Crise du logement : «Trouver un appartement est devenu un parcours du combattant»
Entre loyers inabordables et pénuries de biens, se loger à proximité de la frontière et dans le bassin de Longwy s’avère de plus en plus difficile. Pour répondre à cette saturation du marché, le bailleur social CDC Habitat Nord-Est accélère ses constructions et mise sur le logement intermédiaire.
Se loger sans se ruiner est devenu un casse-tête quotidien dans le bassin de Longwy et le long de la frontière avec le Luxembourg. «Pour trouver un logement correct avec un loyer acceptable, nous nous sommes éloignés de la frontière en nous installant dans la Meuse», témoigne Pierre, un locataire sollicité sur les réseaux sociaux. Une autre habitante interrogée confirme : «Trouver un appartement dans ce secteur, c’est devenu le parcours du combattant».
Des hausses continues
Océane, propriétaire d’une vingtaine de logements dans les secteurs de Longlaville et de Longuyon, déplore «un prix du bâti qui a augmenté d’année en année». La multipropriétaire remarque également que «beaucoup de demandeurs ont des difficultés pour trouver un garant».
«Depuis quatre ou cinq ans, les taux bancaires ont augmenté. De même que les coûts de construction, des matières premières et du foncier.» Pour Philippe Blech, le directeur interrégional de CDC Habitat Nord-Est, l’origine de la difficulté à se loger est à chercher du côté de ces hausses continues.
«Continuer de construire»
Présent dans les Hauts-de-France, le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté, le bailleur n’a cessé d’accélérer ses projets depuis la période du covid. «Nous avons un rôle contracyclique. C’est-à-dire que, tout en analysant les secteurs où la tension immobilière est importante, nous continuons à construire, à répondre à l’offre et à réaliser des partenariats avec les collectivités.»
En 2026, pas moins de «2 081 logements ont été mis en chantier et 1 649 ont été livrés neufs» dans le Grand Est. Augmenter l’offre locative disponible est donc devenu indispensable pour répondre à un secteur en crise, selon le directeur.
Dans ce contexte de saturation de l’immobilier, le bailleur observe aussi que la rotation des locataires s’est effondrée. «Dès que des ménages ont un logement, ils ne le quittent pas. Il ne faut qu’un mois à un mois et demi pour remplir plusieurs dizaines d’appartements.»
«Logements intermédiaires»
En quelques années, CDC Habitat Nord-Est a fait des zones frontalières sa priorité. Face aux loyers inabordables à la frontière luxembourgeoise, le bailleur propose «des logements intermédiaires», des habitations abordables, pour les familles et travailleurs du territoire.
«Ces biens s’adressent aux personnes dépassant les plafonds du logement social, mais qui n’ont pas les ressources pour entrer dans le parc privé», résume Philippe Blech en mettant en avant des tarifs locatifs 10 à 15 % en dessous des prix du marché.
«Améliorer le pouvoir d’achat des locataires»
Mais être bailleur, «ce n’est pas juste couler du béton pour offrir des logements, c’est aussi sans cesse améliorer la vie à l’intérieur des logements», revendique le directeur interrégional. En réduisant la part du gaz, «de 69 % en 2023 à 61 % en 2025», et en éradiquant les passoires thermiques d’ici 2030, le groupe compte bien faire baisser la facture d’énergie des occupants.
«Notre objectif est d’améliorer le pouvoir d’achat des locataires et de rendre plus attractive l’offre loyer-charges», soutient-il. Un travail mené avec les associations de locataires et les élus locaux.
Quentin Théophile
(Le Républicain lorrain)