En cas d’accident nucléaire, quelle prise en charge ?
Mis à jour tous les cinq ans, le plan d’évacuation du Nord Moselle en cas d’accident à la centrale nucléaire de Cattenom est en cours de révision.
Nom de code : PPI. Traduisez «plan particulier d’intervention». Soit le document d’organisation générale en cas d’accident, en Moselle, à la centrale nucléaire de Cattenom.
Mis à jour tous les cinq ans, il définit à la fois les objectifs d’alerte et de protection de la population, de bouclage de la zone ainsi que les actions à mener par chaque intervenant pour réaliser ces missions.
Le PPI est établi sous l’autorité du préfet, lequel demande actuellement aux communes d’émettre un avis en conseil municipal. Comme ce fut le cas fin 2025 à Cattenom.
Selon le type de rejet
La question que se posaient les élus cattenomois était surtout la prise en charge des enfants scolarisés et de quelle manière leurs parents pouvaient venir les récupérer.
Les scénarios décrits – et écrits noir sur blanc – dans le PPI sont les suivants : «Selon le type de rejet (immédiat ou différé court, voire long), la stratégie adoptée sera différente. En cas de rejet immédiat et court, le mode réflexe est déclenché. Celui-ci conduit à une mise à l’abri de la population du périmètre 0-2 km.
Dans ce cas de figure, les enfants restent dans leur établissement et doivent être mis à l’abri jusqu’à la fin de l’événement. La mise à l’abri a une durée qui peut aller jusqu’à douze heures. Elle vaut pour toute la population, qui se met à l’abri dans un bâtiment en dur. Les parents peuvent aller rechercher leurs enfants dès la fin de l’événement.
Cette mise à l’abri réflexe est la procédure qui existe pour tout type d’accident industriel. Pour les écoles, cela se traduit par la mise en œuvre du PPMS (plan particulier de mise en sûreté), qui relève de la compétence des élus locaux.»
Plusieurs périmètres
Et d’évoquer l’éventualité d’un accident d’une autre nature : «En cas de rejets différés et longs, le préfet, sur l’expertise technique de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), peut décider de l’évacuation de la population (dans ce cas, le PPI prévoit une évacuation de la population dans un rayon de 5 km), en général après le passage d’un panache radioactif.
Dans ce cas, l’évacuation des enfants, comme celle de la population dite captive (personnes âgées sans moyens de mobilité, enfants en crèches, résidents des Ehpad…), sera organisée par les pouvoirs publics : le préfet en lien avec les maires et l’Inspection d’académie. L’évacuation se fait en dehors du périmètre du PPI (soit au-delà du périmètre des 20 km).
Plusieurs lieux d’accueil (Metz, Moselle Est) sont prévus dans le cadre du projet de révision du PPI. Le choix sera fait le moment venu, notamment en fonction du sens du vent, précise la préfecture. Il s’agit donc de deux situations différentes (mise à l’abri, évacuation).»
Ces stratégies sont établies d’après la doctrine nationale et l’ASNR a par ailleurs été consultée sur le projet de PPI, tout comme les services concernés, relèvent les autorités.
Trois périmètres opérationnels sont retenus selon la cinétique de l’accident. Le premier se concentre sur les 2 kilomètres autour du centre national de production électrique de Cattenom, avec une mise à l’abri en phase réflexe (Cattenom, Boust, Thionville Garche et Thionville Koeking).
Le deuxième atteint la limite des 5 kilomètres et induit l’évacuation préventive de la population en phase immédiate (Basse-Ham, Breistroff, Fixem, Gavisse, Hettange, Koenigsmacker, Manom, Rodemack et Roussy).
Enfin, le dernier, étalé sur 20 kilomètres à la ronde (101 communes), comprend dans le processus décisionnel la mise à disposition d’iode stable et une information à la population.
E. C.
(Le Républicain lorrain)