne «tous les deux à trois jours». (Photo d'

Il y a un an encore, on le disait «bon père de famille». Il aura suffi d’une seule prise pour qu’il bascule dans l’addiction à la cocaïne – et que son épouse, son frère et ses enfants en paient le prix. Tous témoignent d’un «climat de terreur et d’angoisse». Paranoïaque, il déambulait dans la maison couteau à la main, prenait soin de fermer volets et rideaux, allait jusqu’à enfermer sa femme chez elle ou sur son lieu de travail. «Il pense que les gens l’espionnent, il entend des voix, il devient fou», résume la défense.

Les violences conjugales se sont banalisées. Les crises – se frapper la tête contre les murs, briser la vaisselle – terrorisaient les enfants, la benjamine n’ayant que 5 ans. Deux épisodes marquent le dossier : le 26 avril au soir, quand il étrangle son frère venu s’interposer pour protéger l’épouse de ses poings; et un matin où il aurait poursuivi son fils sur un parking, accélérant vers lui avant de freiner brutalement.

À chaque «pourquoi» du tribunal, le prévenu répond invariablement : «Ce sont les effets de la cocaïne». Le président insiste : «Ce n’est pas une justification». L’expertise psychiatrique confirme l’addiction et pointe une «dangerosité addictologique avec un risque de réitération», tout en relevant «une tendance à minimiser les faits». Au chômage depuis février, il réclamait de l’argent à sa famille pour sa consommation, «et les menaçait s’ils refusaient», précise le procureur, qui ajoute : «L’épouse regrette qu’ils habitent à Metz-Borny, car depuis, il fréquente des personnes liées au trafic de stupéfiants».

«C’est difficile de le voir disparaître»

Pour la défense, Me Laurent Petit explique que son client s’est fait des amis à Borny, a testé la drogue une fois, avec des effets immédiatement délétères. «Dès que la famille essayait de l’empêcher de sombrer, cela se retournait contre eux. Mais il n’a pas de haine envers eux : sa violence visait quelqu’un d’autre, à l’extérieur.»

Pendant la plaidoirie de Me Ulysse Gobert, avocat de la partie civile, le fils fait l’interprète pour sa mère et son oncle. Ce dernier fond en larmes en entendant : «C’est difficile de le voir disparaître. Il n’y avait jamais eu de difficultés avant la cocaïne (…) C’est un appel à l’aide : ils veulent retrouver leur vie d’avant». La famille, comme le prévenu lui-même, réclame une obligation de soins renforcée, la précédente ayant échoué. «La rechute est simple, tout comme l’escalade vers des conséquences encore plus graves», ajoute l’avocat de la mère et du fils.

Le tribunal condamne le prévenu à 12 mois d’emprisonnement, dont 8 avec sursis probatoire. S’y ajoute une obligation de travail et de soins. Les 4 mois ferme seront exécutés en semi-liberté, avec interdiction de paraître au domicile familial pendant six mois. Cette décision suit les réquisitions du ministère public, à deux mois ferme près (6 mois ferme demandés).

Et tandis que le mis en cause repart en détention, il échange un dernier regard, rempli de désolation, avec sa famille…

Powered by Labrador CMS