Comment profiter au mieux de l’éclipse solaire du mercredi 12 août en Lorraine ?

90,1 % du Soleil masqué par la Lune, mercredi 12 août en Lorraine : l’éclipse ne sera pas totale, mais l’évènement vaudra le coup ! Deux spécialistes du Pays-Haut et d’Amnéville donnent leurs conseils pour profiter au mieux de ce phénomène astronomique exceptionnel.

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Lors de l’éclipse solaire partielle de mars 2015. À l’époque, le degré d’occultation du soleil par la lune était de 80 %. Cette fois, il sera de 90 % environ dans notre région.
Lors de l’éclipse solaire partielle de mars 2015. À l’époque, le degré d’occultation du soleil par la lune était de 80 %. Cette fois, il sera de 90 % environ dans notre région.

«Il faudra être patient.» Mercredi 12 août, la Lorraine sera plongée dans une obscurité inhabituelle. «Nous ne serons pas à l’épicentre de l’éclipse, précise Jean-Claude Sausses, ancien professeur de physique-chimie du Pays-Haut. L’événement sera seulement partiel.» 90,1 % du Soleil masqué tout de même, l’éclipse s’annonce exceptionnelle !

L’éclipse à son maximum vers 20 h 15

«Ce phénomène est assez rare, car la Lune est environ 400 fois plus petite que le Soleil. Tout doit être parfaitement aligné», explique Jean-Claude Sausses. Tout commencera à partir de 19 h 15. L’éclipse atteindra ensuite son maximum vers 20 h 15. «D’une ville à l’autre en Lorraine, il y aura une variation de quelques minutes», précise Laurent Waldung, vice-président du club d’astronomie d’Amnéville. C’est à ce moment-là que la Lune couvrira 90,1 % du Soleil. «Attention, cela ne durera qu’environ deux minutes», reprend Jean-Claude Sausses.

Durant ce court instant, la température peut baisser de quelques degrés. «J’étais dans le désert de Libye lors de l’éclipse totale de 2006, raconte Laurent Waldung. Nous avions perdu 20 degrés d’un coup, car la nuit apporte directement le froid dans les dunes !» Pas de risque semblable en Lorraine. «L’éclipse peut toutefois perturber le comportement des animaux, glisse Jean-Claude Sausses. Tous croient que la nuit tombe.»

Pour observer l’éclipse solaire dans son intégralité, les lunettes de protection sont absolument indispensables, afin d’éviter tout risque de lésions oculaires graves et irréversibles. Laurent Waldung attire notre attention : «Les lunettes de protection ne permettent surtout pas d’utiliser un instrument d’observation de type jumelles ou télescope… La force du soleil reste démultipliée par les loupes !» Seule une observation encadrée par des passionnés, telle que celle proposée le 12 août par le club d’Amnéville au stade de Malancourt, est sécurisée. «Nos télescopes sont tous équipés de filtres professionnels.»

«Éviter les centres-villes»

«Il vaut mieux éviter les centres-villes», conseille Nicolas Martino, originaire d’Avril. Ce photographe, passionné d’astronomie, cherche encore l’endroit idéal pour réaliser le meilleur cliché. «L’éclipse sera proche du coucher du soleil. L’idéal serait d’avoir une vue dégagée sur l’horizon et en plongée.» Les champs, les lacs et les collines seront certainement les meilleurs spots pour profiter de l’éclipse solaire, si la météo le permet. «Il faut tout simplement une vue entièrement dégagée à l’ouest, estime Laurent Waldung. Pas d’arbres, pas d’obstacles, l’horizon dégagé.» Reste le coup du sort, contre lequel les observateurs ne pourront rien. «Pour l’éclipse de 1999, nous avions organisé un grand évènement au golf d’Amnéville, se souvient Laurent Waldung. 600 personnes, vues parfaites… et un nuage au dernier moment. Nous étions écœurés !»

Prochaine éclipse totale : il faudra voyager

Au-delà du spectacle offert, ce phénomène intéresse également les scientifiques. «Les chercheurs peuvent étudier l’activité du Soleil, notamment sa couronne et les phénomènes qui l’entourent. La température de cette zone peut atteindre jusqu’à un million de degrés. Or, nous n’en connaissons pas encore toutes les raisons», explique Jean-Claude Sausses.

En France, la prochaine éclipse solaire totale ne devrait pas avoir lieu avant… 2081. «Il y a cependant des éclipses totales chaque année sur le globe, conclut Laurent Waldung. Il faut voyager.» En août 2027, le club d’Amnéville se rendra ainsi à Djerba, en Tunisie, pour assister une nouvelle fois au phénomène.

Thomas Guth et H. G.

(Le Républicain lorrain)

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