Elle conçoit des bijoux avec des fragments d’émaux de Longwy

Loren Mangin, 32 ans, est une artiste installée à Longuyon. Elle crée des bijoux avec des émaux de Longwy qu’elle récupère auprès de particuliers ou d’associations. Son concept d’upcycling cartonne, car elle ne vend pas qu’un produit, mais une histoire. Celle du savoir-faire de tout un territoire.

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Dans quelques semaines, Loren Mangin ira s’installer à Grand-Failly, dans un atelier de 25 m².
Dans quelques semaines, Loren Mangin ira s’installer à Grand-Failly, dans un atelier de 25 m².

Elle était manager industriel dans une entreprise. Mais Loren Mangin a fait un burn-out : «Ce n’était pas un métier pour moi. Je n’avais pas suffisamment d’aplomb pour m’imposer dans cet univers. Par conséquent, j’ai décidé de rebattre les cartes de ma vie professionnelle. En réfléchissant bien, j’ai finalement choisi de me diriger vers l’artisanat d’art».

«Ma matière première, c’est l’émail ébréché»

En avril 2024, avec une amie, elle crée un espace dans sa propriété, à Longuyon, et monte sa société nommée Les Curiosités d’Artémis (un nouveau nom est à l’étude).

Cet atelier de confection de bijoux est l’aboutissement d’un rêve de petite fille : «J’ai toujours été attirée par les parures. Déjà enfant, je fabriquais de petites pièces». En revanche, elle va imaginer un concept tiré de l’upcycling : créer du neuf avec du vieux, «sans pour autant transformer ou déconstruire la matière première que j’utilise». Et pour être bien sûre que son invention marche, elle va concevoir des bijoux avec des brisures d’émaux de Longwy. S’imprégnant ainsi du savoir-faire ancestral d’un territoire.

Elle achète très peu de matière première. Son objectif est d’utiliser des pièces dont les gens ne veulent plus : «Dernièrement, un collectionneur, membre de l’association Longwy Passions, m’a offert un vase et quelques assiettes qui avaient été rafistolés avec de l’adhésif et de la colle. Ces objets en émaux de Longwy, avec des décors remarquables, n’ont plus vraiment de valeur sur le marché de l’art parce qu’ils sont amochés. Par conséquent, je les récupère», explique la jeune femme.

«Un bijou en souvenir d’un défunt»

Sur ses comptes Facebook et Instagram, l’influenceuse se met en scène en expliquant les différentes étapes pour concevoir des boucles d’oreilles, une bague ou encore un pendentif : «Je choisis minutieusement le motif qui a retenu mon attention sur les émaux. Après une découpe, je viens le placer sur un support adapté. Il me faut environ quarante-cinq minutes pour la réalisation d’une pièce.»

Loren Mangin croule sous les commandes : «Financièrement, mon mois de mai a été formidable. C’est le premier mois où je me dis que je n’ai pas abandonné ce que je faisais auparavant pour rien».

Très souvent, elle reçoit des demandes un peu particulières : «Des personnes me transmettent de la vaisselle d’une grand-mère décédée et je dois réaliser des pièces uniques à sa mémoire. Le but est que toute la famille garde un souvenir du défunt. Je trouve cette démarche touchante». En plus des émaux de Longwy, elle travaille aussi la porcelaine, la faïence, etc.

Pour le moment, Loren Mangin se déplace dans les marchés pour montrer et échanger autour de son travail. D’ailleurs, elle sera présente le dimanche 28 juin à la 27e Fête de la sorcière à Fillières. Elle y tiendra un stand de 10 h à 18 h.

Chrystelle Thévenot

(Le Républicain lorrain)

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