Drogue à Longwy : «Un vrai gestionnaire d’entreprise»

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Le ministère public avait requis huit ans de prison ferme contre le chef d’un trafic de drogue implanté à Longwy et aux alentours.
Le ministère public avait requis huit ans de prison ferme contre le chef d’un trafic de drogue implanté à Longwy et aux alentours.

Alors qu’il venait juste de sortir de détention, en juin 2023, Mohamed Naghmouchi, Tunisien aujourd’hui âgé de 36 ans, a relancé son trafic de stupéfiants, à Longwy et dans plusieurs communes des environs. Il a été condamné à quatre ans ferme.

Assis dans le box, tête baissée, Mohamed Naghmouchi (*) sait parfaitement ce qu’il encourt. De juin 2023 au 16 septembre 2024, jour de son interpellation, le Tunisien de 36 ans a orchestré un trafic de cocaïne, héroïne et cannabis solidement implanté à Longwy et dans diverses communes des alentours. Celui-ci possédait une certaine expérience dans le domaine. En 2018 déjà, il avait écopé de cinq ans de prison pour trafic de stupéfiants. Malgré une autre condamnation, la même année, à un an d’emprisonnement, il avait été libéré en avril 2021.

Incarcéré ensuite sept mois au Luxembourg pour des faits de violence, il s’était relancé dans le commerce de produits illicites à sa sortie. Cela, en dépit de l’interdiction définitive du territoire français qui lui avait été notifiée. «Il ne sait s’exprimer que dans la délinquance et le trafic de stupéfiants, où il démontre qu’il peut exceller », avance Chloé Barlogis, substitute du procureur, qui compare le prévenu à «un vrai gestionnaire d’entreprise». En parallèle de cette procédure, il fait également l’objet d’un mandat d’arrêt européen pour tentative de meurtre. «Les autorités luxembourgeoises attendent de pouvoir l’interroger.»

Entre 1 500 et 3 200 euros par jour

Dans le premier cercle de son réseau, on retrouve son frère de 29 ans, Ghaith Naghmouchi (*), «le couteau suisse». Une épaule sur laquelle le chef peut s’appuyer. Et Mohamed Souidi (*), 45 ans, «le vendeur officiel», présent pratiquement tous les jours sur la zone de deal. Ces derniers seront attrapés lors de la première série d’interpellations, le 24 juin 2024, chez la copine de leur boss. Quelque 421 grammes d’héroïne et 6 000 euros en liquide seront retrouvés. L’acteur principal du dossier a filé entre les doigts des forces de l’ordre. Dans sa cavale, il a volé une voiture et un téléphone. Reconnu le 26 juillet 2024 au volant du véhicule dérobé, il commettra un refus d’obtempérer aggravé en mettant en danger de multiples automobilistes et piétons.

Entre-temps, Mohamed Naghmouchi avait déjà réussi à s’entourer de nouveaux éléments pour continuer à faire tourner son affaire, qui brassait entre 1 500 et 3 200 euros par jour : deux vendeurs, un Tunisien et un Libyen, tous deux âgés de 30 ans, et un hébergeur, un retraité de 66 ans originaire de Mont-Saint-Martin. Ses trois complices tomberont à leur tour, le 29 juillet 2024, tandis que lui, présent sur le lieu des interpellations, s’échappera par une fenêtre. Cocaïne, héroïne et billets seront saisis par les officiers. Ce n’est que le 16 septembre 2024 que sa fuite prend fin de manière fortuite.

Huit ans de prison ferme requis

Quatre des six interpellés au total seront placés en détention provisoire jusqu’à ce mardi 17 février et le jugement de toute la bande au tribunal judiciaire de Val de Briey. Mohamed Souidi et l’hébergeur de 66 ans resteront en liberté, sous contrôle judiciaire. Aucun des deux ne se présentera à l’audience…

Au final, le chef du trafic, Mohamed Naghmouchi, est condamné à quatre ans de prison ferme (contre huit requis par le ministère public), 15 000 euros d’amende et une nouvelle interdiction du territoire français définitive. Son frère, Ghaith, écope d’un an et demi d’emprisonnement, dont il a déjà purgé l’entièreté en détention provisoire, 5 000 euros d’amende et une interdiction du territoire français définitive. Un mandat d’arrêt a été émis à l’encontre de Mohamed Souidi, condamné en son absence à vingt mois de prison.

Au sein du second cercle du réseau, les deux vendeurs écopent de dix mois de sursis simple. Enfin, une peine de huit mois ferme a été prononcée à l’encontre du retraité qui a hébergé les trafiquants et leur activité.

Alexis Vaury

(Le Républicain lorrain)

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