Metz : les élèves du lycée hôtelier Raymond-Mondon préparent 400 repas pour le Secours populaire
Le lycée hôtelier Raymond-Mondon participe pour la cinquième fois à une opération solidaire pour agir contre la précarité alimentaire et le gaspillage.
Lundi 30 et mardi 31 mars, c’est un service XXL qu’ont assuré les élèves du lycée hôtelier Raymond-Mondon de Metz. Habituellement, les lycéens préparent chaque jour entre 30 et 40 couverts pour le restaurant du midi. Cette fois-ci, 400 plats sont sortis de la cuisine. Et ce n’est pas pour n’importe quelle cause. L’établissement messin participe pour la quatrième fois à l’opération Les cuisines solidaires – La relève, projet porté au niveau national par l’association La tablée des chefs, dans le but d’agir contre la précarité alimentaire et le gaspillage dans le milieu de la restauration.
Ces 400 plats et desserts seront remis au Secours populaire. «Ça permet aux étudiants de gérer les liaisons froides, parce qu’ils ont l’habitude de préparer des plats pour qu’ils soient consommés dans l’immédiat avec le restaurant», explique Ludovic Zambito, professeur de cuisine au lycée Raymond-Mondon. «Mais surtout, ça permet de les sensibiliser à des actions solidaires et à l’antigaspi.»
Les bénévoles du Secours populaire se chargent de la distribution des repas auprès d’étudiants et de personnes en précarité alimentaire à La Patrotte (NDLR : un quartier de Metz).
Antigaspi
Le plat a été concocté par Grégory Marchand, parrain de l’édition 2026. Les lycées participant à l’événement, une soixantaine, doivent scrupuleusement suivre la fiche technique du chef. La veille, les élèves de terminale ont réalisé un crumble aux pommes, vanille de Madagascar et raisins secs.
Au menu de ce lundi pour le plat principal : riz pilaf, pickles graines de fenouil, compotée d’oignons, houmous, falafels et enfin salade de carottes. Le tout préparé par des élèves de première. «Éplucher 60 kg d’oignons, ce n’est pas le plus agréable mais on est obligé de le faire, décrit Benjamin, qui faisait partie de la dizaine d’élèves sur cette corvée. On n’allait pas prendre des produits surgelés!»
Dans cette logique d’antigaspi, les épluchures d’oignons mais aussi de carottes ont servi pour le bouillon du riz pilaf, ce qui lui donne ce ton orangé. Tous les produits ont été offerts par le grossiste alimentaire Metro, ou par Solaal, association qui facilite le lien entre les donateurs des filières agricole et agroalimentaire, et les associations d’aide alimentaire.
«Ça se passe très bien, on est dans les temps, explique sereinement Shirley, en train de faire des asperges sautées. C’est une première pour nous, il y a un petit peu de pression mais ça va.»
Un poil trop généreux
Le professeur Ludovic Zambito, appelé «chef» donne ses consignes. «On met trois falafels par personne», indique-t-il. Les élèves exécutent et servent avec générosité chaque barquette d’aluminium d’une part de riz. Peut-être trop de générosité. «Chef, on n’a plus de riz mais il nous reste des parts vides.» Rétropédalage, les élèvent s’adaptent et dégarnissent les barquettes pleines pour remplir les vides.
L’heure de fin de service approche. Des élèves s’attaquent au nettoyage des plans de travail. Légèrement à l’écart, une partie de la brigade se prépare des beignets pour la pause de midi. Parce qu’après l’effort, le réconfort.
Simon Guerin
(Le Républicain lorrain)