Les frontaliers français au Luxembourg toujours en force
Dans son dernier Observatoire territorial transfrontalier, l’Aguram fait le point sur le poids au Grand-Duché des travailleurs français domiciliés en France.
Dans la dernière publication de son Observatoire territorial transfrontalier, l’Aguram a exposé les chiffres clés 2026 des frontaliers français au Luxembourg. L’organisme d’étude et d’ingénierie sur l’aménagement et le développement territorial explique que, malgré une croissance plus affirmée, 2026 reste parmi les millésimes les moins dynamiques des dix dernières années.
Pourtant, en 2026, le nombre de travailleurs frontaliers du Luxembourg résidant en France a augmenté : 131 300 selon l’IGSS (Inspection générale de la sécurité sociale), contre 126 600 en 2025. Une hausse de 3,7 %, supérieure à celles de 2025 (2 %) et 2024 (1,9 %). Sur ces 131 300 travailleurs frontaliers, 118 870 habitent l’Espace nord-lorrain, y compris l’Euro-Métropole de Metz.
Dans les intercommunalités de Moselle-Nord plus précisément, la croissance est, cette année encore, hétérogène. Si Thionville Fensch Agglomération se positionne dans la moyenne de l’Espace nord-lorrain (+3,7 %), tous les autres territoires connaissent des taux de croissance inférieurs à la moyenne et parfois faibles, voire nuls, comme à l’Arc mosellan. On note ainsi un +3,4 % pour le Pays-Haut Val d’Alzette, +3 % pour le Bouzonvillois-Trois Frontières, +1,7 % pour Cattenom et Environs. «S’il est trop tôt pour parler de saturation ou d’épuisement du vivier, malgré une forte dynamique démographique des EPCI les plus proches de la frontière, la question mérite sans doute d’être posée», note l’Observatoire.
Un réservoir de main-d’œuvre
Dans un contexte international incertain, l’économie luxembourgeoise ralentit : le PIB n’a crû que de 0,6 % en 2025 et a stagné au premier trimestre 2026. Une situation qui inquiète quant à son impact pour l’emploi des frontaliers lorrains. Ce ralentissement est déjà lisible dans les chiffres de l’emploi total, mais reste peu perceptible dans la dynamique de l’emploi frontalier franco-luxembourgeois qui gagne à la fois en volume et en part de l’emploi total. Les frontaliers de l’Espace nord-lorrain sont en effet 3,7 % de plus en 2026 qu’en 2025. Ils occupent désormais 22,2 % des emplois luxembourgeois contre 21,8 % en 2025, et un emploi créé en 2025-2026 sur deux (49 %).
L’Espace nord-lorrain demeure donc un indispensable réservoir de main-d’œuvre. D’autant que le vieillissement de la population active limite fortement le risque d’un réel décrochage (132 000 salariés devraient donc partir en retraite au Luxembourg d’ici à 2040, dont 64 000 frontaliers). Pourquoi? Parce que même si le nombre d’emplois occupés par des frontaliers venait à stagner, les départs à la retraite à venir généreraient des besoins de remplacement importants.
Reste une inconnue : le développement de l’intelligence artificielle. Ce développement peut être perçu comme une opportunité ou une menace, en raison du risque d’automatisation de certains métiers. Pour le Statec (Institut national de la statistique et des études économiques du Grand-Duché de Luxembourg), 90 % des travailleurs seraient exposés à l’IA.